AOC Côtes de Provence : premier millésime pour Notre-Dame des Anges

Publié le 01 octobre 2019

Jean-Pierre Daziano préside la section Notre-Dame des Anges, créée au sein de l’ODG Côtes de Provence.

Cinquième Dénomination géographique complémentaire (DGC) des Côtes de Provence, Notre-Dame des Anges achève sa première vendange. Rouges et rosés pourront désormais être produits sous les couleurs de ce terroir officiellement reconnu pour ses spécificités.

Après Sainte-Victoire et Fréjus en 2005, La Londe, en 2008, et Pierrefeu, en 2013, Notre-Dame des Anges est le cinquième terroir de l’appellation d’origine contrôlée Côtes de Provence à être homologué en tant que Dénomination géographique complémentaire (DGC). Le 10 août dernier, la publication d’un arrêté du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Forêt au Journal officiel est venue marquer la naissance de cette DGC, récompensant une démarche entamée il y a déjà de nombreuses années. “Au début des années 2000, un petit groupe de vignerons – convaincus de la typicité de leur terroir et de leurs vins – s’est réuni et s’est finalement constitué en association, pour engager le travail de reconnaissance du terroir de Notre-Dame des Anges, localisé dans un environnement naturel exceptionnel”, rappelle Jean-Pierre Daziano du Domaine de La Fouquette aux Mayons, qui a présidé l’association des Vignerons de Notre-Dame des Anges.

Commence alors un long et laborieux travail mené avec l’appui administratif et technique du Syndicat des Côtes de Provence et de l’INAO. Caractérisation, identification, élaboration de cuvées test… “On a pu concrétiser ce projet parce qu’il y avait une volonté commune des vignerons. C’est un terroir au sens viticole, parce que la façon qu’ont les producteurs de travailler se traduit dans les vins”, insiste Jean-Pierre Daziano.

 

Des caractéristiques propres au terroir désormais reconnues

Aujourd’hui, le statut de DGC - obtenu suite à l’avis positif de l’INAO, en février dernier - donne donc une identité officielle à un terroir, qui dispose de caractéristiques spécifiques. Géographiquement, l’AOC Côtes de Provence Notre-Dame des Anges couvre la dépression permienne de Carnoules à Taradeau, et du Luc à La Garde-Freinet. Le terroir englobe dix communes du pied du massif et de la plaine des Maures, dont le vignoble s’épanouit sur plusieurs types de sols. “Au sud, on a les terres de schiste, plutôt acides, du bas du massif des Maures. Au nord, on est sur les contreforts de la Provence calcaire. On trouve aussi les grès rouges, que l’on appelle permiens, dans la plaine et les terrasses alluviales de l’Aille, dans le secteur de Vidauban”, présente Jean-Pierre Daziano. Le secteur bénéficie d’un climat méditerranéen aux accents continentaux, le massif des Maures constituant une barrière naturelle aux entrées maritimes. “Le climat est homogène avec des hivers assez froids et pluvieux, et des étés chauds et très secs”, précise encore Jean-Pierre Daziano, désormais président de la section Notre-Dame des Anges, créée au sein de l’ODG Côtes de Provence.

Pour ce qui est des vins, “la typicité réside dans l’équilibre entre fruité et fine amertume, et entre fraîcheur et puissance alcoolique. Cet équilibre est très caractéristique du secteur, avec des vins destinés à la gastronomie”, explique le vigneron.

L’aire géographique de la DGC Notre-Dame des Anges couvre près de 4?000?hectares de vignoble. Pour ce tout premier millésime, 273 ha ont été identifiés par l’INAO pour la production de vins en AOC Côtes de Provence Notre-Dame des Anges. Les vignerons espèrent une production 2019 de l’ordre de 4?000 hl. Cinq coopératives et quatre caves particulières pourront produire du Notre-Dame des Anges dès cette année. Les rosés de l’année seront disponibles dès le 15 décembre, les rouges, le premier septembre de l’année qui suit la récolte (2020 pour le millésime 2019).

Un processus de sélection parcellaire reste en cours en continu, afin de sélectionner les surfaces qui pourront intégrer la DGC après validation par l’INAO. Une quarantaine d’exploitations est potentiellement éligible. Le cahier des charges est, pour l’heure, réservé aux rouges et aux rosés. Il impose des règles de production plus restrictives que celui des Côtes de Provence, notamment avec un rendement limité à 50 hl/ha.

 

Un avenir à construire collectivement

“Le but n’est pas de faire passer l’ensemble du vignoble du secteur en DGC. La volonté des vignerons s’inscrit dans la stratégie de montée en gamme des Côtes de Provence, en proposant des vins haut-de-gamme. Maintenant que cette DGC est reconnue par l’INAO, il faut la faire connaître auprès de nos clients, avec un positionnement sur le marché national pour commencer”, développe Jean-Pierre Daziano. À terme, c’est avec l’adhésion des vignerons et des consommateurs que s’écrira l’histoire de la DGC Notre-Dame des Anges. Et Jean-Pierre Daziano est “confiant pour l’avenir”.

Actuellement les Côtes de Provence et le CIVP travaillent au lancement d’un plan de communication. “Nous réfléchissons à l’identité visuelle qui doit être parlante et cohérente, par rapport aux autres DGC au sein de la famille Côtes de Provence. Un kit de communication est aussi en cours de réalisation, afin d’accompagner les vignerons”, indique Jean-Pierre Daziano. La promotion de la DGC devrait aussi s’appuyer sur la mise en place de deux événements centraux : l’un au niveau national, en lien avec les autres DGC de Côtes de Provence, l’autre décliné localement.

Pour Jean-Pierre Daziano, le principal support de communication reste la qualité et la typicité. “La priorité c’est de faire un beau millésime. Il faut se donner les moyens de la qualité au vignoble et en cave. C’est là la clé du succès”, défend-il. Si, comme ailleurs, la récolte ne sera pas pléthorique par manque d’eau, “ce millésime promet d’être très expressif”, assure le vigneron pour finir.

 

Gabrielle Lantes

 

Notre-Dame des Anges en bref - La Dénomination géographique complémentaire (DGC) s’étend sur les communes : Les Arcs, Carnoules, Taradeau, Vidauban, Le Cannet-des-Maures, Le Luc, La Garde-Freinet, Les Mayons, Pignans, Gonfaron. Le secteur compte une superficie de 3900?ha de vignoble. Les trois cépages principaux de la DGC sont le grenache, le cinsault et la syrah, auxquels s’ajoutent huit cépages accessoires : le mourvèdre, le tibouren, le cabernet-sauvignon, le carignan, la clairette, le sémillon, l’ugni blanc et le vermentino. Le rendement maximum autorisé est de 50 hl/ha, contre 55 hl/ha pour l’AOC Côtes de Provence.

Un peu d’histoire - La Dénomination géographique complémentaire Notre-Dame des Anges fait référence au sommet du massif des Maures où est installé le sanctuaire du même nom, à Pignans. Planté depuis l’Antiquité, le vignoble du secteur a connu son essor au Moyen-Âge. Le Prieuré de Notre-Dame de Pignans, dont dépendait le Monastère de Notre-Dame des Anges, en était alors le principal propriétaire. Depuis le XVIe siècle, les vignerons ont veillé à la préservation du monastère, perché à plus de 760 m sur le deuxième sommet du massif des Maures.


273 hectares de vignobles ont été identifiés par l’INAO pour ce millésime 2019. Le processus de d’identification parcellaire se poursuit.

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