Elus et producteurs mobilisés pour construire une filière PPAM

Publié le 30 novembre 2018

Démonstration de coupe avec un espieur, qui permet de ne récolter que la tête des fleurs.

En Provence Verdon, la communauté de communes accompagne la profession en vue du développement de la culture de plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Une démarche de filière territoriale qui avance pas à pas.

“Le projet est parti d’un cons­tat assez simple”, explique Arthur Dupuis Gerbal, chargé de mission de la communauté de communes Provence Verdon. “Sur certaines communes du territoire, il y a énormément de friches et pas d’irrigation. Il s’agit principalement de terres anciennement plantées en vignes, qui ont été arrachées dans les années 80. Ce sont des terres qui ne sont pas particulièrement riches, mais drainantes”, poursuit-il. C’est sur cette base, et suite à la demande d’agriculteurs, que la communauté de communes s’est positionnée pour venir en accompagnement de la profession. “Le soutien à l’agriculture est un souci majeur sur un territoire comme le nôtre, où l’activité agricole est un secteur économique important. On essaie donc de répondre aux besoins, notamment sur la formation, ou le développement de projet”, explique Bernard de Boisgelin, président de l’intercommunalité.

Un potentiel à exploiter

Autrefois, la production PPAM était relativement répandue, et chaque village du territoire avait sa distillerie. Aujourd’hui, sur les quinze communes, on dénombre une quarantaine d’hectares en production. Mais le potentiel de développement est important. Un groupe d’une dizaine de producteurs s’est fédéré autour du projet. “En tenant compte de ce que ces producteurs, ou futurs producteurs, envisagent de faire, on pourrait rapidement dépasser les 100 ha”, indique Arthur Dupuis Gerbal. Dans un premier temps, le projet se concentre sur la lavande et le lavandin pour l’extraction d’huiles essentielles, destinées principalement à la cosmétique, et aussi à la fabrication de produits d’hygiène ou ménagers. Ce projet pourra aussi concerner une plus large gamme pour la parfumerie, ainsi que les plantes aromatiques pour l’alimentaire. “Un des avantages en lavande et lavandin, c’est qu’il y a de la demande, à la fois en gros et en vente directe, majoritairement pour l’huile essentielle. C’est aussi une culture relativement simple, qui ne nécessite pas forcément beaucoup d’investissement”, souligne Arthur Dupuis Gerbal. Pour commencer, la communauté de communes s’emploie à répondre aux besoins de formation exprimés par les agriculteurs. D’ores et déjà, deux sessions ont été organisées pour présenter la filière et ses débouchés. Des visites de terrain ont aussi rassemblé techniciens et producteurs. En début d’année prochaine, la communauté de communes proposera une nouvelle formation sur la conduite culturale, qui permettra d’aborder la préparation des terres, la plantation, l’entretien, la gestion de l’enherbement, et la récolte.

Répondre aux besoins des producteurs

Récemment, la fédération départementale des Cuma est venue présenter l’utilité et le fonctionnement d’une coopérative d’utilisation de matériel agricole. “La récolte demande du matériel spécifique et coÛteux, qui permet de ramasser uniquement la tête des fleurs. Sur la lavande aujourd’hui, la coupe se fait sur prestation et le prestataire qui intervient sur le secteur arrive à saturation, d’où l’intérêt pour la Cuma. C’est un aspect déterminant, si on ne veut pas être bloqué par la suite”, explique Arthur Dupuis Gerbal.

A terme, si les surfaces prévues sont effectivement plantées, et que la filière se développe, l’idée serait aussi d’accompagner l’installation d’un outil de transformation sur le territoire, la finalité étant de construire un projet de filière de bout en bout. “Il n’y a actuellement plus de distillerie dans le Var, les producteurs sont donc obligés d’aller dans le 13 ou la 04”, précise Arthur Dupuis Gerbal. Dans cette optique, les acteurs veillent toutefois au respect des équilibres territoriaux. “Il ne s’agit pas de venir concurrencer des entités culturales plus importantes, qui existent déjà aux alentours. La demande est là, et on n’est pas sur les mêmes usages, tous les indicateurs ont été pris en compte”, garantit Arthur Dupuis Gerbal.

Pour avancer de façon pertinente et cohérente, la communauté de communes travaille en lien avec plusieurs organismes professionnels, à commencer par la Chambre d’agriculture du Var, avec laquelle elle est liée par convention pour agir sur la reconquête des espaces agricoles, le renouvellement des générations, et le soutien aux filières. L’intercommunalité est aussi en lien avec le Centre régionalisé interprofessionnel d'expérimentation en plantes à parfum aromatiques et médicinales et le Comité des plantes aromatiques et médicinales. n

Gabrielle Lantes


Autres productionsPlantes à parfum aromatiques et médicinales.