Jérôme Despey à l’écoute des filières varoises

Publié le 01 juin 2021

Entre Hyères et Cuers, Jérôme Despey a pu rencontrer et échanger avec des représentants des filières horticoles, maraichères et viticoles, comme ci-dessus dans les locaux de la coopérative Terra Provincia (© DR).

En déplacement dans le Var le 16 mai, le secrétaire général de la FNSEA a fait le point avec les agriculteurs du syndicat départemental sur les dossiers en cours et les attentes des producteurs.

“Il est essentiel pour les élus nationaux, dont je fais partie, d’être au contact des équipes départementales, aux côtés des agricultrices et des agriculteurs, pour écouter, échanger et relayer les préoccupations du terrain“, apprécie Jérôme Despey à l’occasion de son déplacement dans le Var, ce 19 mai. 

Le secrétaire général de la FNSEA a notamment profité de la visite du préfet du Var sur le site de la Sica MAF (voir p 3) pour échanger avec les acteurs de la filière horticole. “Je suis heureux de voir le dynamisme et l’organisation de cette filière, qui a pourtant subi d’importantes difficultés lors du premier confinement, et qui s’est battue sans baisser les bras pour relancer l’activité“, souligne Jérôme Despey. “Avec Christiane Lambert (présidente de la FNSEA, ndlr) et Marie Levaux (présidente de la FNPHP, ndlr), nous nous sommes aussi battus au niveau national pour que les fleurs soient considérées comme des produits essentiels car, derrière les fleuristes et les distributeurs spécialisés, il y a des producteurs. L’horticulture est partie prenante de l’agriculture. On a trop souvent l’impression que les productions spécialisées sont le parent pauvre des politiques agricoles et, pour la FNSEA, il faut prendre en compte toutes les agricultures, toutes les filières, y compris les productions spécialisées, telles que l’horticulture varoise“, poursuit le représentant de la FNSEA. 

Parmi les nombreux dossiers évoqués au cours de la visite qui a conduit Jérôme Despey et les représentants de la FDSEA du Var du Marché aux fleurs à l’exploitation maraichère d’Hervé Caturegli à Hyères, puis à la rencontre des vignerons coopérateurs de Terra Provincia, qui réunit les caves coopératives de Cuers et Puget-Ville, la question du foncier a notamment largement occupé les discussions. Le secrétaire général de la Fnsea découvrant notamment le Plan départemental de reconquête agricole initié par la Chambre d’agriculture du Var et saluant le caractère innovant de la démarche, qui permet de mettre des outils à disposition des agriculteurs et des collectivités.  En plus de l’urbanisation, le Var est confronté à de nombreux zonages réglementaires, et tout ça est très compliqué. Il faut pouvoir déverrouiller le carcan administratif pour installer des jeunes et agrandir des exploitations“, plaide-t-il, en s’engageant à attirer l’attention du ministre de l’Agriculture sur le plan de reconquête varois.

Foncier, aléas et changement climatique au centre des échanges

La réforme de l’assurabilité de l’agriculture a, d’autre part, nourri les échanges. “L’assurance récolte est chère, sans être efficace, et on s’aperçoit qu’il ne reste pas grand-chose dans les caisses des calamités agricoles, on espère que ça va bouger. On demande aussi le déplafonnement de la dotation pour aléas qui a été ouverte pour ceux qui sont au réel“, défend Sylvain Audemard, président le FDSEA du Var, qui dénonce notamment le manque de prise en compte des productions à valeur ajoutée du département dans les barèmes des calamités agricoles. “Il y a aujourd’hui des freins à lever, comme les moyennes olympiques qui ne sont pas tenables quand vous êtes multi-sinistrés“, abonde Jerôme Despey.

Dans le même esprit, face aux effets du changement climatique et la multiplication des aléas, “on a besoin de sécuriser les approvisionnements et d’assurer la diversification“, ajoute Jérôme Despey. “On le voit dans ce département, chaque année il faut faire face à des aléas, que ce soit le gel, la grêle ou les inondations. On a besoin de mieux protéger nos exploitations et de prévenir les risques liés au changement climatique. Pour ça, il faut des moyens d’investissement, et nous y travaillons avec le Plan de Relance“, indique-t-il.

Egalement président du Conseil spécialisé vin de FranceAgrimer, Jérôme Despey n’a évidemment pas manqué d’aborder la situation des marchés viticoles. “La viticulture a souffert de la crise sanitaire, mais il y a une lueur d’espoir avec la réouverture de la restauration hors domicile et le lancement de la saison touristique, qui est particulièrement importante en région Paca et dans le Var. Et puis, il y a le préjudice subi avec les taxes Trump qui ont été suspendues après de longs mois. Nous travaillons à la sortie de ce conflit, qui n’est pas le nôtre, mais celui de l’aéronautique, pour qu’il n’y ait pas de taxes supplémentaires“, commente-t-il à ce chapitre.

Tous ces sujets sont d’autant plus importants à l’heure où l’on travaille sur l’autonomie alimentaire. Les agriculteurs ont répondu présent tout long de la crise de covid. Maintenant que l’on va, je l’espère, vers de jours meilleurs, il faut pouvoir privilégier nos productions de qualité et de proximité“, insiste Jérôme Despey.

Pour clore son déplacement dans le Var, Jérôme Despey s’est par ailleurs rendu sur la tombe de Laurent Grimaud où une plaque a été déposée, en hommage au jeune secrétaire général de la Fdsea 83, décédé début mai. “Nous avions organisé cette journée ensemble, et je tenais à être présent pour faire honneur à sa mémoire et à son action en faveur de l’agriculture de son département. La grande famille agricole est là pour soutenir son épouse, ses enfants, sa famille“, conclut –t-il. 

Gabrielle Lantes


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