La FNSEA en visite dans le Var

Publié le 25 juillet 2022

Les membres du conseil d’administration de la FNSEA ont visité l’entreprise de la famille Morféa, à Puget-sur-Argens. © G. Lantes

Début juillet, la FDSEA du Var accueillait un conseil d’administration décentralisé de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles. L’occasion d’échanger sur les nombreux enjeux agricoles du territoire départemental.

Chaque année au mois de juillet, la FNSEA réunit son conseil d’administration dans un département différent. C’est dans ce cadre que les administrateurs nationaux du syndicat agricole majoritaire avaient rendez-vous dans le Var, le 6 juillet dernier.

Venus des quatre coins de France, les élus ont ainsi pu échanger avec leurs homologues varois, sur les perspectives et les problématiques de l’agriculture du département. “C’est l’occasion de se rencontrer, d’échanger, de découvrir un territoire, son histoire, ses difficultés, ses atouts, ses réalisations et ses projets”, apprécie Christiane Lambert, présidente la FNSEA.

Tour d’horizon des enjeux agricoles

La visite de l’exploitation de la famille Morféa – spécialisée dans la production de jeunes pousses, à Puget-sur-Argens depuis les années 90 – a permis d’éclairer différents enjeux. À commencer par la problématique des inondations. “Le problème, ce n’est pas l’eau, qu’on sait gérer. La problème, c’est qu’entre le changement climatique et l’urbanisation, il pleut beaucoup en peu de temps, et avec tout le béton environnant, l’eau arrive plus vite et plus fort”, résume Stéphane Morféa, gérant des ‘Maraîchers de Provence’.

Pour autant ici, si ce n’était pas inondable, la pression foncière est telle, qu’on on ne serait plus là. Et malgré tout, la terre est chère”, pointe le représentant du syndicat local, en soulignant notamment la concurrence des gens du voyage et le problème croissant de cabanisation sur les espaces agricoles.

Foncier, diversification, circuits courts et eau au centre des échanges

Pour faire face aux aléas du climat, “on travaille beaucoup sur le changement de modèle de nos exploitations, avec une culture principale bien mécanisée et des cultures de diversification”, intervient Sébastien Perrin, agriculteurs de la basse vallée de l’Argens et secrétaire général de la Chambre d’agriculture du Var. “Une plateforme en circuit court avec un drive fermier est aussi en projet sur le territoire de la Cavem1, avec l’enjeu de gagner de la valeur ajoutée et d’occuper le salariat à l’année. Et, depuis trois ans, on voit des jeunes qui recommencent à s’installer, alors qu’on avait plus eu d’installation depuis près de 20 ans”, ajoute-t-il, avant d’insister sur l’importance de l’irrigation “pour porter la diversification” sur le département.

Diversification, développement des circuits courts, eau, foncier sont des dossiers majeurs pour la Chambre d’agriculture, souligne Sylvain Audemard, président de la FDSEA du Var et vice-président de l’instance consulaire. Les responsables de la structure départementale mettent d’ailleurs en avant le travail engagé à l’échelle du département sur le plan de reconquête agricole ou encore le projet d’abattoir de proximité.

Renouvellement des générations et souveraineté alimentaire

On voit bien qu’il existe des difficultés sur l’accès à l’eau, la pression sur le foncier, l’imperméabilisation et le coût de la terre, la structuration de certaines filières. Mais la grande lucidité et la clairvoyance des responsables agricoles du département sur les atouts et les faiblesses de son agriculture sont une force pour bâtir des projets d’avenir. Et je suis impressionnée de voir comment on se bat, ici, pour installer de nouveaux agriculteurs”, salue Christiane Lambert.

Et la situation du département vient faire écho aux travaux menés par la FNSEA. “Notre conseil d’administration mène un travail prospectif approfondi pour savoir quelle agriculture nous voulons à l’horizon 2030, et quelles politiques doivent l’accompagner. Bien sûr, nous devons inciter plus de jeunes à rejoindre nos rangs, au sein d’entreprises modernes et rentables. Évidemment, l’objectif c’est la souveraineté alimentaire. De fait, le renouvellement des générations et la relocalisation des productions, avec les outils nécessaires, sont essentiels”, défend la présidente du syndicat agricole.

Le conseil d’administration décentralisé de ce mois de juillet a également permis de discuter de la question récurrente du recrutement de main-d’œuvre. “Sur les 400 000 agriculteurs français aujourd’hui, 250 000 sont employeurs. C’est une question cruciale pour tous les producteurs du pays”, commente Christiane Lambert.

Gabrielle Lantes

 


OPA - Serv. publicsSyndicalismeVisite FNSEA Christiane Lambert Sylvain Audemard FDSEA 83