Flavescence dorée : maintenir la vigilance collective

Publié le 20 mai 2021

Dans le Var, certains secteurs, comme Artigues et Rians, n’ont pas été prospectés depuis trois ans. La mobilisation collective reste donc de mise. © Fredon Paca

Toujours très présente en région Provence Alpes Côte d’Azur, la flavescence dorée n’a pas été détectée dans le Var depuis 2018. La vigilance reste toutefois de mise.

Voilà deux ans maintenant que la campagne de surveillance de la flavescence dorée – organisée et coordonnée en Paca par la Fredon, selon les directives du Service régional de l’alimentation de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Sral Draaf) – n’a pas mis en évidence de contamination dans le département du Var.

La lutte réglementée, mise en place sur le territoire national contre cette maladie incurable de la vigne, s’appuie notamment sur la prospection du vignoble. En 2020 sur le département, 1 362,50 hectares répartis sur une quinzaine de communes (Bras, Carcès, Correns, Cotignac, Entrecasteaux, Le Thoronet, Le Val, Montfort-sur-Argens, Ollières, Pontevès, Pourcieux, Pourrières, Saint-Maximin, Seillons, tavernes) ont été prospectés en secteur de Périmètre de lutte obligatoire (PLO), contre 1 810 ha en 2019, sans compter la prospection réalisée sur 4,2 ha en environnement de vignes-mères à Cotignac. Hors PLO, 500 ha (777 ha en 2019), dont 14,5 ha en environnement de vignes-mères, ont été prospectés sur les communes de Garéoult, Hyères, La Cadière d’Azur, La Celle, La Crau, La Roquebrussanne, Le Beausset, Le Cannet-des-Maures, Le Castellet, Le Luc, Saint-Cyr-sur-Mer et Tourves.

Sur les trois dernières années (2018, 2019, 2020), ce sont au total 3 100 ha de vignoble qui ont fait l’objet d’une prospection sur 26 communes en PLO, auxquels il convient d’ajouter 2 525 ha prospectés sur une cinquantaine de communes hors PLO. Dans le département, les dernières contaminations avaient été détectées, en 2018, sur Cotignac et Pontevès.

Les prospections 2020 – majoritairement réalisés par les viticulteurs sous la responsabilité d’encadrants formés spécifiquement à cet effet – ont donné lieu au prélèvement de 60 échantillons (93 en 2019), qui se sont tous révélés négatifs pour ce qui est de la flavescence dorée. 45 % se sont, en revanche, avérés être des cas de bois noir, dont les symptômes sont similaires à ceux de la flavescence.

Des modifications réglementaires à venir

Si les prospections de l’an dernier n’ont ainsi pas mis en évidence de contamination à la flavescence dorée dans le Var, la Fredon Paca attire l’attention sur le fait “que de nombreuses surfaces n’ont encore jamais été prospectées sur ce département”. Certains secteurs, comme Artigues et Rians, n’ont, par ailleurs, pas été prospectés depuis trois ans. La mobilisation collective reste donc de mise.

D’autant que les suivis biologiques de Scaphoideus titanus, la cicadelle vectrice de la flavescence dorée, montrent que cette dernière est présente sur l’ensemble des 24 communes où ont été réalisés des comptages larvaires (195 dont 5 hors Périmètre de lutte obligatoire), et des piégeages d’adultes (131 ont été effectués l’an dernier), avec des niveaux de population variables, mais assez importants par endroits.

La campagne de lutte à venir s’organisera en fonction de l’arrêté ministériel du 27 avril, qui adapte la réglementation française aux nouvelles dispositions européennes. L’arrêté national de lutte a en effet été révisé à la suite de l’adoption, par l’Union européenne, du règlement européen 2016/2031 et du règlement d’exécution 2019/2072 visant à l’harmonisation des mesures de protection contre les organismes nuisibles aux végétaux.

Celui-ci redéfinit notamment les zones délimitées qui se composent d’une zone infestée (parcelles présentant au moins un cep contaminé) et d’une zone tampon d’un rayon minimal de 500 mètres au-delà des limites de la zone infestée. Cette zone tampon “peut être étendue aux communes ou parties de communes comprises dans ce rayon, ainsi qu’aux communes ou parties de communes susceptibles d’être infestées, en fonction d’une évaluation du risque phytosanitaire réalisée par la Draaf-Sral”. La zone délimitée pourra être considérée exempte, si une prospection exhaustive montre l’absence de cep infesté pendant au moins trois campagnes de production successives. L’arrêté prévoit, par ailleurs, que l’ensemble du vignoble en zone délimitée soit prospecté, sur un maximum de cinq ans. Le texte précise que toute vigne non cultivée située à moins de 250 m d’une vigne-mère doit être arrachée par son propriétaire, ou détenteur, dans ce périmètre délimité.

La Fredon et la DGAL-Sral travaillent à la traduction du texte paru au JORF du 2 mai. Un point complet sera proposé prochainement par les autorités et l’organisme à vocation sanitaire, afin de présenter les modifications entraînées par la nouvelle réglementation.

Gabrielle Lantes

 

Contact : Fredon Paca, Sylvain Bernard, coordinateur vigne, 39 rue Alexandre Blanc, 84000 Avignon.

Tél. : 04 90 27 26 79

Sylvain.bernard@fredon-paca.fr

www.fredon.fr/paca


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