Chasse : le point sur l’état des populations de gibiers

Publié le 13 septembre 2019

La campagne de chasse 2019/2020 est ouverte.

La campagne de chasse 2019/2020 s’ouvre demain dimanche, dans des conditions globalement satisfaisantes. Les pluies de printemps ont permis aux populations de gros et petits gibiers de se reproduire correctement, en attendant celles d’automne.

Les conditions climatiques extrêmes rencontrées cet été – avec des épisodes de canicule sévères – auront finalement d’avantage impacté les chasseurs qui ont profité de la préouverture de la chasse aux sangliers, fixée au 1er août, plutôt que ces derniers. “La chaleur du mois dernier a compliqué les battues, même en les démarrant très tôt dans la journée”, reconnaît volontiers Marc Meissel, l’emblématique président de la Fédération varoise des chasseurs. Les pics de températures enregistrés ces derniers mois n’auront, en revanche, pas eu de conséquences sur les laies, dont la reproduction s’est effectuée de façon correcte, grâce aux pluies de printemps. “Ces précipitations ont également permis aux sangliers de trouver des glands en abondance.” On se souvient, en effet, que la précédente campagne de chasse s’était ouverte dans des conditions plus problématiques : ne trouvant plus de quoi manger en forêt, les sangliers n’hésitaient plus à s’aventurer en zones urbaines ou péri-urbaines. Les premiers prélèvements effectués avaient également mis en évidence des animaux très amaigris. Ceux réalisés depuis le 1er?août ont, heureusement, montré que la situation actuelle n’avait rien de comparable.

L’impact du loup

A l’instar de celle des sangliers, la situation des chevreuils n’apporte pas encore d’inquiétudes, même si leur population stagne, “non pas à cause des conditions climatiques de cet été, mais plutôt de la prédation sévère du loup”, relève Marc Meissel. Elle entraîne un changement de comportement chez ces cervidés, devenus de ce fait particulièrement mobiles. Autre cible des meutes de loups, le mouflon : les derniers spécimens sont concentrés dans le haut du département, et ont “quasiment disparu”, regrette le président de la Fédération départementale des chasseurs du Var. Le chamois se défend mieux, en revanche, grâce à ses qualités de “grimpeur” qui lui permettent de se réfugier en hauteur. Il échappe ainsi à la prédation des meutes, très présentes dans le secteur du camp militaire de Canjuers. Quant au cerf, dont la présence est attestée dans le massif de l’Estérel, les populations stagnent, note Marc Meissel. Pour ce dernier, “on est dans le domaine de l’anecdotique, avec une quinzaine de bracelets seulement distribués lors de la dernière campagne”.

Du côté du petit gibier à poil, les populations de lièvres se portent très bien. “Elles sont en expansion. C’est un animal qui s’est bien adapté : on le retrouve sur l’essentiel du département – le moyen-Var, l’arrière-pays et même le littoral –, même si la circulation automobile reste meurtrière pour eux”, poursuit le président de la fédération. Les lapins de garenne, s’ils sont présents sur l’ensemble du Var, ont en revanche quasi disparu dans d’autres, comme Carcès, Brignoles, Pourrières, victimes de maladies comme la myxomatose ou le VHD, qui déciment des populations entières.

Les populations de perdreaux, malgré une reproduction correcte cette année, restent très insuffisantes, même si “quelques compagnies et couples ont été aperçus” relève Marc Meisse.

Julien Dukmedjian


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