Les caves coopératives du Var résolument engagées sur la montée en gamme

Publié le 25 février 2020

Laurent Rougon, président des Vignerons coopérateurs du Var, insiste sur l’effort collectif porté les caves coopératives du département.

Laurent Rougon, président de la Fédération des vignerons coopérateurs du Var, fait un point d’étape sur le millésime, jugé particulièrement qualitatif, et la campagne de commercialisation en cours.

Dans la tendance des vins de Provence, la récolte de la coopération varoise est en hausse sensible de 3 % par rapport à 2018, Laurent Rougon soulignant le “très bon niveau qualitatif“ du millésime. “On est sur du haut de gamme“, se réjouit-il. Les conditions de production n’ont pourtant pas été simples, avec la sécheresse et la canicule.

On est actuellement sur des cycles où il pleut beaucoup d’un coup, puis il fait très chaud et très sec sur de longues périodes“, note le président des caves coopératives du Var. “D’où l’intérêt de travailler sur l’irrigation et son utilisation raisonnée. C’est un sujet sensible et compliqué, un dossier à 20 ou 30 ans. On travaille pour les générations futures et c’est important, car le végétal souffre“, souligne-t-il.

Pas de panique sur les marchés

Pour ce qui est de la commercialisation, “la majorité des vins de la coopération est vendue, voire presque tout, même s’il reste quelques cuves de-ci de-là“, poursuit le président, qui reste vigilant, mais néanmoins confiant. “Dans un contexte international plus que compliqué, entre les taxes américaines et le Brexit, on voit que les Vins de Provence résistent. Ils sont à un niveau d’équilibre et ça, c’est important. Certes, les négociations avec la grande distribution en France ne sont pas faciles, mais, au niveau export, les vins sont partis. On n’a, par exemple, jamais autant vendu au Royaume-Uni, malgré le Brexit“, analyse-t-il. “En début de campagne, les cours ont marqué un palier, avec une légère baisse, qui n’est pas significative. Il s’est fait un gros volant d’affaires. Aujourd’hui, il semblerait que le marché se calme, mais je veux rassurer les présidents de caves. Attention à ne pas noircir le tableau : la récolte n’est pas grosse et, avec des stocks à zéro au 31 décembre dernier, il n’y a pas de quoi s’affoler“, tempère Laurent Rougon.

Il faut une certaine résilience. Aujour- d’hui les prix sont figés, il faut discuter avec nos clients, rester raisonnables et ne pas fermer les portes, mais pas non plus tout accepter“, plaide-t-il. “On revient sur des périodes de vente de vin un peu plus longues, ça n’a rien de catastrophique. L’année dernière encore, avec de petites récoltes et pas de stock, on vendait nos vins en trois semaines/un mois. Mais la campagne commerciale n’est pas terminée, et il ne faut pas entrer dans l’engrenage du doute. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que, sur un rythme normal, la campagne s’achève en début d’été. Il faut pouvoir travailler main dans la main avec le négoce, car c’est ensemble qu’on avance. Il y aura de la place pour tout le monde, et les vins se vendront au bon prix“, assure-t-il.

Des investissements massifs

Pas question de brader les vins donc, pour le président des vignerons coopérateurs varois, qui insiste sur l’engagement de la coopération pour répondre aux enjeux qualitatifs et environnementaux. “Des efforts collectifs importants sont faits sur l’environnement, par exemple sur la Haute valeur environnementale (HVE), et plusieurs caves du département ont d’ailleurs été mises à l’honneur au niveau national. La cave de Montfort a 90 % de ses coopérateurs certifiés HVE ; la cave de Correns, déjà bio, va au-delà, en se dirigeant vers la biodynamie. À ce jour, toutes les caves coopératives du département ont enclenché une démarche HVE. Les pratiques culturales évoluent, et l’on peut en être fier. Je suis convaincu que les caves qui vont, aujourd’hui, vers la HVE iront, demain, plus facilement vers le bio“, défend Laurent Rougon.

La coopération a bien compris qu’il fallait travailler sur les pratiques culturales, aller de plus en plus vers la certification environnementale et la traçabilité, aller vers le consommateur. Aujourd’hui, le temps de la réconciliation est venu : il faut réconcilier le citoyen avec le producteur“, insiste-t-il.

De façon globale, “la coopération investit massivement dans ses entreprises pour la montée en gamme. Ce sont des centaines de milliers d’euros qui sont injectés dans nos structures“, défend Laurent Rougon. Avant de conclure : “On rentre de la matière grise avec des embauches de techniciens de terrain, de cave, des œnologues. On fait des travaux importants, on améliore nos process et nos matériels. Tout ça, mis bout à bout, montre que nous allons résolument vers la montée en gamme. C’est important à souligner, car on ne le dit sans doute pas assez“.

Gabrielle Lantes


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