Offensive collective sur le foncier agricole

Publié le 23 octobre 2019

Le plan vise d’abord à évaluer les besoins de l’agriculture varoise, afin, dans un deuxième temps, de mobiliser du foncier en friche et des espaces boisés à vocation agricole, indispensables au développement des productions.

Lancé en novembre dernier, à l’initiative de la Chambre d’agriculture du Var et des services de l’État, le plan départemental de conquête et de reconquête agricole mobilise les forces du territoire, pour répondre aux besoins de développement de l’agriculture varoise.

Le 14 octobre, en préfecture de Toulon, un comité de pilotage a rassemblé acteurs de l’agriculture, représentants des filières et syndicats agricoles - ainsi que des forestiers, services de l’État, élus et collectivités -, afin de faire un premier point d’étape sur l’avancée du plan départemental de conquête et de reconquête agricole, dix mois après le lancement des travaux.

Décliné en trois axes sur cinq ans (2019/2023), le plan vise d’abord à évaluer les besoins de l’agriculture varoise, afin, dans un deuxième temps, de mobiliser du foncier en friche et des espaces boisés à vocation agricole, indispensables au développement des productions. Le premier axe de travail développé par le service foncier de la Chambre d’agriculture et ceux de la DDTM a permis, après enquête, d’évaluer les perspectives des 17 filières du département.

Cette démarche prospective a mis en évidence un besoin de 10?000?hectares à l’horizon 2030, soit une augmentation de 15 % de la Surface agricole utile. Logiquement, la filière viticole concentre plus de 80 % des besoins, le maraîchage un peu plus de 15 %. Avec des besoins moindres, une dynamique de développement de l’arboriculture - sur la châtaigne et la figue en particulier - et des plantes à parfum, aromati­ques et médicinales (PPAM) s’exprime également.

Vers la mobilisation de foncier en friche et d’espaces boisés à potentiel agricole

“C’est un plan qui se veut offensif et positif, afin de conquérir de la surface agricole, et de reconquérir des espaces qui étaient encore parfois agricoles il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, l’agriculture varoise est prise en étau entre l’urbanisation et les espaces classés. Il faut pouvoir donner des perspectives aux jeunes qui veulent s’installer, comme aux agriculteurs qui veulent développer leur activité”, défend la présidente de la Chambre d’agriculture du Var, Fabienne Joly. “Le Var est un grand département agricole, où l’agriculture représente une part importante de l’activité économique. Et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle utilise finalement peu de surface. Il y a pourtant un besoin. L’objet de ce plan départemental de conquête et de reconquête agricole est de définir quel foncier est concerné, et comment il est possible de le mobiliser”, appuie le préfet, Jean-Luc Videlaine.

Ainsi, pour répondre aux besoins identifiés, les axes 2 et 3 du plan se concentrent sur la mobilisation de foncier en friche d’une part, et de foncier boisé, d’autre part. Déjà, un plan anti-friche a été défini, afin d’inciter à la remise en culture des terres non-exploitées. Des réunions avec chacune des 12 intercommunalités du département sont programmées, afin de co-construire des plans d’actions sur-mesure, adaptés à chaque territoire. Dans ce but, un travail d’inventaire des surfaces en friche, déjà réalisé sur certains des territoires, doit être finalisé et actualisé à l’échelle du département, de sorte à mettre en place les outils fonciers appropriés. Un atlas cartographique du gisement foncier boisé à potentiel agricole est, d’autre part, en cours de réalisation. Celui-ci s’attachera à croiser le potentiel agricole avec les enjeux environnementaux, et de protection contre les feux de forêt.

Un projet pilote construit dans la concertation

“Il n’est pas question d’opposer ni les différents secteurs économiques, ni les différentes vocations du foncier. Il est au contraire nécessaire de travailler en concertation avec les agriculteurs, l’État, les collectivités, les propriétaires forestiers, pour avoir une vision du potentiel de développement agricole sur les territoires, et préparer l’avenir. Avec un préalable en tête : ne plus perdre de terres agricoles”, souligne Fabienne Joly.

Gabrielle Lantes


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