Les agriculteurs varois s’engagent pour la biodiversité

Publié le 31 octobre 2022

L’équipe des vignobles Gueissard, entourée de participants du dispositif ‘Paiements pour services environnementaux’ a été récompensée pour son engagement. © J. Dukmedjian

Le Parc naturel régional de la Sainte-Baume expérimente actuellement le Paiement pour services environnementaux, un dispositif visant à rémunérer les agriculteurs vertueux, en partenariat avec l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.

Un an après la mise en œuvre effective du Paiement pour services environnementaux (PSE), l’inauguration officielle du dispositif s’est déroulée jeudi dernier au Beausset, sur le site des vignobles Gueissard, en présence de Michel Gros, président du Parc naturel régional de la Sainte-Baume, et de Laurent Roy, directeur général de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.

La manifestation était surtout l’opportunité, pour les deux institutions, de présenter les objectifs du PSE et de montrer, de visu, les pratiques encouragées dans ce cadre. Initié par le ministère de la Transition écologique, le dispositif vise à rémunérer les agriculteurs pour des actions contribuant à restaurer ou maintenir des écosystèmes : préservation de la qualité de l’eau, stockage de carbone, protection du paysage et de la biodiversité...

21 structures retenues

Choisi dans le cadre d’un appel à projets de l’Agence de l’eau RMC, le Parc de la Sainte-Baume avait été une des 21 structures retenues en 2020, afin de l’expérimenter sur des zones à enjeux. Parmi celles-ci figurent les plaines de l’Issole et du Caramy, la vallée du Gapeau, la Plaine de Cuges (dans les Bouches-du-Rhône) et celle du Sud Sainte-Beaume, qui inclut les communes de La Cadière, Le Castellet et du Beausset, sur le territoire de laquelle se déroulait l’inauguration. L’occasion, pour l’adjoint à la Transition écologique et énergétique, de rappeler que 3 exploitations sur les 24 engagées1 et bénéficiaires du PSE sont implantées au Beausset, soit l’équivalent de 60 hectares sur un total de 360 ha…

Après une première année consacrée à l’étude de l’éligibilité de chacun des candidats – un diagnostic a été réalisé en 2020 afin de définir la situation initiale, les évolutions envisagées et la rémunération potentielle de chacun d’entre eux –, le dispositif est désormais entré, depuis l’an dernier, dans le vif du sujet. L’objectif est de préserver la qualité de l’eau sur le long terme. “Il s’agit d’un enjeu prioritaire pour nous, sur le territoire du parc, avec deux captages prioritaires, au lac de Carcès et au Castellet”, a rappelé le directeur général de l’Agence de l’eau, précisant que “l’alimentation en eau potable est une ressource stratégique pour les générations futures”. C’est dans ce cadre que la direction du Parc naturel régional de la Sainte-Beaume a élaboré une grille de notation. Cette dernière contient sept indicateurs de résultats, dont l’atteinte ou non décide du montant de la rémunération des agriculteurs concernés. La grille a notamment été “co-construite avec les participants”, la Chambre d’agriculture du Var, des associations départementales et régionales de producteurs bio et un bureau d’étude spécialisé. Parmi les pratiques encouragées figurent l’implantation et l’entretien des haies, la création de bandes enherbées et de mares, l’augmentation de la couverture des sols (enherbement en interrang dans les vignes notamment), la diversification des milieux naturels présents sur l’exploitation, une utilisation raisonnée des apports minéraux azotés et, bien sûr, la maîtrise des volumes d’eau utilisés pour l’irrigation... Pour aider les bénéficiaires du programme, “un accompagnement individuel à la progression est prévu, auquel s’ajoutent des journées collectives thématiques, qui seront proposées aux bénéficiaires pour encourager le partage d’expériences”, a précisé Alaric Stéphan, chargé de mission‘Agriculture’ au sein du Parc naturel régional de la Sainte-Beaume.

Julien Dukmedjian

(1) 80 % des 24 exploitations sont spécialisées dans la viticulture et sont localisées principalement dans le sud Sainte-Beaume. La majorité est labellisée bio (14) et cinq d’entre elles ont obtenu le niveau 3 de la démarche Haute valeur environnementale (HVE).


Des arbres ont été plantés en bordure de parcelles pour contribuer à la biodiversité du vignoble. © J. Dukmedjian

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