Fleurs coupées : des essais toujours dynamiques sur anémones et renoncules

Publié le 24 septembre 2019

La station de l’institut Astredhor consacre plus de 400 m² de serre aux essais sur anémones et renoncules.

Le Syndicat du centre régional d'application et de démonstration horticole (Scradh) poursuit et développe son programme d’évaluations et d’expérimentations en fleurettes, avec le souci constant de répondre aux exigences de performance et de qualité de la production.

Espèces emblématiques de la production locale de fleurs coupées, anémones et renoncules font l’objet de travaux importants au sein de la station hyéroise de recher­che et d’application horticole, depuis de nombreuses années maintenant. Un vaste programme d’évaluation variétale est notamment mené. Sur 2018/2019, 16 variétés de renoncules et 13 d’anémones ont pu être testées, avec des rendements et des niveaux de précocité très variables. Pour cette campagne, les essais variétaux seront enrichis d’une serre vitrine, qui permettra de présenter des variétés en pré-commercialisation.

Optimiser les systèmes de production

Actuellement, les essais se concentrent sur l’étude du rapport calibre/densité. “Sur renoncules, les résultats confirment que petit calibre ne veut pas dire qualité inférieure. En matière de calendrier, le gros calibre (5/7) apparaît légèrement plus précoce que le petit (3/4), logiquement planté à plus haute densité. Pour les variétés standard, on n’observe pas de différence significative sur le chiffre d’affaires et, sur les clones, l’avantage penche sensiblement vers le gros calibre”, expose Michel Mallait, conseiller de la Chambre d’agriculture, en charge du suivi de ces essais au Scradh. Sur anémones, si le calibre 4/5 apparaît plus précoce et un petit peu plus productif sur la période hivernale, le petit calibre à haute densité (3/4) présente, quant à lui, un rendement légèrement supérieur en production précoce. Aucune différence notable de qualité n’a par ailleurs été observée.

Un autre essai porte sur la préparation des griffes de renoncules. La production de renoncules étant relativement irrégulière, l’objectif de la pra­- tique est de régulariser l’offre, de valoriser les variétés tardives - mais agronomiquement très qualitatives - et de pouvoir retarder la plantation, en raison des automnes prolongés défavorables à la culture observés ces dernières années. La méthode consiste, d’une part, à préparer les griffes en pré-germination à 13°C ; et d’autre part, à les traiter au froid à 4°C, avant ou après pré-germination. “On voit que le passage au froid de la griffe permet d’obtenir une précocité à l’automne. Mais la qualité est à surveiller”, analyse Michel Mallait.

En parallèle de la poursuite de ces différents travaux, le Scradh con­duit cette saison un essai de rotation renon­cule/calla, dans le but d’optimiser les systèmes de culture hors sol de la renoncule, souvent vides pendant plusieurs mois, et ainsi obtenir un meilleur retour sur investissement. “Si le calla est aujourd’hui un marché de niche sur la Sica de Hyères, elle a l’avantage de pouvoir être plantée après la fin de la récolte de renoncules, pour une production sur juin et juillet”, indique Michel Mallait.

La biofiltration lente au banc d’essai

Autre nouveauté : le Scradh teste sur anémones et renoncules la désinfection des solutions nutritives par biofiltration lente. “Dans le cadre de la démarche co-construite par la filière, après étude de différentes possibilités, cette option nous paraît la plus adaptable à nos systèmes et nos conditions de culture”, souligne Jean-Claude Véga, président du groupement de producteurs Phila Flor et vice-président du Scradh.

Cet essai est mis en place dans le cadre d’un partenariat entre les deux structures horticoles, le fournisseur MAH et le laboratoire Agro Diagnostic pour le volet analyses. L’expérimentation est, dans un premier temps, menée sur trois variétés de renoncules et une d’anémone. “Le filtre se compose de différentes couches : du gros gravier, du gravier plus fin, et de la pouzzolane. Il existe d’autre possibilité, mais nous avons fait le choix de la pouzzolane, car la surface d’échange est plus grande. L’eau de drainage circule du haut vers le bas, en traversant lentement ces trois strates. Une fois filtrée, elle est récupérée dans une cuve de stockage pour être renvoyée sur une culture. Le filtre va fonctionner en continu 24?h/24 h et tourne sur lui-même lorsqu’il n’y a plus d’eau à filtrer”, explique le directeur du Scradh, Laurent Ronco, en présentant l’outil installé récemment. Au-delà du fonctionnement connu du système, il s’agira, pour le Scradh, d’évaluer plus précisément la technique, grâce à un suivi via des analyses minérales et physico-chimiques de l’eau, mais aussi de le calibrer au mieux au modèle anémone/ renoncule, en matière de dimensionnement, de vitesse de filtration, ou de gestion de l’arrosage entres autres facteurs. En complément de cet essai, Phila Flor assure le suivi d’un producteur équipé en biofiltration lente.

Ainsi, les travaux du Scradh visent, com­me toujours, à répondre aux attentes de la filière et à accompagner les producteurs vers une triple performance technique, économique et environnementale.

Gabrielle Lantes


HorticultureHorticulture fleur renoncules anémones Scradh Phila Flor Astredhor