Extension de l’appellation à la figue de transformation : c’est dans la boîte !

Publié le 19 janvier 2021

En attendant les premières figues de transformation AOP avec la campagne 2021, le Syndicat de défense de la Figue de Solliès a déjà ouvert un nouveau chantier sur la Haute valeur environnementale. © G. Lantes

Bonne nouvelle pour l’AOP Figue de Solliès ! La démarche d’extension de l’appellation à la figue destinée à la transformation porte enfin ses fruits.

“Cette reconnaissance en appellation d’origine protégée d’un fruit congelé et destiné à la transformation est une grande première. Par notre travail et nos investissements en commun, nous avons su faire bouger les lignes, valoriser nos savoir-faire et l’excellence de nos figues de Solliès“, se réjouit Frédéric Gandin, président du Syndicat de défense de l’AOP Figue de Solliès.

Initiée en 2012, la démarche fut longue et laborieuse, mais elle a finalement connu une issue favorable, avec la publication au Journal officiel de l’Union européenne du 2 décembre de la modification du cahier des charges. Reconnue en AOC depuis 2006, puis en AOP en 2011, la Figue de Solliès s’ouvre de nouvelles perspectives avec cette extension. Jusqu’ici, seul le fruit frais de bouche pouvait prétendre à l’appellation. Désormais, la Figue de Solliès – figue violette de la variété Bourjasotte noire, produite sur l’aire d’appellation – peut être vendue fraîche ou congelée : les figues fraîches peuvent être destinées aux fruits de bouche ou à la transformation, et les figues congelées vont uniquement à la transformation. “Cela permet aux fruits non conformes esthétiquement d’être labellisés pour la transformation“, explique Cyril Kointz, animateur qualiticien de l’Organisme de gestion (ODG).

Une nouvelle perspective, pour une filière d’excellence

Pour la filière, cette évolution vient répondre à la demande croissante des clients transformateurs, qui pourront désormais utiliser la mention ‘Figue de Solliès AOP’. Il s’agit aussi de valoriser ce débouché, tant en matière financière qu’en matière de notoriété, en renforçant l’attractivité de la production. Le tout sans rien transiger sur la qualité. “Les critères gustatifs et qualitatifs restent les mêmes“, souligne Cyril Kointz. De même, pour préserver au mieux le produit, le fruit doit être transformé dans un délai de cinq jours après expédition pour la figue fraîche, ou peut faire l’objet d’une congélation dans un délai de cinq jours après conditionnement, pour être vendu congelé. Le produit est ensuite transformable pendant un an. “C’est deux ans en général pour les produits alimentaires, mais nous avons tenu à réduire ce délai pour assurer une qualité optimale“, précise Cyril Kointz.

Pas question ainsi pour l’ODG de brader l’AOP Figue de Solliès. Le fruit d’industrie n’a ainsi rien à envier au fruit de bouche, si ce n’est son aspect visuel. Pour répondre à cette exigence, la Copsolfruit, principal distributeur de l’AOP, s’est équipée pour congeler les fruits dans les meilleures conditions. Après conditionnement, les figues sont d’abord mises de 12 à 24 heures en chambre froide, avant de passer en chambre de congélation, où la température descend à -18°C à cœur.

La filière continue par ailleurs de travailler en lien étroit avec l’Inao et l’organisme de contrôle désigné, pour répondre aux exigences d’excellence qu’elle s’est fixées. “L’ODG reste la locomotive de la démarche“, souligne Cyril Kointz.

Objectif : 800 tonnes de production

Grâce à l’extension de l’AOP, la filière vise un doublement de la production sous signe officiel. “On est actuellement sur plus ou moins 400 tonnes de figues de bouche AOP chaque année. L’objectif, c’est d’atteindre les 800 tonnes, figues de bouche et de transformation confondues, avec une répartition qui dépendra des conditions de production de chaque campagne“, indique Cyril Kointz. Si le fruit d’industrie restera moins cher que le fruit de bouche, vitrine de la filière, son prix sous appellation devrait connaître une augmentation sensible, assurant une meilleure rémunération aux producteurs et une valorisation accrue de leur engagement au sein de l’AOP.

En attendant les premières figues de transformation AOP avec la campagne 2021, le Syndicat de défense de la Figue de Solliès a déjà ouvert un nouveau chantier sur la Haute valeur environnementale. Avec le soutien de la Région Sud, l’ODG entamera, dès 2021, les importants travaux de la certification collective. Objectif : certifier la totalité des exploitations de l’appellation à l’horizon 2030.

Le syndicat s’engage aussi d’ores et déjà davantage sur la protection de l’AOP, de sorte à lutter contre les usurpations et couper court aux velléités opportunistes, qui pourraient se faire plus nombreuses sous l’effet de l’extension de l’appellation. Les autorités compétentes ont été alertées, et les acteurs de la filière sensibilisés. Les contrôles ont permis de mettre au jour plusieurs utilisations abusives, et le syndicat est prêt à se constituer partie civile, dans le cadre d’éventuelles poursuites judiciaires.

Gabrielle Lantes


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