Actions collectives au service de la filière liège

Publié le 13 octobre 2020

Les travaux de l’ASL Suberaie Varoise ont permis de lever 119 tonnes de liège en 2019. (© DR)

De l’animation foncière à la promotion du liège du Var, en passant par la réalisation de travaux forestiers et l’exploitation de produits, l’ASL Suberaie Varoise met son expertise au service des propriétaires forestiers et du développement de toute une filière.

Créée en 1991 après les grands incendies de 1989 et 1990, l’ASL Suberaie Varoise accompagne les propriétaires de forêt privée dans la gestion de leur patrimoine, et œu-vre à la relance difficile de la filière liège dans le département. La structure regroupe 270 adhérents pour plus de 14 000 hectares.

Comme en témoigne le rapport d’activité présenté lors de l’assemblée générale – organisée au Luc le 28 septembre dernier –, elle déploie de nombreuses actions pour inciter et participer à l’entretien, la gestion et la régénération des suberaies varoises.

Une activité qui ne faiblit pas

À commencer par l’animation foncière, levier indispensable pour sensibiliser les propriétaires forestiers à la levée du liège et aux coupes. “C’est une des missions les plus importantes de l’ASL, car il s’agit de rencontrer et d’échanger avec des propriétaires non adhérents qui, malheureusement, ont souvent eu de mauvaises expériences de levées par le passé, et sont, en conséquence, prudents et un peu réticents à de nouvelles interventions”, insiste Gisela Santos Matos, technicienne forestière de l’ASL. Pour convaincre et mobiliser le plus largement possible, l’association syndicale réalise un travail de prospection important chaque année. L’an dernier, elle a ainsi eu la satisfaction d’enregistrer 18 nouvelles adhésions pour 1 004 ha.

Grâce à son expertise, l’ASL intervient en tant que conseil et maître d’œuvre, pour accompagner les propriétaires privés dans la réalisation de travaux d’entretien, de régénération, de protection incendie, de remise en production... En 2019, 129 ha, chez 62 adhérents sur 20 communes, ont fait l’objet de travaux forestiers divers.

Les chantiers menés ont donné lieu à l’exploitation de 3 377 tonnes de bois, en bois énergie principalement, mais aussi en paillage et bois d’œuvre.

Par ailleurs, 109 tonnes de liège femelle, qualité supérieure, ont été levées chez 17 adhérents. La production est essentiellement vendue à Diam Bouchage, dans le cadre du partenariat formalisé entre l’association syndicale et l’entreprise de solutions de bouchage. La pression sanitaire du Bom-byx disparate a malheureusement empêché l’association de fournir le tonnage prévu l’an dernier, la demande de Diam – très engagé sur le développement du liège varois – étant croissante.

Grâce à des opérations – financées à 80 % par le Département et la Région –, dix tonnes de liège brûlé levées chez trois adhérents ont, par ailleurs, et pour la première fois, pu être valorisées auprès d’un opérateur espagnol, dans le cadre de chantiers initiés au lendemain des incendies de 2017.

De nouveaux axes de travail

L’ASL entend d’ailleurs intensifier son action sur ce volet. “Il y a beaucoup à faire sur le liège brûlé dans le massif des Maures, car il existe un potentiel non négligeable. Et, pour répondre à la demande de liège femelle (également appelé liège de reproduction), il faut pouvoir remettre les surfaces brûlées en production”, souligna Gisela Santos Matos. L’association poursuit donc les travaux de réhabilitation engagés pour valoriser liège et bois brûlés ; elle favorise dans ce but les projets de regroupement de propriétaires, qui permettent de mutualiser les coûts.

L’association participe, par ailleurs, à une étude portée par le Parc national de Port-Cros, au cap Lardier, sur l’évolution naturelle de la végétation après incendie. Intervenant déjà sur la zone, l’ASL est associée en tant que gestionnaire par plusieurs propriétaires privés, et contribuera au suivi d’un réseau de 150 placettes réparties sur le site. L’initiative doit aboutir à la rédaction d’un guide de bonnes pratiques à tenir en post-incendie.

Cette année enfin, l’ASL s’oriente plus avant vers la modernisation de la levée de liège. L’association – avec le soutien financier du Département, de la Région et de Diam Bouchage – a en effet fait l’acquisition d’une écarteuse et d’une tronçonneuse à vérin, qui permet de s’ajuster à l’épaisseur du liège pour un montant de 4 000 euros. Les tests, réalisés par un adhérent de Collobrières, confortent l’association syndicale, qui note la précision et l’autonomie des outils, l’objectif étant d’améliorer les capacités de levée. “On a pu voir que l’on a désormais des machines bien au point, qui ont fait leur preuve lors d’essais grandeur nature. On projette maintenant de former une équipe de leveurs à l’utilisation de ce matériel”, indique Claude Audibert.

Pour le président de l’ASL Suberaie Varoise, cette nouvelle action collective montre une fois de plus, l’importance de la mobilisation des adhérents et des partenaires de l’ASL, pour faire avancer la filière liège.

Gabrielle Lantes


Claude Audibert, président de l’ASL Suberaie Varoise, souligne l’indispensable mobilisation des adhérents et partenaires pour faire soutenir et développer la filière liège dans le Var. (© G. Lantes)

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