Coopazur : un test de semis d’enherbement par drone à suivre

Publié le 17 octobre 2022

Le couvert semé par drone en ce début de mois d’octobre fera l’objet d’un suivi attentif pendant quatre ans. © G. Lantes

À Puget-Ville, Coopazur teste un enherbement permanent semé par drone, avec un vigneron. Objectif : limiter le désherbage mécanique et favoriser la vie du sol, sans surcoût.

Ce 4 octobre à Puget-Ville, Coopazur, coopérative de fournitures agricoles, organisait une démonstration de semis d’enherbement permanent par drone, dans le cadre d’un essai lancé chez un viticulteur. Et c’est sur le vignoble de Didier Puget, vigneron coopérateur de Terra Provincia, la cave coopérative de Cuers et Puget-Ville, que s’est déroulée l’opération.

Objectif : favoriser la vie du sol et limiter les interventions

Soucieux de la vie de son sol, l’agriculteur s’est concentré ces dernières années sur la fertilisation. Dans le cadre de la démarche initiée au sein de sa coopérative, il a réalisé des apports massifs de matière organique sous forme de granulés. Il a, en parallèle, opté pour l’enherbement naturel un rang sur deux de ses vignes. La pratique implique plusieurs passages de tracteurs. Il continue ainsi à désherber sous le rang, tond l’herbe deux fois par an, et passe un coup de griffes et de rouleau avant l’écimage.

Didier Puget est aussi membre du GIEE de Coopazur, créé il y quatre ans pour accompagner la transition agroécologique sur le terrain. Le groupement rassemble une dizaine de viticulteurs du département du Var, dans une dynamique collective. D’abord axés sur la réduction des traitements phytosanitaires, les travaux engagés par les professionnels s’orientent désormais sur des thématiques plus agronomiques, notamment la vie et l’entretien des sols.

C’est dans ce cadre qu’il décide aujourd’hui de tester l’enherbement permanent, semé par drone. “Avec le drone, on sème en plein, sur toute la surface, un mélange composé à 85 % de trèfle souterrain. C’est un trèfle méditerranéen qui a la particularité de se resemer. Il pousse au printemps, sèche dès qu’il fait chaud, puis ressort et se redéveloppe avec les pluies de la fin d’été”, présente Philippe Vaginay, chargé de mission chez Coopazur. Pour Didier Puget, “l’objectif est d’arrêter de désherber le cavaillon et ne faire plus qu’une à deux tontes par an”.

L’essai est mis en place sur une surface totale d’un hectare, soit 5 000 m² sur deux parcelles en continu, l’une bien drainée, l’autre plus sèche. Sur la moitié de chaque parcelle, le semis réalisé par drone sera suivi d’un roulage, afin d’incorporer les graines au sol.

Le drone en action

Le semis est réalisé à l’aide d’un drone par un prestataire. À la manœuvre ce jour-là : Henri Joffroy, fondateur de la société ‘Drone Engineering’, spécialisée dans la captation de données aériennes et ses applications dans de nombreux domaines.

Avant toute chose, le pilote programme le plan de vol du drone, à partir de la cartographie satellite des parcelles. L’engin vole ensuite de manière automatique, en suivant les rangs.

Équipé d’un réservoir, il peut embarquer une charge allant jusqu’à 20 kg, de sorte à pouvoir intervenir dans le respect de la réglementation, sans avoir besoin d’une autorisation spécifique.

Le semis, épandu à raison de 20 kg/ha, est ensuite projeté par un semoir centrifuge sur une largeur de 6 mètres. La vitesse est réglée en fonction de la surface et de la quantité à épandre, de sorte à réaliser un semis homogène, sachant que le drone dispose d’une batterie d’une autonomie de 10 à 15 minutes. Attentif, le pilote s’assure du bon déroulement des opérations, et corrige le tir en cas de problème.

Évaluation sur du temps long

Les premières observations permettront, à court terme, de s’assurer de l’efficacité du semis. Les différentes modalités d’implantation seront ensuite comparées.

On va s’intéresser à plusieurs paramètres. On va d’abord voir ce que cela donne au niveau de l’implantation sur ces parcelles très caillouteuses, si le feuillage de la vigne gêne la dispersion du semis, si cela prend bien au pied des vignes, si la levée est bonne, comment se comporte le couvert et la façon dont il faudra le gérer...”, explique Philippe Vaginay. Le couvert, installé pour quatre ans, fera l’objet d’un suivi régulier tout au long de cette période. “C’est du temps long, il faut savoir être patient quand on met ce genre de chose en place”, souligne Didier Puget.

L’intérêt économique doit bien sûr également être évalué, afin de déterminer dans quelle mesure le coût de l’usage du drone est compensé par les économies, réalisées grâce à la réduction du nombre d’interventions de désherbage et d’entretien de l’enherbement dans les vignes.

Gabrielle Lantes


Agriculteurs et techniciens étaient réunis pour une démonstration organisée dans le cadre du GIEE créé et animé par Coopazur. © G. Lantes

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