Essai de répulsif contre la mouche de l’olive

Publié le 03 octobre 2022

Oléiculteur et moulinier, Olivier Roux s’est porté volontaire pour accueillir les essais de France Olive et de la Chambre d’agriculture du Var concernant la mouche de l’olivier, sur son exploitation, à La Londe-les-Maures. © G. Lantes

En partenariat avec la start-up Cearitis, France Olive a initié un essai de répulsif olfactif contre la mouche de l’olive, chez un producteur de La Londe. Une solution qui doit encore faire ses preuves.

Si la mouche de l’olive s’est relativement faite discrète ces deux dernières années en raison des conditions météo, elle reste cependant une préoccupation cruciale pour les oléiculteurs et l’ensemble de la filière. “Attention à cette sortie d’été : c’est une période critique où les températures s’adoucissent et où les populations de mouches sont susceptibles de remonter et de faire du dégât”, alerte d’ailleurs Julien Balajas, responsable du pôle agronomie de France Olive.

Largement mobilisée sur le sujet, l’interprofession de l’olive organisait une rencontre sur les terres du Moulin du Haut Jasson, à La Londe, le 21 septembre dernier. Mené en partenariat avec la Chambre d’agriculture du Var, cette matinée visait à présenter une solution innovante mise à l’essai contre le ravageur.

Combiner les moyens de lutte pour une meilleure efficacité

Oléiculteur et moulinier, Olivier Roux, propriétaire des lieux, utilise l’argile depuis de longues années pour protéger les 5,50 hectares d’oliviers qu’il cultive en bio. La barrière minérale est appliquée à fréquences régulières, et de manière adaptée aux relevés quotidiens de piégeage réalisés au verger. “C’est efficace, mais il y a toujours quelques dégâts. Donc, tout ce qui peut aider à tendre vers le 0 dégât est intéressant”, souligne-t-il.

C’est dans cet esprit qu’il a accepté d’accueillir l’essai d’un répulsif développé par la start-up Cearitis. La jeune entreprise de solutions agroécologiques pour l’arboriculture a été mandatée par le CNRS de Dijon, afin de mettre au point une barrière olfactive associant deux acides gras.

Là où il y a une forte pression, la barrière minérale peut toucher à ses limites. En fonction aussi des pluies annoncées, si je ne renouvelle pas l’application et que, finalement, il ne pleut pas, le verger n’est plus correctement protégé. Et puis il y a des filières, comme l’olive de table, qui ne supportent aucune piqûre et qui associent d’ailleurs très souvent argile et traitement adulticide. L’idée avec le répulsif, qui ne fait pas barrière physiquement à la mouche, est de l’intégrer dans une stratégie où il est combiné à la barrière minérale. Pour éviter les piqûres et les problèmes de dalmaticose notamment”, explique Julien Balajas.

L’essai lancé cette année a ainsi été mené sur lucques et bouteillan, pour évaluer l’efficacité de la barrière olfactive développée par Cearitis. Sur deux placettes voisines d’un demi hectare chacune, l’une traitée uniquement à l’argile, l’autre avec le répulsif, la dynamique de population de mouches, ainsi que les dégâts observés sur des échantillons de 800 olives, ont été comparés. Les résultats montrent que la solution doit encore faire ses preuves.

En juin, la parcelle, où le répulsif n’a pu être utilisé qu’à partir de juillet, a fait l’objet de deux applications d’argile, comme la parcelle témoin. Deux autres ont été nécessaires au mois d’août, en raison de l’augmentation du nombre de piqûres observé, pour ne pas mettre la récolte en péril.

Des travaux à poursuivre

Au niveau du piégeage, on n’a pas vu de réelle différence concernant le suivi de population”, observe Fanny Vernier, technicienne de la Chambre d’agriculture du Var. Au niveau des dégâts, si les proportions sont similaires en début d’essai, elles augmentent finalement sur la parcelle d’essai du répulsif avec 20 % d’olives piquées, 22 % d’olives dalmaticosées et 5 % d’olives trouées au 20 septembre, contre 15 % d’olives piquées, 16 % d’olives dalmaticosées et 3 % d’olives trouées sur la parcelle témoin. Et la différence est encore plus significative sur lucques, avec seulement 40 % d’olives saines sur la partie répulsif, contre 60 % pour la partie témoin. Sur cette variété particulièrement sensible, on retrouve 23 % d’olives piquées, 29 % d’olives dalmaticosées et 8 % d’olives trouées, contre respectivement 14 %, 19 % et 7 % sur le témoin protégé à l’argile.

L’essai est donc à reconduire pour affirmer, ou infirmer, l’effet du répulsif. D’autant que la pression du ravageur est restée limitée en cette année particulièrement chaude et sèche. “C’est un produit qui mérite d’être retravaillé, car il n’a pas aujourd’hui l’efficacité espérée. On va donc poursuivre nos travaux avec Cearitis”, conclut Julien Balajas. L’entreprise travaille aussi au développement d’un attractif en vue d’associer, à terme, répulsif et
piégeage.

Gabrielle Lantes


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