Association des vins de Bandol : communiquer et fédérer pour avancer ensemble

Publié le 24 septembre 2019

En raison de la sécheresse, l’AOC Bandol table sur une baisse de production qui reste à mesurer.

Alors que les vendanges battent leur plein sur le terroir de Bandol, Cédric Gravier, nouveau président de l’Organisme de défense et de gestion de l’appellation, fait le point sur la campagne en cours et les dossiers d’actualité.

Les vendanges ont démarré fin août à Bandol, où le bal des bennes à vendanger se poursuit à bon rythme. Sur l’appellation, où l’opération se fait manuellement, les vendangeurs sont à pied d’œuvre, et les caves rentrent ces jours-ci le gros de la récolte. “C’est une année très sèche. Les 15 prochains jours vont donner la tendance du niveau de cette récolte. Nous attendons les chiffres avec impatience”, résume prudemment Cédric Gravier, président de l’Association des vins de Bandol.

Un millésime marqué par la sécheresse

“On avait du retard au départ, en raison du frais que l’on a connu au printemps ; mais on a eu une belle floraison et une belle sortie de grappes. La véraison s’est faite avec un peu de retard et on avait des craintes de blocage de maturité, avec la chaleur et le manque d’eau qui ont suivi. Au final, avec cette sécheresse, on se retrouve avec de petits grains et de petits rendements en jus. On a des maturités assez hétérogènes, même si on observe de moins en moins de décalage entre les cépages. Le grenache s’en est plutôt bien sorti, le cinsault un peu moins, et ça a été un peu dur pour le mourvèdre. Mais les dernières pluies de septembre ont fait du bien. On verra dans quelle mesure en fin de récolte”, détaille-t-il.

Ce millésime sera donc marqué par la sécheresse, avec, pour conséquence, une baisse de volume qui reste à quantifier. En revanche, les vignerons apprécient déjà globalement la qualité de cette vendange. “Les raisins sont très sains. On a des jus nets avec de belles acidités. C’est une année à rouge”, commente encore Cédric Gravier.

“Évoluer sans perdre ce qui fait notre identité”

Le vigneron a succédé à Guillaume Tari à la présidence de l’Association des vins de Bandol, lors de la dernière assemblée générale de l’Organisme de défense et de gestion (ODG). Impliqué depuis plusieurs années au sein de la structure, dont il était dernièrement trésorier, il a pris le relais avec la volonté de rassembler. “Lors de cette AG, nous avons demandé à faire passer une hausse de cotisation qui a été rejetée. Mais au-delà de la question financière, ce vote a exprimé une forme de contestation vis-à-vis de l’association. Longtemps, il y a eu deux syndicats à Bandol, désormais regroupés au sein de l’ODG. Et il y avait cette crainte de retour en arrière, avec le risque de voir l’appellation scindée en deux. Alors, même si au départ je préférais m’investir sans être sur le devant de la scène, j’ai accepté cette responsabilité, en me donnant pour première mission de re-fédérer, de travailler en interne pour améliorer la communication, pour faire passer les informations, afin que les vignerons aient la parole, s’impliquent et puissent faire des choix, ensemble. Cela demande du temps et de la rigueur, mais j’ai l’impression que cela avance dans le bon sens”, explique-t-il.

Confiant ne pas aimer la politique et apprécier le franc-parler, Cédric Gravier se présente comme “partisan du compromis”. “Je reste plutôt traditionnel, mais je ne vois pas d’intérêt à camper sur des positions juste par principe. Il faut essayer d’évoluer, sans perdre ce qui fait notre identité”, défend-il. “On a des avis parfois très différents, et il peut être difficile de se rejoindre. Mais nous ne sommes pas nombreux, nous nous connaissons tous. Il faut que l’on puisse discuter et tout mettre sur la table, sans tabou.”

Flavescence et Maison des vins

La flavescence dorée est une autre préoccupation majeure sur le territoire de l’appellation où l’Association des Vins de Bandol a initié, voilà déjà plusieurs années, une démarche de prospection volontaire. L’action s’avère pourtant insuffisante pour Cédric Gravier. “On a du mal à mobiliser. On retrouve toujours le même noyau de bénévoles sur les prospections et on couvre trop peu de surface. C’est pourtant hyper important. À tel point que l’on envisage de demander une participation financière en fonction des surfaces cultivées et des volumes produits, à ceux qui ne fournissent pas de main-d’œuvre pour la surveillance du vignoble”, souligne-t-il.

Enfin, l’avenir de la Maison des vins installée à Bandol inquiète. La municipalité devant vendre le bâtiment qui l’abrite. Après quelques échanges tendus avec la mairie, Cédric Gravier souhaite voir la situation s’apaiser. “Au départ, le but de cette construction était d’accueillir les vins de Bandol et, à l’époque, tous les vignerons l’attendaient avec impatience. Pour nous, cette Maison des vins, à Bandol, est très importante, et j’espère que l’on va trouver une solution”, défend-il.

Gabrielle Lantes


Cédric Gravier veut remobiliser et fédérer les troupes de l’Association des vins de Bandol.

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