Installation - Transmission : informer et accompagner la dynamique

Publié le 30 novembre 2021

Le forum installation - transmission permet aux candidats à l’installation, élèves d’établissements agricoles ou futurs cédants de s’informer et d’être accompagnés dans leurs projets. © G. Lantes

Le 18 novembre au LEAP de Saint-Maximin, le forum installation - transmission a été l’occasion, pour de nombreux porteurs de projet, d’aller à la rencontre des différents acteurs du réseau agricole.

Après une dernière édition 100 % en ligne, pandémie oblige, le forum installation transmission a pu accueillir de nombreux étudiants en cursus agricole et porteurs de projet en quête d’informations. Fidèle au rendez-vous organisé par la Chambre d’agriculture et le Syndicat des Jeunes agriculteurs du Var (JA 83), une vingtaine d’organisations professionnelles et de structures partenaires de l’agriculture a renseigné les visiteurs sur les différentes étapes de l’installation et de la transmission.

La synergie est essentielle sur un sujet aussi crucial. Et ce forum s’avère réussi. Beaucoup de jeunes, ainsi que des moins jeunes, sont venus trouver des renseignements et des contacts“, apprécie Rémi Gautier, vice-président des JA 83. “L’installation, c’est un moment où toutes sortes de problématiques – sociales, économiques, foncières, administratives – s’entrecroisent. Le parcours peut être long et complexe. Il faut y croire, être bien préparé et bien accompagné. On voit, grâce au forum et au travail réalisé par le Point accueil installation et transmission (PAI), qu’être bien conseillé n’est pas forcément coûteux, alors il ne faut pas hésiter“, poursuit le jeune agriculteur.

Et les candidats à l’installation sont, semble-t-il, plus nombreux depuis les confinements. “Il y a eu un effet post-Covid, avec beaucoup de demandes de primo-porteurs de projet, après le premier confinement en particulier. Reste à savoir si ce sont des gens que l’on reverra par la suite“, observe Vincent Arcusa, responsable de l’ADEAR du Var. Le foncier reste une problématique centrale. “Du coup, il y a beaucoup de projets de maraîchage sur petite surface. On voit aussi pas mal de projets en poules pondeuses. Le frein du foncier a un effet filtre“, précise-t-il. Dans le flux des porteurs de projet, de nouvelles demandes montent en puissance, avec en particulier des candidats intéressés par la création d’une production locale de CBD (cannabidiol), alors que la France est sur le point de légaliser l’activité.

Diversité et diversification

Les constats sont similaires du côté du Point accueil installation de la Chambre d’agriculture. L’an dernier, et malgré la crise, la structure a accueilli 261 nouveaux porteurs de projet en entretien individuel (dont 44 % en distanciel), contre 315 en 2019. Depuis le début de l’année 2021, l’activité est particulièrement dynamique, avec déjà plus de 320 personnes reçues. Les tendances des dernières années en matière de profil restent d’actualité. “On voit toujours des profils très variés, venant d’horizons divers, souvent en reconversion professionnelle et très majoritairement non issus du milieu agricole“, indique Clélie Barral, animatrice du PAI. Pour l’année 2020, les projets hors cadre familial sont toujours plus nombreux et représentent 85 % des projets. 75 % ne sont pas issus du milieu agricole et parmi les 34 % de porteurs de projet qui le sont, moins de la moitié envisage une installation dans le cadre familial, d’une part. Le niveau de formation est, d’autre part, de plus en plus élevé, et près d’un tiers des personnes accueillies est titulaire d’un diplôme agricole.

Pour ce qui est des projets, la tendance est à la diversité, à la pluriactivité et à l’agriculture raisonnée. Le maraîchage diversifié arrive en tête des productions envisagées, suivi par la viticulture, l’élevage de volaille, les plantes à parfum, aromatiques et médicinales, l’élevage caprin et l’arboriculture. L’horticulture connaît également un certain essor, avec quelques projets en rose de mai, immortelle ou jasmin par exemple. Élevage porcin, bovin viande, spiruline, safran, pépinière, héliciculture ou même champignons, canards gras ou canne à sucre – atypiques dans le département – figurent aussi parmi les projets recensés par le PAI. Chanvre et CBD font aussi l’objet de sollicitations ces derniers mois. Dans plus d’un tiers des cas sur l’année 2020, les porteurs de projet prévoient une production secondaire ou une activité agritouristique.

40 % des projets sont envisagés en agriculture biologique. En conventionnel, bon nombre visent toutefois une production sans intrants chimiques, sans vouloir passer le cap de la certification, par souci du coût ou des contraintes administratives. “La transition écologique est bien sûr importante pour les agriculteurs qui travaillent avec la terre et la nature. Mais il faut pouvoir mettre le principe en pratique, et tout le monde ne peut pas s’adapter à ce mouvement fort de transition de la même façon“, estime Rémi Gautier, pour JA 83.

On demande beaucoup à l’agriculture, et la formation est essentielle au parcours professionnel. Tout comme le conseil et l’accompagnement à l’installation, qui participent à créer des filières fortes et porteuses, attachées à la qualité du produit et de l’environnement“, souligne pour finir la présidente de la Chambre d’agriculture du Var, Fabienne Joly. En rappelant que le département, entre certification en agriculture biologique et certification Haute valeur environnementale, est exemplaire en la matière.

Gabrielle Lantes


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