Monsieur Marguerite : Une jeune entreprise florissante

Publié le 11 mai 2021

Benjamin Perot (ci-dessus) est l’un des deux fondateurs de Monsieur Marguerite. G. L.

Créé en 2016 en région parisienne, le fleuriste en ligne relève le défi du 100% français. Une des expéditions partent désormais de Hyères, au plus près du premier bassin de production de fleurs coupées en France.

Proposer des fleurs françaises, de saison dans une démarche éco-responsable, le tout sur internet : voilà l’engagement de Monsieur Marguerite. L’idée a germé dans l’esprit de Benjamin Perot et Ludovic Mareau, deux copains sortis d’école de commerce avec une furieuse envie d’entreprendre. C’est leur expérience personnelle de consommation de fleurs, « peu satisfaisante », qui les amène à la fleuristerie. « On cherchait à travailler sur un secteur où il y a de l’humain et où on allait pouvoir faire bouger les choses. On a découvert la filière horticole, très traditionnelle mais aussi résiliente, qui dispose d’un savoir-faire extraordinaire et d’une climatologie très favorable en France. On a eu envie de le redynamiser et d’y apporter de la modernité », raconte Benjamin Perot, co-fondateur de l’entreprise créée en 2016 à Saint-Denis. Sur un marché largement dominé par les produits d’importation, Monsieur Marguerite joue la carte de la production locale et de saison, cultivée de manière raisonnée. « Au niveau mondial, l’impact environnemental de la filière est très négatif. En travaillant sur des circuits relocalisés, on apporte transparence et traçabilité à nos clients qui cherchent à consommer de façon responsable », assure Benjamin Perot.

Au rythme des saisons

La stratégie est basée sur le bouquet surprise, proposé en trois formats, qui varie au gré des approvisionnements en provenance d’Ile de France, de Bretagne, d’Anjou et bien sûr du Var, pour une majorité des volumes. « On connait les contraintes des producteurs qui cultivent au rythme des saison, avec les aléas de la météo, et le bouquet surprise nous permet d’adapter notre offre. Quand ça produit moins en hivers, on propose moins et surtout différent. Des premières gelées en région parisienne, jusqu’au premières tulipes, on travaille à plus de 90% avec des fleurs du sud de la France », explique Benjamin Perot. Et pour être au plus près du premier bassin de production de fleurs coupées du pays, Monsieur marguerite a ouvert en novembre 2020 un second atelier sur le site du Marché aux Fleurs de Hyères. L’entreprise travaille en lien étroit avec la Sica Maf. « Tous nos achats dans le Var passent par le Marché. On contractualise pour la saison sur des volumes et des prix estimés. C’est la force de la région d’avoir cet outil qui structure l’activité. Et puis on connaît nos producteurs partenaires et on sait comment ils travaillent. Au-delà du contrat, le rapport humain reste pour nous fondamental. S’il y a des aléas et que le producteur ne peut pas livrer, on fait avec », précise le co-fondateur de Monsieur Marguerite. Une partie des fleurs réceptionnées à l’atelier de Hyères est envoyée sur l’atelier de Saint-Denis, une autre est mise en bouquet sur place. Cinq des trente salariés de l’entreprise travaillent ici.
Les fleuristes préparent les bouquets vendus entre 38 et 85 euros hors frais de livraison. Le fleuriste en ligne propose aussi des bottes et depuis récemment des jardinières d’assortiments de plantes aromatiques et potagères. Une fois mises en carton, les fleurs sont livrées par transporteur dans les 24h. Le circuit de distribution raccourci permet à Monsieur Marguerite de se passer d’un transport réfrigéré. Une pochette imbibée d’eau permettant de conserver la fraicheur des produits. « Nos fleurs passent deux fois moins de temps dans la chaine que sur les circuits habituels. Et ce sont des produits de qualité, de saison, qui ont pris le temps de pousser et sont plus résistants »,   souligne Benjamin Perot.

Modernité et responsabilité

En moyenne, ce sont ainsi un peu plus de 10 000 bouquets par mois, qui sont commercialisés via le site internet de Monsieur Marguerite et acheminés aux quatre coins de France. Pour benjamin Perot, l’objectif est d’offrir une expérience de consommation moderne et responsable. « Le grand public n’a malheureusement pas la notion du savoir-faire en horticulture alors que c’est un secteur très technique. Pourtant, on offre quand même régulièrement des fleurs et le faire de façon raisonnée, c’est mieux. Il y a cette prise de conscience sur l’alimentaire, on travaille à le faire avec les fleurs en proposant une alternative à nos clients. Déjà on montre que le modèle que l’on a mis en place est rentable. C’est compliqué, on travaille avec du vivant, ce n’est pas simple au niveau logistique mais c’est possible », défend l’entrepreneur.
Monsieur Marguerite s’implique d’ailleurs au sein de la filière pour faire bouger les lignes. Benjamin Perot est ainsi membre de la commission nationale Fleur de France. « C’est un label auquel on tient mais tous les producteurs ne peuvent pas forcément être labélisés et du coup, dans un bouquet qui mélange les fleurs, on ne peut pas l’utiliser. La filière réfléchit à tous ces aspects. A mon sens, il faut être capable d’apporter de la simplicité aux consommateurs au travers d’un référentiel qui combine l’origine et l’aspect environnemental car l’horticulture française a de belles cartes à jouer », plaide-t-il.
Pour l’heure, Monsieur Marguerite est toujours en recherche de producteurs avec lesquels nouer des partenariats durables. Déjà une trentaine fournissent le fleuriste en ligne régulièrement dont une vingtaine dans le Var. « Sans compter tous ceux auxquels on fait appel de façon plus ponctuelle sur certains produits ciblés », précise Benjamin Perot. La start-up travaille en lien avec la Sica Maf à la mise en culture de certaines variétés pour étoffer son offre. « Dans le Var, la production s’est pas mal spécialisée sur la pivoine et quelques autres espèces phares. Il y a assez peu de diversité en fleurette et ça manque pour la bouquetterie. On est donc dans une logique de dynamisation et d’accompagnement des producteurs auprès desquels on s’engage en leur assurant un débouché», explique Benjamin Perot.
L’objectif pour Monsieur Marguerite est de développer encore son activité sur la moitié Sud de la France tant auprès des particuliers que des entreprises. Et les producteurs sont indispensables. « On reste à l’écoute de tous ceux qui veulent se lancer dans la diversification. On est prêt à réfléchir avec eux en fonction du produit, de la surface et du secteur », lance finalement Benjamin Perot.

 

Gabrielle Lantes

 

Contact
Monsieur Marguerite
Tel : 01 72 06 06 66
Courriel : benetludo@monsieurmarguerite.com
Site internet : https://monsieurmarguerite.com
Facebook : @Monsieurmarguerite

L’entreprise emploie cinq personnes dans son atelier hyérois depuis novembre 2020. G. L.

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