Au service des horticulteurs malgré les difficultés

Publié le 13 décembre 2018

Le syndicat horticole a tenu son assemblée générale dans les locaux de la Sica MAF le 30 novembre.

L’assemblée générale du Syndicat horticole du Var est venue tirer la sonnette d’alarme. Confrontée à la baisse de ses financements depuis plusieurs années, la structure cherche des solutions, afin de poursuivre ses actions en faveur de la profession.

“Une nouvelle année s’est écoulée, et le Syndicat horticole du Var est toujours là, mais on ne sait pas pour combien de temps. Le manque de fonds est bien réel, il y a urgence, et il sera difficile de continuer bien longtemps. C’est dommage, car les adhérents sont présents, mais sans aide, subvention ou partenaire ; le montant des cotisations appelées pour faire vivre le syndicat, avec un minimum de services aux adhérents, risque de faire fuir ceux qui restent”, déplore Olivier Ottenwalder, co-président du syndicat horticole, dans le rapport moral.

Il y a quelques années déjà, le syndicat avait bien failli disparaître. Remonté en lien avec la Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières (FNPHP), syndicat spécialisé de la FNSEA, il est confronté depuis à la baisse des financements, et le compte rendu financier est sans appel. Amputées de la subvention du Conseil départemental qui était de 21 000 euros en 2016, les recettes du syndicat se limitent, en 2017 au montant des cotisations de ses adhérents, soit 4 450 euros, pour faire face à des charges qui, même réduites au maximum, s’élèvent à 23 000 euros. En l’état, la structure ne pourra tenir que quelques mois.

Sur tous les fronts pour défendre la profession

Le syndicat porte, par ailleurs, un projet de bail péri-urbain, afin de lutter contre la pression foncière et les friches dans ces zones. “Dans certaines secteurs et à certaines conditions, ce serait une alternative au fermage classique pour libérer des terres. C’est une idée que l’on partage avec la Coordination rurale, et on compte aussi sur la FDSEA. L’idée est d’aboutir ensemble”, souligne Jean-Marc Borgetto.

“On voit bien qu’il y a une attente du terrain sur cette question. Malheureusement, le temps passe, et on attend toujours. Il est donc important de porter ensemble le même dossier auprès de nos députés, pour qu’ils le défendent au niveau national”, enchérit Max Bauer, président de la Coordination rurale du Var. “La loi sur le foncier, qui doit sortir en 2020, est en préparation, et il faut aussi pousser dans cette direction”, estime, d’autre part, Sylvain Audemard, secrétaire général de la FDSEA 83.

Autre préoccupation importante des horticulteurs : la Taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN). “Cette année, le remboursement de la TICGN se fait via Internet. Le site Chorus s’avère très complexe. Nous avons donc été obligés d’adresser une participation aux horticulteurs. D’autre part, la règle des minimis limite grandement le remboursement pour les gros consommateurs. Sortir de la règle n’apparaît pas possible, la demande syndicale vise donc à faire passer la limite des minimis de 15 000 à 30 000 euros sur trois ans”, explique Jean-Marc Borgetto.

La complexité d’accès aux dispositifs d’aides pour les entreprises horticoles est une autre difficulté récurrente. “Maintenant, le seul guichet disponible est celui de la Région. Le syndicalisme doit donc être impérativement représenté auprès des instances”, insiste Olivier Ottenwalder.

Au volet phyto, le syndicat porte une attention toute particulière à la révision de la directive nitrate, en déplorant que la profession n’ait pas été directement interrogée, en marge de la consultation publique ouverte sur le net. “L’impact réglementaire peut être très contraignant, notamment sur le hors-sol”, indique Véronique Brun, animatrice de la FNPHP. 

G. Lantes


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