La France toujours championne toutes catégories sur le rosé

Publié le 28 mai 2021

Après une baisse en 2018, à mettre en parallèle avec l’augmentation de la production cette année-là, les importations de vin rosé dans en France repartent à la hausse en 2019 (+ 5 %). © Pixabay

Dans le monde, une bouteille de vin tranquille sur dix est un rosé. Leader de la production et de la consommation, la France est aussi moteur des échanges internationaux.

Co-piloté par FranceAgriMer et le Conseil interprofessionnel des vins de Provence, l’Observatoire mondial du rosé s’attache à suivre les évolutions de la production, de la consommation et de la commercialisation du vin rosé à l’échelle de la planète, depuis près de 20 ans. Une mission complexe pour un produit pour lequel il n’existe pas de définition officielle. Outil unique en son genre, l’Observatoire du rosé étudie pourtant les tendances des marchés à travers 45 pays, en traitant sources officielles fiscales et douanières, panels distributeurs et consommateurs et autres enquêtes, avec l’appui de l’Office international de la vigne et du vin (OIV) et d’une vingtaine d’experts dans le monde. Les suivis, réalisés depuis 2002, montrent ainsi la progression du rosé dans le monde du vin, et les grandes tendances qui se dégagent.

Une consommation toujours dynamique

Sur la base des données collectées et analysées pour l’année 2019, le dernier rapport de l’Observatoire mondial du rosé souligne, d’une part, la progression de la consommation mondiale de rosé, passée de 19,6 millions d’hectolitres (Mhl) en 2002 à 23,6 Mhl en 2019, pour représenter 10,5 % de la consommation de vins tranquilles. Les pays d’Europe occidentale, historiquement producteurs de vins, et les USA apparaissent comme les plus gros pays consommateurs, la France en tête. On note, d’autre part, une forte augmentation de la consommation australienne (204 000 hl en 2019) : elle a doublé en un an et dépasse la production de rosé du pays.

Si l’Observatoire mondial du rosé enregistre une baisse sensible de 6,4 % de la consommation française en 2019 par rapport à 2018, avec plus de 8,1 Mhl consommés, notre pays représente 35 % de la consommation mondiale. La France reste ainsi loin devant les États-Unis (plus de 3,5 Mhl, soit 15 % de la consommation mondiale) et l’Allemagne (7 % de la consommation mondiale avec 1,7 Mhl). La consommation annuelle par habitant est, par ailleurs, particulièrement haute en France, avec plus de 15 litres, quand elle reste en deçà des 2 l aux États-Unis, malgré la hausse de la consommation de vin rosé outre-Atlantique. Reste donc une marge de progression, comme au Japon ou au Canada, où la consommation annuelle par habitant est respectivement de 0,2 l et 0,7 l.

Une production relativement stable

Pour ce qui concerne la production, l’Observatoire du rosé note une relative stabilité depuis 15 ans, avec une production mondiale comprise entre 22 et 25 Mhl. En 2019, elle s’établit à 23 Mhl, en recul de 7 % par rapport à 2018 qui avait connu une forte hausse. La part de rosé dans la production mondiale de vins tranquilles est ainsi de 9,9 % en 2019, contre 8,5 % en 2009, et 9,5 % en 2009.

La France, qui totalise 34 % de la production mondiale, réaffirme là encore son statut de leader avec plus de 7 Mhl de vin rosé produit, malgré une baisse de 5,8 % par rapport à 2018. L’Espagne (23 % de la production mondiale) affiche au contraire une production en hausse (+7 % en 2019) pour dépasser les 4,9 Mhl de rosé produit. Deuxième pays producteur, elle n’est qu’au 7e rang des pays consommateurs. Les deux premiers pays producteurs pèsent ainsi pour près de deux tiers de la production mondiale. Aux États-Unis, troisième pays producteur (17 % de la production mondiale), le volume de rosé produit s‘établit à 3,4 Mhl en 2019. L’Italie – qui sort des marchés d’entrée de gamme pour se réorienter vers une production plus qualitative et des effervescents en croissance – a par ailleurs divisé sa production de rosé tranquille par deux en dix ans (2,19 Mhl en 2019). Sa part dans la production mondiale est passée de 19 %, en 2009, à 10 %, en 2019.

