Chambre d’agriculture : mobilisation pour le foncier agricole du Canebas

Publié le 19 mars 2019

La relance de la culture de l’immortelle au Canebas a soulevée la question de l’avenir de l’agriculture sur le secteur.

A Carqueiranne, la Chambre d’agriculture du Var travaille à la reconquête du quartier du Canebas. Sur ce secteur, fortement marqué par la déprise agricole, la relance de la production de l’immortelle a mis en évidence le potentiel de terres à remettre en culture.

Depuis 2015 déjà, la stratégie foncière est, sur le territoire concerné, un des axes de travail de la convention qui lie la Chambre d’agriculture du Var, la Safer et la Métropole Toulon Provence Méditerranée.  C’est dans ce cadre qu’un programme de développement agricole est désormais en réflexion sur le Canebas. La question de l’avenir du secteur de la commune de Carqueiranne a été soulevée par rapport à la relance de la culture de l’immortelle. Cette production, autrefois traditionnelle de l’ouest varois, qui a progressivement déclinée pour quasiment disparaître à la fin de XXe siècle, trouve, sur les restanques ensoleillées et balayées par l’air marin du Canebas, des conditions favorables à sa culture. Portée par la demande d’un industriel de la cosmétique, la relance de la production de l’immortelle du Var a mobilisé les différents acteurs de la filière horticole. Le Canebas s’est avéré être un site propice à la démarche. Depuis les premières récoltes en 2015, la plante, rustique et gélive, s’y épanouit pleinement, sur des sols drainants et à l’abri du gel. Les quelques producteurs qui se sont lancés dans l’aventure, cultivent à présent de l’immortelle sur environ un hectare.

Définir les potentialités de remise en culture

La dynamique a poussé les acteurs du territoire à s’interroger sur l’opportunité de remobiliser le foncier agricole du secteur. “Il y a du foncier, mais pas forcément disponible. On sait que de nombreuses terres sont en friches. On sait aussi que les propriétaires ne sont souvent plus exploitants agricoles et ne vivent parfois même plus sur place. L’immortelle ayant démontré une possible relance de l’agriculture, il fallait préciser tout cela pour identifier les potentialités”, explique Michel Mallait, technicien horticole de la Chambre d’agriculture, qui a accompagné le projet de relance de la production d’immortelles. La municipalité et l’agglomération tenant à la vocation agricole du Canebas, la Chambre d’agriculture a entamé un repérage qui a mis en évidence l’importance des friches, mais aussi le morcellement des terres. “Sur 108 hectares de surfaces agricoles identifiée, 51 ha de friches appartenant à 138 propriétaires ont été recensés”, précise Stéphanie Vinçon, du service foncier de la Chambre d’agriculture.

En partenariat avec la Safer, la commune et l’intercommunalité, une information sur les opportunités de remise en culture et les différents modes de mise à disposition du foncier a été organisée à destination des propriétaires. Une douzaine d’entre eux se sont manifestés pour recevoir la visite d’un technicien, dont le but sera d’évaluer et d’analyser le potentiel agricole des surfaces. L’initiative concerne, pour le moment, 37 parcelles qui représentent 9,70 ha. “Il s’agit de faire un état des lieux sur l’état et la nature des friches, mais aussi de s’intéresser à l’accessibilité et aux possibilités d’irrigation. On est sur un secteur en pente, difficile à travailler”, explique Michel Mallait.

Différents facteurs à prendre en compte

Le site présente pourtant des atouts et peut être intéressant pour des cultu­res courtes et peu exigeante en main-d’œuvre, mais en revanche exigeantes sur l’exposition, le climat et la capacité de ressuyage des sols. “L’activité agricole s’est effritée dans les années 90, suite à des départs en retraite et à la désaffection pour le métier. Mais entre les années 70 et 90, on trouvait essentiellement, au Canebas, du maraîchage primeur et des fleurettes de plein air, comme les renoncules dites de Perse, certaines variétés de giroflées, de freesia et autres tubéreuses qui ont pour point commun d’être gélives”, souligne Michel Mallait. Aujourd’hui, des productions comme les plantes médicinales, aromatiques et à parfum, certaines fleurettes traditionnelles, feuillages et rameaux décoratifs, ou, pourquoi pas, des végétaux subtropicaux comestibles de types avocatier ou goyavier, pourraient être envisagées.

Le programme de développement agricole engagé devra définir les pis­tes les plus intéressantes, dans le ca­dre d’une démarche territoriale cons­truite, qui tiendront compte des dis- ponibilité foncières bien sûr mais aussi des conditions de culture et des opportunités de débouchés à saisir.

G. Lantes


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