Le Centre du Rosé fête ses vingt ans

Publié le 22 novembre 2019

La soirée d’anniversaire du Centre du Rosé a été l’occasion de dévoiler le nouveau nuancier développé par la structure, qui compte désormais 13 nuances du grenat au sable.

Le 6 novembre, quelque 300 acteurs et partenaires de la filière viticole étaient invités à célébrer le bel anniversaire du Centre du Rosé, organisé au Château Saint Julien à La Celle. L’occasion d’un voyage dans le temps entre hier, aujourd’hui et demain.

Lorsque le Centre de recherche et d’expérimentation sur le vin rosé est créé en 1999, “la viticulture varoise venait de traverser une très grande crise structurelle, particulièrement pour les vins de pays, mais également pour les appellations. Dans les années 80/90, nous perdions presque 1?000?hectares de vigne par an dans le département, suite à une campagne d’arrachage financée par la Communauté européenne”, rappelle Claude Bonnet, premier président de la structure.

Origines d’une démarche visionnaire

“Parallèlement malgré les efforts considérables déjà réalisés par les viticulteurs, le vin rosé souffrait de désinformation de la part de la presse écrite et télévisée et d’une partie de la viticulture nationale. Pour les professionnels des autres régions, le rosé n’était pas véritablement un vin et les producteurs de rosé n’étaient pas véritablement des vignerons”, poursuit celui qui était alors président de la Chambre d’agriculture du Var. “À l’époque, les cours des Côtes de Provence et des vins de pays représentaient l’équivalent d’un quart de ceux d’aujourd’hui. Cependant, dans une tendance lourde de baisse de consommation de vin en France, seul le vin rosé conservait sa part de marché. Sa consommation continuait même à progresser”, précise-t-il.

C’est dans ce contexte qu’a été construit le Centre du Rosé, avec l’ambition de tendre vers l’excellence, via les avancées techniques bien sûr, mais aussi la communication et le langage. “Nous avons écrit collectivement une belle histoire. Nous avons remis au goût du jour le premier vin qui est apparu sur terre, nous l’avons ré-inventé. Je pèse mes mots, le rosé type Provence est une vraie invention. Ce vin clair, fin, frais et parfumé n’existait pas en tant que tel. C’est nous qui l’avons créé. C’est le modèle qui fait école et qui est copié partout”, apprécie Gilles Masson, directeur du Centre.

Une aventure collective

Aujourd’hui, le Centre international du Rosé est ouvert sur le monde et reconnu aux quatre coins du globe. Il reste le seul institut de recherche exclusivement dédié au vin rosé. “Nous avons une pépite dans les mains et nous ne nous lassons pas de la contempler et de nous réjouir”, confie son directeur.

Pour Bernard Angelras, actuel président de la structure, “ce qui fait la force du Centre du Rosé, c’est sa construction partagée sur les trois piliers que sont la production, la Chambre d’agriculture et l’Institut français de la vigne et du vin”. C’est aussi “une équipe motivée et hors du commun, qui est capable de répondre aux besoins et exigences de la production et fait office d’interface entre la recherche fondamentale et les producteurs”. C’est enfin, l’attention constante portée aux évolutions du marchés et aux attentes du consommateur. “La complémentarité et la collaboration étroite entre nos structures permet au Centre du Rosé d’être au plus près des entreprises”, salue la présidente de la Chambre d’agriculture, Fabienne Joly.

Également président de l’IFV, Bernard Angelras “incarne aussi la volonté d’ouvrir des portes vers le national et l’étranger”. Le Centre du Rosé cultive néanmoins son ancrage résolument provençal. “Le rosé devient de plus en plus international, mais c’est en Provence qu’il est né”, insiste Jean-Jacques Bréban, président du CIVP, en reprenant un des slogans de l’interprofession. “Grâce à la maîtrise technique, nous avons élaboré un vin rosé de plus en plus clair, de plus en plus fin, de plus en plus aromatique. Ce savoir-faire s’est propagé dans l’ensemble des régions françaises, qui se tournaient vers le rosé et les Provençaux ont souhaité continuer d’aller de l’avant et se distinguer. Les recherches conduites sur les terroirs de Provence ont montré que le vin rosé était aussi, comme les autres couleurs, un vin de terroir”, défend ainsi Gilles Masson.

Gabrielle Lantes


Le directeur Gilles Masson, du Centre du Rosé depuis sa création, et Bernard Angelras, qui a pris la présidence l’an passé.

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