Améliorer la conduite culturale de la pivoine pour une meilleure productivité

Publié le 09 juillet 2019

La Sica Marché aux fleurs de Hyères enregistre des apports record, puis­que le cap des 10 millions de tiges de pivoines a été dépassé.

Si la culture de la pivoine varoise continue de battre des records, la filière mobilise moyens et compétences pour faire progresser la production et accompagner les producteurs.

Cette année encore, la Sica Marché aux fleurs de Hyères enregistre des apports record, puis­que le cap des 10 millions de tiges de pivoines a été dépassé, avec un prix moyen de 0,70 centime/tige pour l’ensemble de la campagne. Au total, 10,305 millions de tiges ont été fournis en 2019 par 175 producteurs, dont une centaine est adhérente du groupement de producteurs de fleurs coupées du Var, Phila Flor.

Reine du printemps toujours en expansion

Incontournable reine du printemps sur le cadran hyérois - où elle est en progression constante depuis le début des années 2000 - la pivoine continue de gagner du terrain : entre 2017 et 2019, les surfaces recensées par la Sica ont encore augmenté de 30 %, passant de 105 à 137 ha. 75 variétés sont présentes sur la Sica MAF, une douzaine constituant l’essentiel de la production, à commencer par Sarah Bernhardt avec plus d’1,6 million de tiges cette année, Pêcher avec plus d’un million de tiges, Choral Charm, environ 700 000 tiges, Jules Leslie, plus de 600?000 tiges, ou encore Pink Hawai, avec 600 000 tiges, Odile, plus de

500 000 tiges, et Madame Claude Tain, pour 500 000 tiges. Malgré l’augmentation des volumes, la campagne 2019 n’a pas été particulièrement exceptionnelle. “On est sur une année moyenne. La saison a démarré un peu tardivement, et on a eu un pic de production écrêté par un mois de mai assez doux”, résume Christophe Massel, technicien de Phila Flor.

Si la culture est en pleine expansion, depuis quelques années déjà, la filière observe néanmoins une stagnation des rendements et travaille pour optimiser la production. C’est pour répondre à cette problématique que Phila Flor, en partenariat avec le Scradh et la Sica Marché aux fleurs, rassemble désormais les producteurs, tous les ans, pour faire le point sur la saison écoulée et sur les démarches engagées en faveur de la pivoine. Phila Flor travaille ainsi sur le suivi des différents facteurs de production, afin d’acquérir des références dont faire profiter les producteurs.

Prise de froid et forçage

Le groupement, en lien avec le Scradh, étudie notamment la prise de froid grâce au réseau de relevé de température, mis en place sur différents sites de production du département. “Il s’agit de mesurer le cumul de degré froid acquis par la plante. Sur cette campagne, on s’aperçoit que les besoins en froid, qui devraient être satisfaits à l’automne, ne sont couverts que plus tard et qu’il peut y avoir des écarts importants selon les secteurs. Jusque mi-décembre, il ne se passe pas grand-chose, y compris dans les zones les plus froides. La prise de froid intervient jusque tard dans la saison, en février, quand on commence le forçage”, indique Christophe Massel. Avant d’insister sur l’intérêt du suivi des températures : “Plus on aura de sonde sur le territoire, plus on aura d’éléments pour orienter le forçage”.

Les pivoines forcées représentent 20 à 30 % des apports sur le marché aux fleurs de Hyères. Plus précoces, elles se maintiennent à un prix moyen au-dessus d’un euro la tige. Afin de pouvoir améliorer la pratique, Phila Flor a entamé un travail d’étude des pratiques de forçage sur deux sites du Pradet. Des capteurs air/sol ont été mis en place en extérieur et sous abri sur un tunnel maraîcher, avec couverture de sol et un autre abri lus léger, plus aéré sur sol nu. “Même si sous l’abri le moins léger la température monte assez vite dans l’air, on constate une certaine inertie avant que le sol ne se réchauffe, tout comme sous l’abri le plus léger sans couverture de sol. Sur cette saison les deux techniques ont eu des effets comparables, et on retrouve les deux systèmes parmi la première vague d’apporteurs sur la Sica”, expose Christophe Massel.

Prophylaxie, fertilisation, irrigation : des leviers à maîtriser

L’aspect phytosanitaire est aussi suivi de près. Cette année, un développement relativement important et inhabituellement précoce de Rhizoctonia a été observé. Le problème des nématodes à galles est, lui aussi, croissant. Pour Christophe Massel, face à ces problématiques, il est essentiel “d’être attentif à la qualité des plants et à la désinfection des parcelles avant plantation”.

Gabrielle Lantes


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