Apiculture : Des conditions de production de plus en plus compliquées

Publié le 02 juin 2020

Apiculteur au Beausset dans le Var, Claude Fuoco est aussi président du Syndicat des apiculteurs professionnels de Provence.

L’apiculture provençale souffre d’une baisse de la production de ses ruches liée à des facteurs climatiques, régulièrement défavorables, mais aussi physiologiques. Sur un autre terrain, la filière aspire également à plus de soutien.

Installé depuis 1988 sur le rucher familial du Beausset, où il travaille aujourd’hui avec son fils et sa femme, Claude Fuoco conduit quelque 700 ruches en production et 250 essaims. Cette campagne, comme les précédentes, s’avère difficile pour l’apiculteur qui pratique pourtant la transhumance. “Dans le Var, on n’a pour ainsi dire pas fait de miel au printemps à cause du manque d’eau et du coup de froid d’avril. En mars, on est parti sur les romarins dans l’arrière-pays. C’était tout beau, tout fleuri, mais le froid a tout foutu par terre”, raconte-t-il. En avril, Claude Fuoco a pris la direction de la Bourgogne où les températures étaient à la hausse. “On avait entre 28° et 30°C. On a fait du colza. Cela a permis aux petites ruches de se développer rapidement. Mais pour d’autres collègues, qui n’étaient pas très loin dans le Grand-Est, ça a été la misère”, précise-t-il.

“Cela devient difficile partout de faire de l’apiculture, parce que les conditions de production sont de plus en plus compliquées. Il y a le manque d’eau, il y a aussi le manque de froid l’hiver, la végétation du printemps arrive trop tôt pour les abeilles. Et sur les miellées d’automne, on n’a plus les orages d’août comme par le passé. Il ne pleut que vers mi-septembre et du coup ça fleurit trop tard”, résume le président du Syndicat des apiculteurs professionnels de Provence (SAPP).

Climat, varroa, frelon et coronavirus : une campagne bien difficile

Aux conditions climatiques défavorables s’ajoutent les problématiques sanitaires. Le varroa d’abord, et le frelon asiatique ensuite. “C’est une sacrée plaie ce frelon asiatique. Il y a encore 4 ou 5 printemps ça allait, maintenant on est envahi. On a dû abandonner certains emplacements. Cela nous oblige à revoir toute notre organisation. On piège, mais ça ne suffit pas”, commente Claude Fuoco. “Le métier est devenu beaucoup plus technique. Il faut aussi être de plus en plus observateur et réactif. On travaille beaucoup plus qu’avant sur la sélection et le sanitaire pour éviter les pertes et faire au mieux, et pourtant la production est à la baisse par rapport au travail fourni”, poursuit-il.

Cette année, la crise du coronavirus est aussi venue bouleverser la profession. “Cela a été compliqué pour les grands transhumants, avec les routiers fermés sur le trajet. Certains ont aussi eu des problèmes de livraison sur les étiquettes ou sur les capsules. Et puis, ça a été difficile pour la vente directe. De mon côté, j’ai eu la chance d’avoir du miel en pot d’avance, car on conditionne avant la saison. Et je fais 80 % de demi-gros. Mais pour le peu qu’on fait en vente directe, on a eu personne pendant deux mois. Les clients commencent à peine à revenir à la miellerie”, observe Claude Fuoco.

Prochaine étape pour l’apiculteur : le Jura, pour le sapin. Il redescendra ensuite vers les lavandes après être passé par le sud de la Loire. “On espère faire une bonne montagne, surtout pour avoir assez de couvains et des abeilles prêtes pour les lavandes. S’il n’y a pas trop de mistral, elles devraient être belles”, confie-t-il. Malgré les difficultés, il veut rester optimiste. “Tant que la saison n’est pas finie, on ne compte pas. Il ne faut pas baisser les bras”, conclut l’apiculteur.

Gabrielle Lantes


Autres productionsCovid-19 production de miel apiculture abeilles varroa