Figue : des prévisions de récoltes en hausse pour 2020

Publié le 02 septembre 2020

La récolte 2020 s’annonce bien, avec des fruits de gros calibres.

La campagne 2020 s’annonce fructueuse pour les producteurs de figues de Solliès : ils anticipent une hausse des volumes cette année, en raison de conditions climatiques favorables et de l’extension des vergers, ces dernières années.

Entamée autour du 15 août, la récolte de la figue de Solliès se présente sous les meilleurs auspices. “Nous prévoyons des volumes de production en hausse de 20 %, avec de belles sorties de fruits et de gros calibres” se réjouit d’ores et déjà Cyril Kointz, animateur qualiticien du Syndicat de la figue de Solliès et de la coopérative Copsolfruit. Les bonnes conditions météo, marquées par des pluies de printemps abondantes, suivies d’un été chaud, ont été bénéfiques aux vergers. Les gelées de fin mars, si elles ont occasionné des dégâts localisés sur certains secteurs, comme ceux de la vallée de Sauvebonne, auront surtout comme principale conséquence de décaler les dates de récoltes dans ces zones. Le Syndicat de la figue de Solliès table cette année sur une production de 1 250 tonnes de figues AOP, contre 1 100 tonnes l’an dernier. Ces bons résultats escomptés sont en partie le résultat de la campagne de plantation réalisée ces dernières années, qui porte la superficie des vergers à 140 hectares en AOP Figue de Solliès, soit 10 ha supplémentaires par rapport à 2018 : “Une partie des arbres plantées arrivent en production” se réjouit Cyril Kointz. Confronté à une forte pression foncière et à un étalement urbain des communes de l’arrière-pays toulonnais, les producteurs de la zone de production de l’AOP ont néanmoins bénéficié du soutien de la métropole TPM (Toulon Provence Méditerranée), via son Plan de reconquête agricole. L’obtention de l’AOP, en 2011, a donné un coup de fouet à la filière, en rajeunissant l’âge moyen des producteurs, et en encourageant la plantation de nouveaux vergers ou l’extension de ceux déjà existants. “On peut en vivre à partir de trois hectares de verger minimum”, précise Cyril Kointz. 

Une certification HVE n ligne de mire

Ces prévisions de récolte à la hausse, si elles se confirment, n’avaient, il a quelques mois, pourtant rien d’évident, au vu de la pression sanitaire causée par les ravageurs, comme le charançon noir et la mouche du figuier. Une première expérimentation a été menée cette année pour se prémunir de cette dernière, via la mise en place de 12 pièges/ha “qui ont donné de bons résultats, avec plus de 500 mouches capturées ” explique Cyril Kointz. Une campagne de piégeage massif est désormais prévue. Elle sera menée dans un cadre BPE (Bonnes pratiques d’expérimentation), dès que la demande d’homologation sera acceptée, avec l’objectif de déployer 50 à 80 pièges par hectare dans les vergers de figuiers. Cette stratégie s’intègre dans une politique de réduction des traitements phytosanitaires que mène le Syndicat de la figue de Solliès, et qui se traduira dès cette automne par une démarche de conversion de l’ensemble des vergers à la HVE (Haute valeur environnementale) d’ici 2030. Rappelons que cette dernière comporte trois niveaux de certifications successifs, et s’appuie sur des indicateurs de résultats relatifs à la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la gestion de la fertilisation et de l’irrigation.

Cette politique environnementale vertueuse répond à un double objectif”, explique Cyril Kointz : “Il s’agit d’une part d’anticiper les futures normes environnementales et, d’autre part, de répondre à une demande commerciale, notamment de la grande distribution.” Cette démarche environnementale pourrait par ailleurs être prise en charge par une collectivité territoriale, ce qui a accéléré sa mise en œuvre.

La crainte du Covid

Plus que la menace que font planer les ravageurs du figuier, la première inquiétude du syndicat et de la coopérative reste toutefois le Covid. Une menace prise d’autant plus au sérieux que l’arrivée massive de touristes sur le littoral varois, et le relâchement des mesures barrières favorisent le développement de l’épidémie. 

L’implantation d’un cluster au sein de la coopérative, en pleine période de récolte et de conditionnement, serait une catastrophe, s’alarme Cyril Kointz. Pour s’en prémunir, deux saisonniers ont été recrutés, afin de mettre en place et faire respecter des protocoles sanitaires stricts (port du masque, distances de sécurité, désinfections des outils de production…). Si le nombre de salariés est encore modeste, avec une vingtaine de salariés à l’heure actuelle et jusqu’à la fin du mois, il culminera en pleine période de pointe (du 1er septembre au 15 octobre environ) jusqu’à deux équipes de 50 personnes, avec un risque de propagation du virus d’autant plus important. Concernant la main-d’œuvre saisonnière chargée du ramassage dans les vergers, le risque de transmission est plus limité, en raison des équipements individuels de sécurité portés habituellement (gants, blouses…) pour se prémunir des brûlures causées par un contact prolongé avec les feuilles ou la sève, auxquels s’ajoutera, cette année, le masque. 

Julien Dukmedjian


Figue arboriculture Solliès Copsolfruit.