De multiples difficultés pour les centres équestres du Var

Publié le 19 mai 2020

À La Crau, le Haras d’Obtrée va reprendre progressivement l’accueil de ses élèves.

Après deux mois de confinement et de fermeture administrative, le Haras d’Obtrée, géré par Brice Vieville, entrevoit le bout du tunnel, comme nombre de centres équestres du département.

Evoluant depuis de longues années dans le milieu équestre, Brice Vieville a repris un centre équestre à La Crau depuis maintenant deux ans. Il développe depuis, sur le Haras d’Obtrée, différentes activités entre cours d’équitation, pensions pour chevaux, préparation et accompagnement aux concours, animations, promenades... L’équitation n’est pas seulement son métier : c’est sa passion et son mode de vie.

Des activités fortement perturbées

Mais depuis le 17 mars, confinement et fermeture administrative obligent, le quotidien a été bouleversé. “Étant donné qu’une partie de l’activité est la pension pour chevaux, on a continué à travailler, en assurant en plus –  deux à trois fois par semaine – un travail de monte ou de longe, habituellement fait par les propriétaires. On a mis en place un forfait pour ce travail, en parallèle de la pension. Les cours d’équitation ont bien sûr été annulés, mais la plupart de nos membres sont mensualisés. On leur a donc demandé s’ils acceptaient d’être prélevés normalement, en reportant les séances. On a conscience que c’est loin d’être évident pour tout le monde en fonction des situations, mais une grande majorité a accepté. Cela nous a permis de maintenir une trésorerie correcte“, explique Brice Vieville. L’entreprise a, par ailleurs, perdu les recettes de coaching en concours et des stages de vacances. Le coup est dur, mais le propriétaire du Haras d’Obtrée juge ces pertes “supportables“ pour sa structure.

C’est loin d’être le cas pour tout le monde“, alerte celui qui est aussi membre du Comité départemental d’équitation du Var. “On n’a pas de données précises, mais on craint des fermetures. Certains centres se retrouvent en très grande difficulté, en particulier ceux qui fonctionnent essentiellement sur l’école d’équitation et le tourisme équestre. La spécificité de notre activité, c’est que les charges restent fixes, que les chevaux travaillent ou pas. Et la charge la plus importante c’est la nourriture. Ajoutez à ça un loyer pour ceux qui sont locataires... pour des petits centres qui fonctionnent déjà avec des trésoreries à flux tendu, on se retrouve vite dans le rouge“, souligne Brice Vieville.

La reprise à organiser

La perspective de reprise est ainsi vitale pour nombre des quelque 160 centres équestres du département. “Nos espoirs reposent maintenant sur la participation de la clientèle locale aux diverses activités que l’on pourra proposer. Beaucoup de nos entreprises sont sur des communes rurales, elles participent à l’animation des territoires et ont besoin de soutien.“

Dans ses écuries, les propriétaires de chevaux en pension ont pu faire leur retour fin avril, deux par deux, en prenant les précautions nécessaires. “C’est bien cadré“, assure le maître des lieux. Il prévoit désormais la reprise des cours d’équitation à compter du 18 mai, en respectant les recommandations de la Fédération française, et après validation des mesures par les services de l’État. Limitation des effectifs, mise en place de sens de circulation, port du masque pour les enseignants... Des dispositions qui risquent de rendre le quotidien un peu compliqué, mais indispensables à la relance de l’activité.

Gabrielle Lantes


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