IGP Var : Des cépages résistants bientôt expérimentés

Publié le 27 février 2019

La récolte 2017 est la plus faible enregistrée, avec à priori 228 000 hectolitres.

L’assemblée générale du Syndicat des vignerons du Var s’est déroulée le 14 février, à Correns. Les faibles volumes enregistrés à l’issue de la campagne 2017/2018 ont conduit le syndicat à restreindre ses dépenses et augmenter les cotisations. L’introduction de cépages résistants, destinés à réduire la pression phytosanitaire, a également été validée.

“Cette année aura été marquée par des événements qui auront impacté de façon conséquente la récolte. Cela nous amène à nous interroger sur les évolutions nécessaires de notre viticulture.” À l’heure du bilan, Éric Paul, le président du Syndicat des vignerons du Var, n’a pas tergiversé pour résumer la crise que traversent ses adhérents depuis deux ans. Et c’est un tableau sombre qu’il a retracé dans son rapport moral, prononcé lors de l’assemblée générale du syndicat, jeudi dernier à Correns. “La récolte 2017 est la plus faible enregistrée en IGP, avec à peine un peu plus de 220 000 hectolitres. C’est un doux euphémisme que de dire que les conditions climatiques rencontrées ont été désastreuses. Deux épisodes de gel de forte ampleur en avril 2017, suivis d’une période de sécheresse, ont réduit à néant la récolte de nombreux vignerons”, a résumé le président du Syndicat des vignerons du Var. Avant de rappeler que “la campagne 2016 avait marqué un retour à la ‘normale’ quantitative avec 346 000 hl, con­tre 221?000 hl déclarés en récolte, soit une perte de 40 % des volumes produits !”.

“Ces résultats ont eu un lourd impact sur l’activité commerciale”, a pointé le président. D’autant que le choix de “privilégier la clientèle de ‘conditionnés’ (caveaux et ventes locales, ndlr)” s’est effectué au détriment des ventes en vrac au marché français ou à l‘export. “Nous risquons de perdre certains marchés définitivement : nos clients finiront par remplacer nos vins par ceux d’autres régions”, a alerté le président du syndicat. Cette situation est d’autant plus préjudiciable, selon lui, “qu’avec les niveaux de prix constatés en IGP Var et avec des rendements corrects, cette production peut être rémunératrice“.

Des comptes plombés par la faiblesse des volumes

Les prix moyens constatés des vins IGP Var rosés vendus en vrac sur la campagne 2017/2018 “sont en augmentation sensible par rapport à la précédente”, passant de 91,02 €/hl à 123,7 €/hl, “et que le début de la campagne 2018/2019 est sur la même tendance haussière”, avec des cours moyens à 140?€/hl. “Ces niveaux de prix n’ont jamais encore été atteints, et le cours du vrac des IGP Var rosé est parmi les plus hauts constatés en France.” Cette con­joncture favorable ne compensera toutefois qu’en partie la faiblesse des volumes de la récolte 2018 en IGP. La pluviométrie exceptionnelle enregistrée au printemps dernier et l’absence de mistral, en succédant à un hiver doux et humide, a en effet favorisé le développement fulgurant du mildiou. “Son impact sur la production a été très variable, mais certains ont perdu jusqu’à 80 % de leur récolte”, a rappelé Éric Paul. Au final, la récolte 2018 en IGP, si elle affiche une hausse de 20 % par rapport à l’année N-1, s’achève sur une baisse de 20 % par rapport à la moyenne quinquennale. “L’année risque d’être délicate pour notre ODG qui a déjà dû faire face à une campagne budgétaire 2017/2018 catastrophique”, plombée par un déficit de près de 22 000 €, s’est alarmé le président du Syndicat des vignerons du Var. D’autant que le résultat de l’exercice 2018/2019 devrait également être déficitaire, a prévenu Jacques Bonhomme, le trésorier du syndicat.

Pour sortir de l’ornière, ce dernier a annoncé “une réduction drastique des charges pour l’exercice en cours”. La communication est le principal poste budgétaire visé, avec une enveloppe dédiée de 46?000 € en 2017/2018, contre 114?500 € pour l’exercice précédent. Le ‘Concours des soleils’ a ainsi été maintenu, sous une forme allégée. Une campagne d’affichage estivale et d’insertions publicitaires a en revanche été supprimée. Idem pour le partenariat avec le RCT (soirée des partenaires et coffrets), lui aussi non reconduit a annoncé Éric Paul. Une augmentation des cotisations ‘promotion’ et ‘contrôle’, portées à 0,70 €/hl, a par ailleurs été validée lors de l’AG.

Julien Dukmedjian


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