Intempéries : 6 000 m² de serres détruits à Hyères

Publié le 29 septembre 2020

La mini-tornade destructrice – qui a touché le site de production de Dynavert, à l’Ayguade – a laissé derrière elle un saisissant paysage de désolation. (photo : DR)

Un des sites de production de Dynavert a été frappé de plein fouet par une mini-tornade, lors des intempéries du week-end dernier. L’entreprise – qui produit des plantes en pots – accuse de lourds dégâts matériels.

Le phénomène n’est malheureusement pas une première dans la cité des palmiers, où un aléa du même type avait touché plus d’une vingtaine d’exploitations agricoles en novembre 2017, sur les quartiers de l’Almanarre et du Palyvestre. Cette fois, c’est du côté de l’Ayguade que d’importants dommages ont été signalés.

Il n’était pas tout à fait 1 h 30 du matin ce dimanche 20 septembre, quand une trombe marine est entrée dans les terres. “C’est une mini-tornade qui s’est formée sur la mer, parce que l’eau est encore bien chaude. Elle est vraisemblablement venue des salins. Ça a été très court, à peine une trentaine de secondes, mais les dégâts sont considérables”, explique Philippe Vaché, associé cofondateur de Dynavert, entreprise de plantes en pots installée sur trois sites de production à Hyères.

Non loin du Scradh et de l’antenne de la Chambre d’agriculture, Dynavert compte 14 000 m² de serres dont 6 000 m² ont été littéralement soufflés.
Les vents violents et tourbillonnants ont détruit les verres et vrillé la structure métallique de l’installation, laissant derrière eux une scène apocalyptique d’arbres couchés et de verre éclaté.

Un chantier colossal

Hyperlocalisé, l’aléa est resté concentré sur un périmètre limité, même s’il a aussi arraché des tunnels plastiques sur l’exploitation maraîchère voisine de la famille Caturegli. Les serres touchées étaient vides, et les plantes en production sur une autre partie du site ont été épargnées. Mais la catastrophe entraîne néanmoins de graves pertes matérielles pour Dynavert. “La structure étant touchée, c’est a priori 6 000 m² de serres qu’il va falloir détruire. Sans compter la surface extérieure souillée par le verre brisé, emporté jusqu’à plusieurs centaines de mètres plus loin. Il y en a pour des semaines, peut-être des mois de nettoyage, et cela va forcément bouleverser le planning de production”, estime Philippe Vaché. Dès le dimanche après-midi, les services municipaux ont aidé à libérer les accès et mis des bennes à disposition. Mais le chantier est colossal.

En 2014, on avait eu les inondations puis la grêle. Là, on sort à peine du confinement qui nous a fait aussi beaucoup de mal… On aimerait bien avoir une vie affreusement banale”, désespère Philippe Vaché. Il tient pourtant à rester positif : “Après, tout le monde va bien : on a un salarié qui loge à proximité qui a eu une peur terrible, mais il n’y a pas de blessé”.

S’il pense déjà à la reconstruction, il sait qu’elle sera longue et qu’elle ne se fera pas à l’identique. “On va reconstruire, mais ça va prendre énormément de temps. Et puis, on va réfléchir à un changement de modèle et peut-être s’orienter vers du plastique, en tout cas quelque chose de moins lourd et de moins risqué pour l’entreprise et pour les salariés. Mais pour ça, il va falloir que l’on soit accompagné financièrement et au niveau assurantiel. L’État doit nous aider à intégrer ces aléas dans des schémas différents”, plaide le producteur, également président du Syndicat agricole et horticole de Hyères. 

Gabrielle Lantes

 


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