Jean-Christophe Giol, conchyliculteur et ostréiculteur à La Seyne-sur-Mer

Publié le 05 mai 2020

Jean-Christophe Giol, conchyliculteur et ostréiculteur à La-Seyne-sur-Mer, réfléchit à la mise en place d’un système de livraison, à compter du mois de juillet.

Diversification obligatoire

À La-Seyne-sur-Mer comme ailleurs, le discours d’Emmanuel Macron et l’annonce des mesures de confinement, le 14 mars, a pris de court Jean-Christophe Giol, conchyliculteur et ostréiculteur : “Pour tous les clients et les confrères, cette nouvelle à fait l’effet d’un coup de massue !“ Il faut dire qu’il réalise environ 75 % de son chiffre d’affaires avec le secteur de la restauration. “Autant dire que la décision de fermer les restaurants a été un gros coup dur, pour moi comme pour nos clients, auxquels je me vois mal demander le paiement des factures de février et de mars, surtout que la plupart sont devenus des amis, au fil du temps“, reconnaît-il aujourd’hui volontiers.

L’ostréiculteur a fait le choix de se positionner, avec son épouse, sur le marché du haut-de-gamme, avec des produits très qualitatifs. “Nous avons d’ailleurs remporté, cette année, notre quatrième médaille d’or au Concours général du Salon de l’agriculture.“ Donc, le confinement l’a obligé à repenser, dans l’urgence, sa stratégie commerciale, en développant la vente directe sur son point de vente. “Nous conservons une clientèle d’habitués qui vient nous acheter des huîtres ou des moules pour se faire plaisir. Mais, avec la limitation des déplacements, nous avons enregistré une baisse de chiffre d’affaires de 70 %.“ Un coup d’arrêt difficile à encaisser d’autant que, pour la filière, “cette crise arrive au plus mauvais moment, pour deux raisons“ : d’une part, le week-end de Pâques équivaut pour ses acteurs à un petit Jour de l’an, “où nous réalisons de très bonnes ventes. Cela donne une idée du désastre...“. Sans compter que cette date coïncide également avec le démarrage de la saison estivale, pour les restaurants de la région.

Seconde raison : les huîtres étaient arrivées à maturité dans les parcs. “Si nous ne les vendons pas maintenant, elles grossissent et atteignent une taille qui ne correspond plus au goût des consommateurs“ qui préfèrent, pour 80 % d’entre eux, des n°3. Si elles ne sont pas commercialisées rapidement, elles seront invendables ou à un prix divisé par deux ou trois... “Même la grande distribution, qui nous en commandait habituellement, a réduit ses commandes de 70 à 80 %. J’ai donc dû placer en chômage partiel six collaborateurs et me diversifier“, détaille l’ostréiculteur. Il a donc remis en service ses deux bateaux de pêche et ses filets, “pour attirer une nouvelle clientèle à qui je propose du poisson extra-frais“ : rougets, dorades, sars, liches et bientôt du thon, dès que la saison débutera.

Mais là comme ailleurs, les questionnements sont nombreux : “Nous sommes dans l’expectative pour la suite : nous attendons la décision, par le gouvernement, de la réouverture des restaurants. En parallèle, je réfléchis à la mise en place d’un système de livraison, à compter du mois de juillet. La seule bonne nouvelle, c’est que j’ai pu trouver du ciment – ce qui était devenu compliqué avec la fermeture des grandes surfaces de bricolage -, pour fixer les naissains et préparer le renouvellement dans mes parcs à huîtres“.

Julien Dukmedjian


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