Chasse : une ouverture assombrie par l’actualité

Publié le 30 septembre 2021

Laurent Faudon, président de la Fédération départementale des chasseurs du Var, déplore que l’interdiction des chasses traditionnelles vienne assombrir l’ouverture de cette saison de chasse. © G. Lantes

Entre interdiction de chasses traditionnelles et incendie, la saison s’ouvre, ce dimanche 12 septembre, dans un contexte tendu. Mais elle n’en est pas moins très attendue par les chasseurs du département !

Au terme d’une campagne 2020-2021 contrariée par la crise sanitaire, les quelque 15 000 chasseurs du Var espéraient ouvrir cette nouvelle saison de chasse dans des conditions apaisées… Ce ne sera pour cette fois ! Comme ils le craignaient, après la suspension puis l’interdiction de la chasse à la glu, plusieurs chasses traditionnelles sont désormais mises à mal par la décision du Conseil d’État d’annuler les arrêtés ministériels qui les autorisaient, jusqu’alors, sous certaines conditions. Vent debout contre ce qu’ils considèrent être une menace pour la chasse et la ruralité, ils organisent la riposte dans le but d’obtenir leur rétablissement. “Notre ministre, Madame Pompili, est entrée au gouvernement avec une seule idée en tête : s’attaquer aux chasses traditionnelles et, à terme, abolir purement et simplement la chasse. Et puis le président Macron nous a trahis, alors qu’il s’était engagé à ne pas toucher aux chasses traditionnelles dans son discours de candidat devant le Congrès national des chasseurs, à Paris”, dénonce Laurent Faudon, président de la Fédération des chasseurs du Var. Dans le département, outre la chasse à la glu, c’est la chasse à la tourterelle des bois qui est impossible cette année, au motif que les effectifs sont trop faibles. “En respectant les quotas, qui étaient bas, cela ne posait pourtant pas de problème”, regrette Laurent Faudon.

Incendie : un désastre

L’incendie dévastateur du mois d’août vient également ternir l’ouverture de la saison. “C’est un véritable désastre qui a fait deux morts et ravagé plus de 7 000 hectares. Le paysage fabuleux des Maures est dévisagé et, malheureusement, petits et grands gibiers ont été pris au piège. On a retrouvé des sangliers calcinés, mais aussi des chevreuils intoxiqués par la fumée”, déplore le président des chasseurs varois. Ce dernier tient à remercier “les pompiers, les volontaires des Comités communaux feux de forêt, les élus locaux ainsi que les chasseurs, nombreux, qui connaissent très bien le terrain et ont aidé au mieux. En revanche, on n’a vu personne de la Fondation Bardot qui demandait une saison de chasse blanche au lendemain de la catastrophe ! Mais ils peuvent encore nous faire un gros chèque, car on va avoir besoin de moyens pour participer à la réhabilitation des espaces touchés”, lance-t-il.

Déjà, les représentants de la chasse varoise doivent aller à la rencontre des communes sinistrées, pour travailler à la reconstitution de la forêt et à la réintroduction du gibier. “Nous avons déjà travaillé avec succès, par le passé, sur des secteurs incendiés du côté de Montfort et Correns, grâce à l’éco-contribution. C’est un gros boulot pour la Fédération et les sociétés de chasse, mais nous espérons que nos partenaires traditionnels, parmi lesquels les collectivités locales et la Région Sud, seront nombreux à se mobiliser, afin de trouver les fonds nécessaires”, précise le président de la FDC 83.

Si l’actualité vient ainsi assombrir le début de saison, les chasseurs attendent l’ouverture de ce 12 septembre avec impatience. “Si la situation sanitaire ne vient pas perturber notre activité comme l’an dernier, ce devrait être une belle saison”, annonce Laurent Faudon.

Une ouverture très attendue

Du côté du petit gibier, le lièvre se porte, semble-t-il, bien dans le Var. “L’espèce se reproduit très bien, il y a peu de lâchers. Il est vrai qu’il y a moins de chasseurs de lièvres que par le passé, mais les amateurs vont pouvoir faire une belle saison”, indique Laurent Faudon.

Les chasseurs espèrent, d’autre part, que les oiseaux migrateurs viennent jusque dans le Var, en particulier grives et merles qui n’ont quasiment pas fait de passage dans le département depuis deux ans. A contrario, le cheptel de bécasses est jugé intéressant depuis quelques années.

Les populations de grand gibier, sanglier et chevreuil, sont, par ailleurs, de bon niveau. “On observe une remontée du nombre de sangliers, qui se reproduisent facilement deux fois par an, dès qu’il y a à manger et à boire. Ça monte aussi pour ce qui est du chevreuil, désormais descendu du nord du département, où il était traditionnellement présent, à cause de la problématique du loup. D’aucuns pensaient que les Maures ne lui conviendraient pas et, finalement, il s’y porte plutôt bien”, précise Laurent Faudon. La Fédération a enregistré plus de 18 000 prélèvements de sangliers et quelque 3 500 pour ce qui est des chevreuils sur l’année écoulée. Attentive aux dégâts de grand de gibier, estimés à 570 000 € pour l’an dernier, la FDC 83 incite les chasseurs à maintenir une pression de chasse appropriée, en particulier sur le sanglier. “Ce n’est pas facile, mais on est sur le terrain du 1er juin au 1er mars, comme on y est autorisé. Alors qu’on perd des chasseurs, et donc un peu de budget chaque année, le niveau de population de sangliers recommence à être élevé, et nous restons vigilants”, souligne le président des chasseurs du Var.

Le renouvellement des générations est une préoccupation majeure pour la Fédération. “En 1979, il y avait 45 000 chasseurs dans le Var. On était 15 200 l’an dernier, et on espère rester au-dessus du seuil des 15 000 cette année encore”, constate Laurent Faudon. La moyenne d’âge des chasseurs étant vieillissante, la FDC 83 s’attache à travailler auprès des jeunes. “Nous avons réussi, il y a un peu plus d’un an, à monter une association de jeunes chasseurs, présidée par Adrien Doletta, un jeune administrateur de la Fédération. Le but est de faire évoluer les mentalités, de sensibiliser aux valeurs que nous portons et de redynamiser l’activité auprès des jeunes, en leur redonnant le goût de la chasse. On peut être fier d’avoir aujourd’hui cette association de jeunes dans le Var, car c’est par eux que passe le renouveau”, apprécie Laurent Faudon.

Gabrielle Lantes

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