Les vendanges se terminent sur de bonnes surprises

Publié le 10 octobre 2022

Au terme d’une campagne particulièrement sèche et chaude, le millésime est finalement jugé de belle qualité. © G. Lantes

Le manque d’eau et les intenses chaleurs estivales ont causé bien des inquiétudes aux vignerons de Provence cette année. Le millésime, s’il ne sera pas pléthorique, s’avère finalement plutôt réussi.

Cela se termine ! Alors que les secteurs les plus tardifs de l’AOC Coteaux varois et des Bouches-du-Rhône sont dans la dernière ligne droite, la plupart des caves de Provence en ont fini avec les vendanges, qui s’achèvent aussi précocement qu’elles ont commencé, avec une dizaine de jours d’avance par rapport à l’an dernier.

Si la vigne a été mise à l’épreuve par les conditions météo extrêmes de cette campagne, l’irrigation a permis de préserver le végétal, qui a généralement surpris par sa capacité de résistance. Et les pluies qui sont enfin tombées courant septembre, souvent suivies de coups de vent, ont tout de même profité au raisin, sans perturber outre mesure la récolte.

Une jolie récolte

Bien sûr, la sécheresse et les orages de grêle du mois d’août n’auront pas été sans effet, en particulier sur les secteurs des Arcs / La Motte / Vidauban en Dracénie, Montfort / Cotignac / Carcès en Provence Verte, ou encore La Londe sur la frange littorale du Var. Mais, de l’avis général, la récolte est finalement plutôt belle.

Les volumes “sont confortables, voire importants selon les secteurs”, observe l’ICV Provence. Et, dans certaines caves, ces volumes – assez inespérés en début de campagne – auront même pu compliquer un peu l’organisation.

Il y avait, au départ, de belles sorties de grappes, même si les baies n’étaient pas grosses jusqu’aux pluies d’août et septembre, qui ont profité à ces petits grains. Les volumes ne sont pas pléthoriques, mais on a globalement de belles surprises, surtout en vins de pays. De façon générale, c’est finalement une jolie récolte pour le Var et davantage encore du côté des Bouches-du-Rhône”, résume Arnaud Morand, œnologue consultant de l’ICV Provence.

De belles maturités, mais attention aux acidités

On a aussi de belles surprises sur cinsault, syrah et carignan, arrivés à de bons niveaux de maturité pulpaire. On observe moins de phénomènes de rupture, car tout a pu globalement arriver à bonne maturité. La fin de vendange est donc agréable et le travail d’assemblage devrait être facilité”, poursuit-il.

La principale difficulté de ce millésime est sans doute la faiblesse des acidités, qui reste un point essentiel de vigilance en cave. “On assiste à une campagne d’acidification au niveau national, la pratique est employée à une échelle nouvelle cette année. On rencontre toujours la problématique en fin de fermentation. Il faut donc faire attention à la dégustation. C’est un millésime mûr, avec moins d’acidité, et il est important d’apporter des corrections si nécessaire. L’idée, c’est d’être vigilant pour apporter un peu de fraîcheur à des vins un peu plus riches en alcool que d’habitude, et très gourmands en bouche. Attention aux équilibres gustatifs. Maîtriser l’acidité, c’est aussi se prémunir d’accidents microbiologiques”, souligne Arnaud Morand.

Un millésime rosé tout en élégance et complexité

Les dégustations ont bien commencé et révèlent déjà un millésime réussi. “En rosé, on a de très jolies couleurs, conformes aux attentes, plutôt pâles avec des nuances légères de roses. Le millésime est plus sur l’élégance que sur une grosse intensité aromatique, comme on pouvait s’y attendre avec le manque d’eau et le manque d’azote. On a des vins accessibles, qui se dégustent bien et qui sont sur la finesse et la complexité”, apprécie Arnaud Morand.

Les premiers rouges, qui devraient être disponibles assez tôt, sont aussi prometteurs, avec une syrah qui ressort bien ; et les blancs présentent des profils plus fruités qu’à l’accoutumée, d’excellente qualité.

Cette campagne est au final “assez miraculeuse” et moins compliquée que prévu, juge Arnaud Morand, compte tenu des conditions. “Les vins, déjà très sympas à déguster, vont pouvoir être rapidement présentés aux clients”, conclut l’œnologue de l’ICV.

Gabrielle Lantes


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