“Faire entendre notre voix”

Publié le 01 février 2019

Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, Sylvain Audemard, secrétaire général de la FDSEA 83 et Fabienne Joly, tête de liste de la FDSEA du Var, lors de la visite de jeudi.

Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, était en visite dans le Var jeudi 24 janvier à la cave du Cellier des trois pignes et à la cave de Ramatuelle. Un déplacement prévu pour soutenir l’équipe menée par Fabienne Joly et évoquer avec la profession les dossiers agricoles importants pour le département, comme il l’explique la veille de sa venue.

Vous devez vous rendre dans le Var. Quelle est la raison de ce déplacement ?

Jérôme Despey : “Dans le département du Var, nous sommes dans une situation où, malheureusement, il n’y a pas pu y avoir d’accord entre les équipes des Jeunes agriculteurs et la FDSEA. Le but de ma visite est, bien sûr, de soutenir la FDSEA et d’encourager tous les agriculteurs à se mobiliser fortement pour les élections Chambre d’agriculture. Le message à faire passer est simple : nous sommes un syndicat responsable, qui a les pieds sur terre. Notre rôle est de porter des revendications, faire des propositions et trouver des solutions, parceque nous nous confrontons tout au long de l’année à toutes les situations que vivent les agriculteurs. Je pense notamment aux difficultés économiques, climatiques, etc. Nous souhaitons défendre l’ensemble des agricultrices et des agriculteurs, avec des valeurs fortes. Je les invite vraiment à voter, et faire voter, en faisant confiance à la FNSEA et dans le projet qu’elle porte. Nous sommes dans un moment complexe : nous avons pu voir avec le mouvement des gilets jaunes quelle était la difficulté de structurer la revendication. Il est donc important, pour nous, de démontrer aux pouvoirs publics, en votant massivement, que les agriculteurs ont encore leur mot à dire. Nous voulons montrer que nous sommes debout et que nous voulons faire entendre notre voix.”

Quels sujets pensez-vous aborder avec les agriculteurs ?

J.D. : ”Je suis là pour soutenir également la filière viticole parce qu’il y a de nombreux challenges et de nombreux défis à relever. Je souhaite pouvoir parler de la politique d’investissement avec, pour nous, la volonté forte de maintenir dans la Pac un budget et une OCM viti-vinicole spécifiques. Nous nous battons pour conserver un secteur viticole avec des mesures qui permettent d’accompagner les investissements pour chercher la compétitivité, que ce soit sur la restructuration du vignoble, l’amélioration de nos chais de vinification, de nos mises en bouteille, mais aussi en matière de promotion de nos produits. L’équipe autour de Fabienne Joly, avec l’ensemble de la filière viticole, veut porter un projet pour toutes les agricultures. J’aurai également plaisir à évoquer avec eux les grands sujets de préoccupations, que ce soit la Pac, l’OCM viti-vinicole, mais aussi la situation des horticulteurs sur la compétitivité, sur l’emploi, et aborder la question du foncier.”

L’irrigation de la vigne est-elle une solution pour lutter contre le changement climatique ?

J.D. : “C’est un élément primordial, et indispensable. D’abord, parce que l’on ne peut pas ignorer l’évolution climatique et ses impacts, principalement de la sècheresse, sur nos productions. Nous suivons de près le projet d’extension du réseau Canal de Provence, initié par les organisations viticoles, avec la SCP et la Chambre d’agriculture. Mais le réchauffement climatique nous amène également à travailler sur des cépages résistants, sur la conduite du vignoble et des différentes productions, et, dans ce domaine, la recherche est essentielle. Avec les responsables professionnels, nous aborderons la question de l’eau, en lien avec le rôle majeur que peut jouer son stockage.

Nous plaidons, au sein de la FNSEA, pour la création de retenues collinaires afin de collecter les eaux de pluie, et nous soutenons l’idée de pouvoir développer des ouvrages et des outils qui permettront, à la fois, de préserver l’eau et de l’acheminer là où elle est vitale pour l’agriculture et les territoires. C’est un sujet majeur, sur lequel nous devons nous mobiliser avec le Département, la Région, et l’État, qui doit nous permettre d’envisager des solutions beaucoup moins contraignantes au plan administratif qu’à l’heure actuelle.”

Propos recueillis par Emmanuel Delarue


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