AOC Côtes de Provence : Une montée en gamme qui se construit collectivement

Publié le 31 juillet 2019

Nicolas Garcia et Eric Pastorino, respectivement directeur et président du Syndicat des Côtes de Provence.

Alors que la concurrence se fait de plus en plus rude sur le rosé, le Syndicat des Côtes de Provence entend porter un développement collectif et maîtrisé, pour accompagner la montée en gamme de l’appellation.

Si l’AOC Côtes de Provence connaît ces dernières années avec son rosé une croissance sans précédent, pour son président, Eric Pastorino, la montée des cours, qui accompagne ce développement, et le contexte de plus en plus concurrentiel invitent à la prudence. “Le mois de mai a été plutôt triste au niveau de la commercialisation. Mais je pense que cela est dû à des conditions météo défavorables, plus qu’à des difficultés de marché. Il faut toutefois rester prudent et attendre les chiffres de l’été, pour voir si nos clients sont fidèles, malgré la hausse des prix”, analyse le président de l’ODG Côtes de Provence.

Vigilant sur différents indicateurs

Plusieurs éléments appellent néanmoins selon lui à la vigilance. “On assiste, d’une part, à une chute de la consommation de rouge en France, puisque la nouvelle génération est plus portée sur le rosé et le blanc. De ce fait, quasiment toutes les appellations de rouge, que ce soit Bordeaux, les Côtes du Rhône ou le Beaujolais, ont décrété qu’elles allaient consacrer une partie de leur récolte pour faire du rosé. On observe, d’autre part, une baisse assez importante des ventes en grande distribution, générale à l’ensemble des appellations, mais plus marquée pour nous, du fait de la hausse des tarifs. Et il ne faut pas oublier que la grande distribution représente près de 35?% de note commercialisation. Enfin, l’export – qui était jusqu’à présent en progression – est resté stable sur les quatre premiers mois de l’année. Il faut donc être très attentif sur ces différents points”, explique Eric Pastorino. “Il est impératif – pour nous qui sommes une appellation dont l’histoire n’est plus à faire et le savoir-faire n’est plus à démontrer – de ne pas être noyés sous un flot de rosé, qui risque d’être relativement important dans les années à venir”, souligne-t-il.

Jouer collectif

Dans ce contexte, les Côtes de Provence, en lien avec le Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP), a engagé un important travail pour construire la montée en gamme de l’appellation. “Aujourd’hui, si on veut maintenir notre avance et notre leadership, il n’y a que par cette montée en gamme que l’on y arrivera. C’est une démarche collective, dont la clé de voûte est d’accroître encore notre niveau qualitatif. Bien entendu, il faut aussi savoir raconter notre histoire aux clients. Il faut soigner notre image, mener des actions de promotion plus haut-de-gamme. C’est pourquoi le conseil d’administration du Syndicat des Côtes de Provence a voté, à l’unanimité, l’augmentation de cotisation au CIVP. Cela doit nous permettre de financer un plan d’action ambitieux, notamment sur la diversification à l’export. Aujourd’hui, si nous sommes très heureux que les USA soient notre première destination à l’export, il va aussi falloir développer de nouveaux marchés, sur l’Asie en particulier”.

La question environnementale est un autre axe fondamental de la montée en gamme. Dans ce cadre, l’ODG Côtes de Provence souhaite développer à la fois l’agriculture biologique et la Haute valeur environnementale (HVE), sans les opposer. “Notre but, c’est que tout le monde entre dans une démarche environnementale. On a la grande chance d’être dans une région, où les conditions climatiques nous permettent de traiter moins qu’ailleurs ; et il est important que les vignerons puissent valoriser des pratiques déjà vertueuses”, défend Eric Pastorino.

Engagement sur l’environnement

Dans cette perspective, le syndicat s’engage dans un plan collectif de certification HVE. “C’est un travail assez laborieux, mais important, dans la mesure où il répond aux objectifs de la montée en gamme, en même temps qu’à la demande sociétale. Il y a aussi une réelle demande des opérateurs et un engagement des vignerons.

Gabrielle Lantes


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