Nouveau point de vente collectif à Saint-Maximin

Publié le 23 juin 2020

Jean-Paul Decomis, représentant des producteurs, Marie-José Garguil, enseignante référente du LEAP, Solenn Dubes, apprentie, Nathalie Godderis, responsable commerciale, et Christian Brayer, directeur du LEAP Provence Verte.

Outil de commercialisation, de formation et de développement territorial, le magasin de producteurs de Saint-Maximin a ouvert ses portes début juin, à la grande satisfaction des agriculteurs et des consommateurs.

L'ouverture, initialement prévue début avril, a été reportée pour cause de crise sanitaire, mais, ça y est, c’est fait ! Depuis le 2 juin, les consommateurs peuvent trouver une large gamme de produits locaux dans les rayons du point de vente, installé sur le site de la cave coopérative ‘Le cellier de la Sainte-Baume’. “Cela faisait une dizaine d’années qu’on espérait monter un projet comme celui-ci sur le territoire. À force, c’était devenu l’Arlésienne. Mais aujourd’hui, on y est, et on est très content”, se réjouit Jean-Paul Decomis, maraîcher à Saint-Maximin, vigneron coopérateur et co-président du point de vente collectif.

C’est sur la base du regroupement des producteurs, de la coopérative viticole et du lycée d’enseignement agricole privé voisin, que le point de vente collectif (PVC) a finalement vu le jour. La structure est en effet portée par l’association ‘Graines de producteurs, en direct de nos fermes’, qui rassemble une cinquantaine d’exploitations agricoles, le LEAP Provence Verte, et ‘Le cellier de la Sainte-Baume’. “Cela fait deux ans que nous travaillons sur ce projet, qui n’aurait pas pu exister sans la participation de chacun”, souligne Christian Brayer, directeur du LEAP de la Provence Verte, qui partage la co-présidence du point de vente.

La cave coopérative – dont le président, Pascal Cortez, est aussi le troisième co-président du PVC –, a fourni le terrain et financé le bâtiment, implanté à quelques pas du caveau, ainsi que le réaménagement et l’éclairage du parking commun aux deux entités. La réalisation a bénéficié de fonds européens Feader pour le développement agricole et rural. Le local est loué à l’association par la cave. Le lycée a accompagné la démarche techniquement et administrativement. “Nous avons uni nos forces, et nous sommes très fiers du résultat”, lance le représentant du lycée, Christian Brayer.

L’union fait la force

Idéalement situé sur la D560 entre Saint-Maximin et Barjols, un axe routier très fréquenté, le magasin s’étend sur 250 m², dont 200 m² de surface commerciale et 50 m² d’espace de stockage et de bureau. Plus de 40 producteurs y livrent déjà régulièrement les produits, qui proviennent en gran-de majorité des 28 communes de l’intercommunalité Provence Verte. Les productions non disponibles localement peuvent venir des quatre coins du Var et de départements voisins. Fruits et légumes frais, conserves, jus de fruits, miels, confitures, produits laitiers, viandes, poissons, pain, œufs, plantes et fleurs, ou encore herbes aromatiques et huiles essentielles, sont proposés à la vente, du lundi au samedi. Proximité et diversité des productions sont des atouts fondamentaux. Seuls les vins, commercialisés juste à côté par ‘Le cellier de la Sainte-Baume’, ne sont pas distribués par le point de vente collectif.

Celui-ci emploie une responsable commerciale à plein temps, une vendeuse à trois quart-temps, et une apprentie, actuellement en certificat de spécialisation en transformation et commercialisation de produits de la ferme, au LEAP Provence Verte. Au moins un producteur représentant le collectif est aussi présent chaque jour.

Pour les producteurs, l’outil est précieux : le coût de fonctionnement est partagé à hauteur du chiffre d’affaires réalisé. La participation au pot commun va de 15 % du produit de la vente, pour un producteur qui consacre régulièrement du temps à la structure, jusqu’à 26 % pour les dépôts vendeurs. “Avec ce PVC, on mutualise la vente, et on se passe d’intermédiaires. Cela nous permet de passer plus de temps dans nos champs. L’idée, c’est aussi de se partager le travail, pour que chacun puisse s’orienter vers certaines productions adaptées à son exploitation, plutôt que de s’éparpiller et faire un peu de tout. Et puis, avec un outil de commercialisation préformant, nos entreprises se transmettront plus facilement, de nouvelles installations pourront aussi se faire. Au-delà de la valorisation des produits en circuit court, il y a une vraie valeur ajoutée à l’exploitation”, explique le maraîcher, Jean-Paul Decomis. “Aujourd’hui, le Projet alimentaire territorial de la Provence Verte montre bien que, si la viticulture est un fer de lance essentiel à l’agriculture, il faut aussi savoir diversifier et installer, pour répondre aux besoins du territoire”, ajoute Christian Brayer.

Dimension territoriale et pédagogique

La dimension territoriale est cruciale pour les responsables du point de vente, qui travaillent déjà sur diverses perspectives de développement. “Avec
ce projet, nous avons initié un véritable pôle agricole, qui regroupe le PVC, le caveau de la coopérative et le lycée. Nous espérons que, peut-être, le point de vente et la coopérative pourront se rapprocher encore dans l’avenir. Nous travaillons déjà à la construction d’un espace multimodal, équipé de chambres froides, qui servira au PVC et, éventuellement, à l’acheminement de produits locaux vers d’autres communes du territoire. L’idée serait de mettre en place, depuis cette plateforme, des canaux de distribution de petites quantités et sur de petites distances
”, explique Christian Brayer.

Le directeur du LEAP Provence Verte insiste aussi sur la vocation pédagogique de la structure : le PVC accueille déjà une apprentie, dont le contrat s’achève au 31 août. Le recrutement de nouveaux candidats est donc lancé. À compter de septembre, dans le cadre du ‘Service de ferme’, d’autres élèves seront amenés, dès la classe de 4e, à découvrir ce volet commercial du métier d’agriculteur. Les jeunes seront supervisés par des producteurs et des enseignants référents. “Ces jeunes sont l’avenir de l’agriculture et du territoire”, insiste Christian Brayer.

Pour Jean-Paul Decomis, tous les ingrédients de la réussite sont réunis. Moins d’un mois après son ouverture, le point de vente reçoit déjà une centaine de clients quotidiennement, pour des paniers moyens entre 25 et 30 euros.

Gabrielle Lantes


PVC ‘Graines de producteurs, en direct de nos fermes‘ :  D560, route de Barjols,  83470 Saint-Maximin,

mail : administrateur@graines-de-producteurs.fr

Ouvert le lundi de 14 h 30 à 18 h, et du mardi au samedi de 8 h 30 à 12 h et de 14 h 30 à 18 h.


C’est sur la base du regroupement des producteurs, de la coopérative viticole et du lycée d’enseignement agricole privé voisin, que le point de vente collectif a finalement vu le jour.

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