Le retrait des Italiens est notamment compensé par les nouveaux pays producteurs, parmi lesquels le Chili, l’Afrique du Sud, l’Autriche, la Suisse, la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie, la Bulgarie et, depuis 2019, la Nouvelle-Zélande, dont la production de rosé a passé le seuil des 50 000 hl.

Si le solde production/consommation de la France – premier pays producteur, mais aussi premier pays consommateur – est nettement déficitaire, il semble se stabiliser en 2019 après s’être fortement déséquilibré en 2017, en raison d’une faible production et d’une consommation toujours en hausse.

Des vins qui s’échangent de plus en plus

Après une baisse en 2018, à mettre en parallèle avec l’augmentation de la production cette année-là, les importations de vin rosé dans notre pays repartent à la hausse en 2019 (+5 %). Comme l’Allemagne, la France importe principalement des vins rosés d’entrée de gamme, avec des valeurs d’importation de respectivement 1,5 et 0,70 €/l. Au contraire, les États-Unis sont positionnés sur de l’import de vins haut-de-gamme (4,20 € /l), tout comme la Suisse, le Canada ou le Japon. Les USA sont ainsi le premier importateur de rosé en valeur, quand la France est la première en volume.

Si les importations sont variables à l’échelle mondiale depuis 15 ans, la tendance est à la progression, notamment en France et aux États-Unis. Le marché européen hors France apparaît, quant à lui, légèrement baissier en 2019. Au global sur l’année, les importations mondiales s’élèvent à 10,4 Mhl et 2,05 milliards d’euros, contre 10,9 Mhl en 2018. Et, pour la première fois, la part des vins rosés importés (43 %) dépasse de manière significative la part des vins tranquilles des trois couleurs importés (41 %).

Côté export, en 2019, l’Espagne a exporté 41 % des volumes mondiaux, une part importante des rosés espagnols étant orientée sur les vins d’entrée de gamme commercialisés en vrac. L’Italie est en deuxième position, avec 15 % des volumes, suivie par la France (14 %) et les États-Unis (8 %). La France gagne quatre points en dix ans, quand les USA maintiennent leur part depuis 2009. Au total, 10,6 Mhl de vin rosé ont été exportés en 2019, pour 2,22 milliards d’euros.

En valeur, c’est la France qui arrive en tête des rosés exportés à travers le monde, avec 34 % de la valeur totale. La comparaison des parts en volume et en valeur met en lumière le haut niveau de valorisation des rosés français. La France est le principal exportateur de rosés haut-de-gamme, avec un prix moyen estimé à 5 €/l. Les données de l’Observatoire mondial du rosé montrent aussi le repositionnement des vins italiens, qui représentent 21 % en valeur et devancent les vins espagnols (18 %). Les États-Unis (8 % des exports en volume et en valeur) se placent essentiellement sur le milieu de gamme. Depuis 2015, on constate une augmentation de la valorisation moyenne des rosés exportés sous l’effet de la dynamique française. Parmi les principaux pays exportateurs, seuls le Chili affiche une diminution de niveau de valorisation, ce qui traduit un positionnement d’entrée de gamme. Les flux de rosé de l’Espagne vers la France restent les plus importants. Même si leur part dans les échanges mondiaux diminue, ils représentent 20 % en volume, mais seulement 5 % en valeur.

Sur 2019, avec plus de quatre bouteilles de rosé sur dix qui traversent une frontière, le vin rosé est un produit qui s’échange de plus en plus au niveau mondial, et la France est un moteur en termes de commercialisation, comme de production et de consommation.

Gabrielle Lantes


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