“100 ans d’innovations”, le livre du centenaire de la Foire de Brignoles

Publié le 05 octobre 2021

René Martin, président d’honneur de la Foire de Brignoles et auteur passionné du livre édité pour les 100 ans de la Foire. © G. Lantes

En l’honneur du centenaire de la Foire, René Martin, ancien président du comité d’organisation, s’est plongé dans les archives pour réaliser un ouvrage anniversaire qui retrace 100 ans d’histoire.

René Martin est un peu la mémoire de la Foire de Brignoles. “Je suis né dedans !“, lance l’ancien huissier de justice aux racines paysannes. Lui qui a présidé le comité d’organisation de 2009 à 2015, y œuvrait déjà en tant que vice-président, aux côtés de Rémy Breban, président entre 1984 et 2007. Dès cette époque, il s’emploie à rassembler de nombreux documents d’archives, épaulé plus tard par Roger Bedo, un autre bénévole passionné, devenu “archiviste“ de la Foire.

En 2019 à l’occasion de la 90e édition de la manifestation, René Martin propose de publier un livre pour célébrer le centenaire de 2021. Soutenu par le comité, alors présidé par Lionel Raynaud, il entreprend donc des recherches en commençant par les bulletins mensuels de la Société d’agriculture de Brignoles, qui portait l’organisation de la Foire à ses débuts. Au terme de près de deux ans de travail, l’ouvrage anniversaire “100 ans d’innovations“ revient, année par année sur l’histoire de la Foire, de Brignoles, du Var et de l’agriculture.

Petite et grande histoires

La première Foire se tient en novembre 1921, au premier étage de la mairie de Brignoles, à l’initiative de la Société d’agriculture qui rassemble différents acteurs de l’arrondissement et veut promouvoir les vins du Var. C’est ainsi que naît ce qui est au départ la ‘Foire exposition des vins’. La mairie abrite la manifestion jusqu’en 1925. En 1926, alors que Brignoles perd son tribunal et sa sous-préfecture, la Foire est reportée à janvier 1927, et déplacée dans les locaux et sur la place du Palais de justice, finalement partiellement rétabli en 1931. La même année, un “comité de la Foire“ fait son apparition, sans toutefois avoir d’existence légale.

La Foire déménage alors au couvent des Ursulines et s’étend sur le cours de la Liberté. L’évènement s’agrandit, et les exposants sont plus nombreux. Au fil du temps, produits de l’oléiculture, de l’horticulture, de l’élevage, de l’apiculture, de la sériciculture (élevage du ver à soie) et autres viennent s’ajouter aux vins, rouges en majorité, “naturels“ ou “transformés“, de type vins cuits et eaux-de-vie. La manifestation prend de l’ampleur. Tant et si bien que la municipalité décide, en 1936, de contracter un emprunt pour construire le hall des expositions où la Foire peut se tenir, en mars 1938 et 1939. Avant d’être mise en sommeil pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dès 1946, le comité d’organisation se remet au travail. La Foire retrouve le hall des expositions, incendié par les Nazis, en 1947. Cette année-là, initialement programmée fin mars, elle est repoussée à la mi-avril pour cause de visite présidentielle, Vincent Auriol tenant à “apporter un témoignage vibrant de sympathie aux vaillantes populations agricoles du Var“, peut-on lire dans le Progrès républicain du Var. “La reprise de la Foire après-guerre a été marquée par la venue du président de la République, Vincent Auriol. Il semble qu’il ait profité d’un départ pour les colonies en Afrique depuis Toulon pour participer à l’inauguration de la XVIIIe Foire-exposition de Brignoles. Ce sera le premier et le seul président jusqu’à présent“, raconte René Martin. Cette année-là, le Concours des vins enregistre, pour l’occasion, plus de 1 200 échantillons, contre 225 en 1921.

Entre innovations et évolutions

La venue du président assoit un peu plus la renommée de la Foire, où les animations se multiplient pour satisfaire aux attentes des exposants et des visiteurs. À partir de 1948, le tout nouveau cinéma rural accueille de nombreuses conférences et assemblées générales agricoles, alors que les démonstrations de matériel montent en puissance du côté de la campagne du Vabre. Au gré des évolutions, lâchers de pigeons voyageurs, matchs de football, défilés d’élégance automobile, rassemblements motocyclistes, déambulations de groupes folkloriques, expositions philatéliques, journée de la coiffure, du mouton ou de la forêt et autres attractions rythment aussi la Foire. Dans les années 50, la manifestation réinvestit les locaux progressivement rénovés des Ursulines.

En 1954, c’est la consécration ! La Foire de Brignoles est admise au sein de la Fédération des foires de France. En 1956, alors que le concours des huiles est entré dans les habitudes, le grand gel de février décime les oliveraies du département. Pour la première fois, la Direction départementale de l’agriculture et le Syndicat des apiculteurs varois organisent un concours des miels.

Expositions et démonstrations de matériels agricoles rencontrent toujours un beau succès, à l’image de la démonstration de matériels d’arrosage et d’aspersion de 1960, ou de la thématique du paillage des sols mise à l’honneur en 1963. C’est aussi cette année-là que le comité d’organisation de la Foire, placé jusqu’alors sous l’égide de la Société d’agriculture de Brignoles, est officiellement créé, à l’occasion de son assemblée générale du 7 décembre. Le but de la nouvelle association de loi 1901 dénommée ‘Foire-exposition des vins du Var et de Provence’ est alors de “promouvoir et de vulgariser toutes les activités à caractère agricole, commercial, industriel et artisanal de Brignoles et de sa région“. La Foire développe des thématiques telles que “le froid“, l’“électricité au service de l’agriculture“ ou “la coopération, le crédit et la mutualité“. Dans les années 70, une tombola met en jeu  une voiture qui sillonne le département, pour faire la promotion de l’Association des commerçants de Brignoles.

En 1972, la municipalité de Jean Marcel met à disposition de la Foire le  nouveau complexe sportif. La manifestation prend alors ses quartiers actuels sous des chapiteaux, en attendant la construction de ces locaux, et s’éloigne du centre-ville au grand dam des commerçants qui s'y sont installés et participent, chaque année, à la dynamique de la Foire. Dans les années 80 et 90, loisirs et tourisme occupent une place grandissante, même si la Foire affiche toujours fièrement ses racines agricoles. “L’agriculture, l’innovation, c’est l’ADN de la Foire“, souligne René Martin. Pour celui qui est désormais président d’honneur de la Foire, la grande force de l’évènement, ce sont aussi et surtout les nombreux bénévoles, amoureux de la Foire et de Brignoles, qui depuis un siècle travaillent sans relâche “pour que vive la Foire de Brignoles“ aujourd’hui en Provence Verte.

Gabrielle Lantes


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