Groupama Méditerranée : avancer collectivement sur le risque climatique

Publié le 17 août 2021

À l’initiative de Groupama Méditerranée, une réunion était organisée, le 20 juillet, dans les locaux de la Chambre d’agriculture à Vidauban, afin d’échanger avec les représentants de la profession agricole dans le Var (@ G. Lantes).

Alors que la plupart des assureurs se désengagent de la couverture 'Multi-risques climatiques', Groupama veut trouver des solutions avec la profession, pour continuer à soutenir les exploitants face à la récurrence des aléas.

Alors qu’assureurs et agriculteurs attendent beaucoup de la réforme de la gestion du risque climatique en agriculture, les responsables de Groupama Méditerranée ont souhaité rencontrer syndicats agricoles et organisations viticoles du Var, le 20 juillet dernier, pour faire le point sur les perspectives d’évolution de l’assurance 'Multi-risques climatiques' (MRC). Pour les deux parties, la réforme ne s’est déjà faite que trop attendre. "Le système des calamités agricoles est obsolète depuis 30 ans, les agriculteurs qui ne sont pas assurés ne sont pas contents ; ceux qui le sont ne sont pas contents ; les assureurs ne sont pas contents. Le système assurantiel ne convient à personne, et il nous tombe une catastrophe sur la tête tous les ans", résume Sylvain Audemard, président de la FDSEA 83 et vice-président de la Chambre d’agriculture du Var. Pour le représentant du syndicat majoritaire, comme pour le président de la Coordination Rurale 83, Max Bauer, aucune filière ne doit être oubliée.

Un système à équilibrer

"La MRC Groupama est bien implantée dans certains territoires, et historiquement moins dans d’autres, comme dans le Var. Nous tirons la sonnette d’alarme depuis une bonne dizaine d’années maintenant. Et, depuis cinq ans, pour 100 euros encaissés, nous en sortons 140. Aujourd’hui, quasiment tous les assureurs – qui ont très peu d’appétence pour le risque climatique – se sont désengagés sur le sujet. Nous ne sommes plus que deux, proches du monde agricole, à proposer une solution. Mais même avec la meilleure volonté du monde, on ne peut pas continuer dans les conditions actuelles. Ce n’est pas possible. Alors Groupama tient à maintenir son soutien, on sera là. Mais il faut absolument que l’on rééquilibre le risque", expose Jean-Pierre Constant, président de la caisse régionale Groupama Méditerranée.

"C’est un risque que l’on ne peut pas assumer seul. On est, en la matière, sur un système de réassurance au niveau national et international. Rien de très classique, mais ce sont des mécanismes complexes", poursuit Romain Tanguy, directeur général de la caisse régionale de l’assureur mutualiste. Avant de poursuivre : "Les réassureurs nous demandent des garanties et l’ACPR, Autorité de contrôle de l’assurance, nous interpelle aussi sur le déséquilibre du risque climatique. Alors nous travaillons, d’une part, sur la co-réassurance, pour mieux en négocier les coûts ; et d'autre part, nous discutons avec le gouvernement sur la réforme et les futurs seuils d’intervention de l’État. Mais nous devons aussi, dès l’an prochain, faire évoluer notre produit".

Des conditions qui évoluent dès 2022 chez Groupama

Plusieurs modifications devraient ainsi entrer en vigueur l’an prochain chez Groupama Méditerranée. À commencer par la fin de l’assurance des compléments de rendements. Les franchises devraient également évoluer. Sur le gel, où elles étaient relativement basses, le minimum va être remonté à 25 % à compter de 2022. La franchise tous aléas, en revanche, à 25 % dans la plupart des cas, passerait à 20 %. La franchise grêle serait, quant à elle, maintenue à 10 %. En complément de ces évolutions, des ajustements forfaitaires seront apportés. "Au regard de ces modifications, pour certains, les tarifs seront à la hausse, pour d’autres, ils seront à la baisse", explique Romain Tanguy.

Par ailleurs, dans l’attente des prises de position de l’État, les nouvelles souscriptions en carence d’apports seront suspendues. Augmentation de tarifs et rehaussement de la franchise pourront, d’autre part, être envisagés sur ce produit à l’avenir. "Sur la carence d’apport, le rapport est de 100 euros perçus pour 300 versés. Ce déséquilibre n’est pas viable. On a besoin d’y voir plus clair sur ce que décideront les pouvoirs publics, afin d'envisager les solutions pour continuer", indique Romain Tanguy.

Des éléments attendus pour la rentrée

Si, pour la profession agricole, les modifications annoncées peuvent nuire à l’attractivité de la MRC, pour André Daziano – viticulteur et président de la fédération Groupama du Var – "ne pas s’assurer aujourd’hui face à la récurrence des aléas peut être un vrai faux pas pour l’entreprise. On le voit en viticulture : 90 % des contrats sont des contrats toutes options. C’est que les agriculteurs, chefs d’entreprise qui investissent, et emploient, y trouvent leur compte", défend-il. "La base pour un assureur, c’est d’élargir le nombre d’assurés, pour mieux supporter le risque. Aujourd’hui, le coût annuel de la MRC à l’hectare c’est celui d’un traitement, soit 150 euros, ça vaut le coup. Et c’est ensemble qu’on pourra avancer", insiste Jean-Pierre Constant.

Un courrier présentant les conditions applicables 2022 sera envoyé, en septembre, aux sociétaires de Groupama. D’autres évolutions pourraient intervenir, en 2023, en fonction des décisions du gouvernement. Le député Frédéric Descro-
zaille – en charge du groupe national de travail sur la gestion des risques climatiques et l’assurance récolte – a remis son rapport au ministre de l’Agriculture, le 26 juillet. Dans le prolongement des travaux menés, le gouvernement prévoit de présenter son projet de réforme à la rentrée. 

Gabrielle Lantes


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