Les questions sanitaires toujours au centre des préoccupations des éleveurs

Publié le 06 octobre 2020

Depuis quelques mois, une recrudescence de la galle ovine en région inquiète tout particulièrement les éleveurs ovins et caprins. (© DR)

Malgré des difficultés financières récurrentes, le Groupement de défense sanitaire du Var fédère les professionnels de l’élevage départemental, pour répondre aux enjeux et contraintes des politiques sanitaires à l’œuvre.

“Le sanitaire est la base de nos élevages, et le GDS doit permettre de nous rassembler pour prévenir une éventuelle situation de crise. Tous les éleveurs contribuent, à leur échelle, au maintien d’une situation saine. C’est pourquoi chacun doit respecter la réglementation et réagir en cas de problème, tant sur la partie alimentaire que sur la partie santé animale”, rappelle Clairlyse Bonneau, éleveuse d’ovins et présidente du Groupement de défense sanitaire (GDS) du Var, en introduction à l’assemblée générale, organisée le 21 septembre à Taradeau.

Éleveurs ovins, caprins, bovins et désormais porcins sont représentés au sein de l’association, qui rassemble près de 300 adhérents. Fort de l’adhésion des professionnels, le GDS participe activement à la mise en œuvre des politiques sanitaires. Dans ce but, la structure – soutenue par la Chambre d’agriculture du Var – travaille en lien étroit avec les services concernés de l’État et du Département, en particulier.

Une action dynamique, des finances restreintes

Acteur de proximité, le GDS accompagne les éleveurs au quotidien, via la prise en charge partielle d’analyses et de prophylaxies, le conseil – apporté par Séverine Pastorelli, technicienne élevage de la Chambre d’agriculture – et l’intervention de la vétérinaire sanitaire, Laure Eon, mise à disposition dans le cadre d’un partenariat avec le GDS des Bouches-du-Rhône. Le GDS organise également des formations techniques destinées aux professionnels.

Le rapport technique du groupement met en évidence le dynamisme de la profession avec, pour l’an dernier, un taux de participation aux autocontrôles sur lait et fromages de 92 %, des analyses d’avortements réalisées dans 33 élevages, des dépistages de Brucella ovis – menés sur 861 béliers dans 130 élevages – ou encore plus de 400 interventions en prophylaxie sur petits ruminants. Néanmoins, pour Clairlyse Bonneau, les autocontrôles, les déclarations et analyses d’avortements peuvent encore être améliorés.

Malheureusement, la baisse des financements publics se fait de plus en plus durement ressentir depuis plusieurs années maintenant, et pourrait, à terme, mettre en péril l’activité du GDS. Depuis la loi NOTRe et la suppression de la clause de compétence générale notamment, la participation du Département a diminué. Récemment encore, la collectivité départementale a supprimé le service des deux agents qui intervenaient jusqu’ici en renfort sur les élevages, pour aider à la prophylaxie.

Le résultat de l’exercice financier de 2019, déficitaire de plus de 18 000 €, illustre bien la problématique pour le GDS. “Les difficultés financières sont récurrentes pour notre groupement et il va falloir redresser la situation, car les financements publics ne vont pas aller en s’améliorant. Le GDS ne pourra pas survivre en maintenant son niveau de prise en charge actuel. Il va donc falloir régler le curseur, pour continuer à assurer ses missions auprès d’un maximum d’élevages”, analyse la présidente du groupement. Dans cette perspective, l’assemblée générale a validé l’arrêt de la prise en charge de certaines expéditions trop coûteuses d’échantillons vers des laboratoires éloignés. La participation aux frais de prophylaxie doit également être révisée à la baisse.

Inquiétudes autour de la galle et du maillage vétérinaire

Pour autant, les éleveurs du GDS restent toujours mobilisés pour le bien de leurs troupeaux. Depuis quelques mois, une recrudescence de galle ovine les inquiète tout particulièrement. National, le phénomène est accentué en Provence, du fait des températures favorisant les problèmes parasitaires et des mélanges, liés notamment aux transhumances. “Il faut être vigilant et traiter, à la fois, les animaux et leur environnement”, insiste la vétérinaire, Laure Éon. Pour les animaux, le bain reste une bonne réponse et la baignoire du GDS, outil collectif proposé à la location, s’avère être un levier bien utile. Sur ce sujet, un projet d’arrêté ministériel visant à l’assainissement des troupeaux est attendu dans les prochains mois.

Enfin, la question du maillage vétérinaire est une préoccupation cruciale pour les éleveurs varois, le département souffrant d’une sérieuse carence en la matière. Afin de recréer du lien entre éleveurs et vétérinaires, le Groupement technique vétérinaire de Paca propose d’accompagner les deux parties sur la voie du conventionnement. Ce type de contrat vise à fédérer une association d’éleveurs autour d’un vétérinaire, ou d’un cabinet vétérinaire, de sorte à mutualiser les coûts pour les uns, et donner de la visibilité économique aux autres. Une information détaillée sur le sujet devrait être proposée prochainement aux adhérents du GDS intéressés.

Gabrielle Lantes


Autres productionsElevageElevage Groupement de défense sanitaire du Var difficultés contraintes sanitaires galle ovine