Florisud : mobilisation générale pour l’horticulture varoise

Publié le 11 avril 2022

Jean-Claude Véga, président de Hyères Hortipole - Florisud, entouré de Najat El Ouadah (à g.), chargée du contrôle qualité Hortisud, et de Marie-Madeleine Bazzano, chargée de projet. © G. Lantes

Porté par l’association Hyères Hortipole, le réseau Florisud mobilise les acteurs de l’horticulture varoise au service du développement de projets de filière structurants. Parmi les projets en cours, l’évolution de la Charte ‘Qualité fleur’ est un des défis collectifs majeurs des mois à venir.

Animation de projets collectifs, démarche qualité, communication et promotion sont les piliers de l’action menée par la filière au sein de Hyères Hortipole - Florisud. “Le cœur de notre mission, c’est l’animation et la coordination de filière. Florisud est à ce titre devenu l’interlocuteur privilégié des partenaires de l’horticulture, et porte la voix de la fleur coupée et de la pépinière au sein du comité régional de filière. Nous ne dirons jamais assez combien cet outil est important pour les producteurs, pour la production de manière générale, et pour l’ensemble de la filière“, souligne son président, Jean-Claude Véga, lors de l’assemblée générale organisée mi-mars dans les locaux du Marché aux fleurs de Hyères, présentation des projets en cours à l’appui.

Entre crise sanitaire et bouleversement interne, l’année écoulée n’a pas été simple. En juin dernier, la structure a notamment dû faire face au départ simultané de ses deux chargés de mission. “On s’est retrouvé devant une sacrée complication, mais la réactivité, l’implication et la volonté de tous nous ont permis de rebondir“, explique Jean-Claude Véga. Le renforcement des synergies entre les différents organismes constitutifs du réseau est ainsi venu répondre aux défis à relever. “Une nouvelle méthode de travail nous a permis de conforter nos missions au service de la filière, et elles sont nombreuses. Cette méthode s’appuie sur la transversalité des actions, et consiste à exploiter les connaissances et compétences des structures composantes de Florisud. Elle a été mise en place dès le mois de juin, avec l’accord et le soutien de nos partenaires financiers“, poursuit le président de Hyères Hortipole - Florisud.

De nombreux projets collectifs

Parmi les nombreux projets portés par le réseau, celui de la zone horticole de La Crau : ce projet – qui vise à développer le potentiel de la production horticole locale – se concrétise aujourd’hui avec les installations de quatre premiers producteurs, dont trois en culture de pivoines et un en production diversifiée.

La production d’immortelles du Var – relancée il y a déjà sept ans, en lien étroit avec la Sica Marché aux fleurs de Hyères, la Chambre d’agriculture du Var et le Scradh Astredhor Méditerranée, pour répondre à la demande de l’Occitane – se poursuit. L’an dernier, 336 000 tiges ont été fournies à l’enseigne, qui a renouvelé le contrat d’approvisionnement pour deux années supplémentaires.

Fort de l’expérience acquise dans le cadre de ce projet, Hyères Hortipole - Florisud travaille aujourd’hui avec le Conservatoire méditerranéen partagé sur un programme appelé ‘Histoires de fleurs’, dont le but est de sauvegarder des espèces horticoles qui ne sont plus cultivées actuellement, ainsi que les savoir-faire associés.

Le réseau continue par ailleurs de porter le projet d’IGP ‘Fleur du Var’, appelée à valoriser et protéger l’origine de différentes espèces emblématiques de la production de fleurs coupées du département. “C’est une belle ambition, importante pour la filière, que l’on a hâte de pouvoir promouvoir“, défend notamment la présidente de la Chambre d’agriculture, Fabienne Joly.

La notion de durabilité à intégrer dans la démarche qualité

Enfin, la démarche qualité – initiée par la filière dès 1999, avec la création de la marque Hortisud – reste un axe essentiel de l’action du réseau. “La marque commerciale a lancé le mouvement, avec un cahier des charges sur la qualité et la tenue en vase. En 2006, l’obtention de la Charte ‘Qualité fleur’ a rajouté les volets traçabilité et contrôle indépendant et, en 2015, le label ‘Fleurs de France’ est venu s’adosser à cette démarche, en renforçant la communication sur l’origine du produit“, rappelle Marie-Madeleine Bazzano, nouvelle chargée de projet pour Florisud.

Il va désormais falloir intégrer la notion de durabilité à cette démarche qualité. “Aujourd’hui, l’interprofession Val’Hor fait évoluer le référentiel ‘Fleurs de France’, pour assurer l’origine mais aussi se saisir d’autres critères répondant aux attentes sociétales. La Charte ‘Qualité fleur’ va donc évoluer pour devenir Charte ‘Qualité fleur durable’, CQFD, afin de garantir l’origine du produit, mais aussi s’intéresser à son impact socio-environnemental“, explique la technicienne. “Analyse de sol, cahier de traitement, plan de fumure, tout ça aura son importance. La question de l’eau prend aussi de plus en plus d’ampleur. Il faut montrer que l’on s’engage et il faut pouvoir le prouver. Florisud et ses partenaires sont là pour accompagner les producteurs“, poursuit-elle.

Quand ? Comment et à quel prix tout ça va se faire ? La production et la filière doivent se saisir dès maintenant de toutes ces questions. Nous avons déjà accueilli, le 23 septembre dernier, le président de Val’Hor et son équipe, pour leur exposer nos spécificités locales. Il faut maintenant que les producteurs s’emparent de ce dossier essentiel à l’avenir de notre horticulture. C’est le gros chantier de l’année à venir car, pour continuer à utiliser le bloc ‘Hortisud Fleurs de France’, nous devons répondre à la demande de la société“, insiste Jean-Claude Véga.

L’heure est donc à la mobilisation générale pour la filière, qui peut compter sur le soutien de ses partenaires. “L’agriculture en général est essentielle pour notre région, notre département, comme pour la Métropole Toulon Méditerranée (TPM, ndlr), où l’horticulture est importante. Et, bien sûr, il faut accompagner le développement de l’activité horticole, qui est une formidable image de marque“, assure Hervé Stassinos, maire du Pradet, vice-président de TPM et conseiller régional.

Il est crucial de savoir rassembler les forces et les compétences, comme le fait Hyères Hortipole. Il me semble que, grâce au travail mis en place de longue date par la filière, nous avons pu aujourd’hui gagner quelques batailles. On est reconnu sur la qualité de nos fleurs, de notre communication. Les producteurs, même s’ils ont ‘’morflé’’, ont su avancer et il faut continuer sur la durabilité, sans quoi nous serons balayés“, défend Michel Gueirard, président du Marché aux fleurs, en conclusion.

Gabrielle Lantes

 


HorticultureHyères Hortipôle - Florisud Charte 'Qualité fleur' Jean-Claude Véga