Phila Flor : l'heure du bilan pour les fleurettes

Publié le 03 août 2021

Alors que l’anémone progresse, la renoncule connaît une perte de vitesse. © G. Lantes

Comme chaque année, le groupement de producteurs de fleurs coupées Phila Flor dresse, avec les producteurs d’anémones et renoncules, le bilan de la saison écoulée. Si la campagne est globalement satisfaisante, la renoncule est en perte de vitesse, alors que l’anémone est en progrès.

Après une saison 2019-2020 qui s'était arrêtée brutalement au 15 mars, avec le premier confinement, la campagne 2020-2021 s’est heureusement déroulée sans encombre pour les producteurs d’anémones et renoncules du groupement Phila Flor. Au final, si elle n'est pas exceptionnelle, l’année est toutefois satisfaisante : "La saison a démarré tranquillement. Il n’y a pas eu de pic de production à l’automne ni de 'gros coup de bourre' au printemps, avec un temps frais qui a ralenti la production. Celle-ci s’est toutefois prolongée relativement tard", résume Christophe Massel, technicien de Phila Flor.

Bonne saison, mais production en baisse sur renoncule

Si la filière enregistre une progression en anémones, la production de renoncules continue, en revanche, de baisser. Les apports à la Sica Marché aux fleurs de Hyères (Sica Maf) s’élèvent ainsi à 7 721 388 tiges, contre 10 695 781 sur la campagne 2018-2019. "En dehors de la saison 2019-2020 perturbée par la crise sanitaire, on observe une baisse globale de production de l’ordre de 30 % entre 2018-2019 et 2020-2021", souligne Christophe Massel. En termes de surface, les renoncules classiques et clones Pon Pon diminuent, au profit des clones Success.

Sur la Sica Maf, la saison dernière, les renoncules représentent 46 % des apports, les Success 39 %, le Pon Pon 13 % et les Real Clone 2 %. Parmi les clones, la Hanoï reste la plus représentée. Elle est aussi numéro un en prix.

Pour ce qui est des rendements, le suivi d’un échantillon de 32 producteurs de Phila Flor, totalisant 8,27 hectares et pesant pour 65 % des apports à la Sica, montre que la moyenne de production est de 9,5 fleurs par bulbe pour les clones, et de 6 fleurs/bulbe pour les renoncules traditionnelles. "Ce n’est ni une grosse année, ni une petite année. Mais la question des rendements et de la rentabilité de la renoncule – qui demande un travail relativement long – explique peut-être en partie la perte de vitesse de l’espèce", analyse Christophe Massel.

Pour autant, les produits ont été correctement valorisés sur le Marché aux fleurs de Hyères, avec des prix moyens en hausse sur la campagne atteignant 0,336 € la tige pour la renoncule classique, 0,521 €/tige pour la Pon Pon et 0,599 €/tige pour la Success. "L’absence de pic de production au printemps a sans doute soutenu l’écoulement des volumes à une période où la concurrence est peu présente. Mais on voit aussi que les produits de qualité se valorisent très bien", commente Christophe Massel.

Des indicateurs en progression sur anémone

Du côté des anémones, les indicateurs sont à la hausse, avec des apports en augmentation de plus de 1,2 million de tiges sur la Sica Maf par rapport à 2018-2019. Une évolution à mettre en rapport avec des surfaces, en hausse de 7 % entre 2019 et 2020. Phila Flor note, en parallèle, une nouvelle progression du hors-sol, en lien avec la suppression d’une solution de désinfection des sols.

Les surfaces recensées sur la Sica Maf s’élèvent ainsi à 12,5 ha contre 11,6 ha pour la campagne 2019-2020, avec un rendement moyen de 8,65 fleurs/bulbe sur anémone hybride, et de 8,35 sur Mistral Plus. Sur les 12 289 210 tiges amenées au marché cette saison, 25 % sont des grosses fleurs. Avec 54 % des volumes, les Galilées dominent le marché, suivies par Rainbow (14 %), Mistral Plus (13 %) et Marianne (12 %). "La tendance est à la qualité supérieure, sans perdre de vue le rendement", note Christophe Massel. "Après une mise en place plutôt tranquille, il y a eu des pics bien marqués, à Noël, puis mi-février. Et la saison s’est prolongée après le début des ventes de pivoines", détaille-t-il.

Pour ce qui est de la valorisation, le prix moyen s’élève toutes variétés confondues à 22 centimes d’euro la tige sur la Sica (0,21 € pour Galilées, 0,28 € pour Marianne, 0,37 € pour Mistral Plus). "Globalement, sur les différents produits, on bat des records en prix moyen cette année", souligne Christophe Massel. "Que ce soit en surface ou en prix, nous sommes sur de bons résultats", poursuit-il.

"Sur anémones et renoncules, on s’aperçoit que l’on va vers des variétés plus rustiques, avec une valeur plus importante. Et l'on peut saluer le travail des producteurs dans le sens de la qualité, qui a été au rendez-vous du premier au dernier jour", souligne le président de la Sica Marché aux fleurs, Michel Gueirard.

Un accompagnement technique dynamique

"La raison d’être de Phila Flor, c’est d’être aux côtés des producteurs et de travailler avec les structures de la filière, pour être dans l’innovation, en apportant des solutions et de l’information", rappelle Jean-Claude Véga, président du groupement de producteurs de fleurs coupées.

Dans cet esprit, Phila Flor accompagne un nouveau Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) sur les fleurettes en hors-sol. Neuf producteurs d’anémones et renoncules y sont d’ores et déjà engagés. "Reconnu en juillet 2020, ce GIEE a une triple dimension économique, environnementale et sociale", présente Marie-Madeleine Bazzano, technicienne de Phila Flor. Afin de répondre au mieux aux préoccupations des producteurs et aux exigences réglementaires, le groupement va travailler sur l’optimisation de la fertilisation et de la gestion des effluents sur fleurettes hors-sol. Différentes actions vont ainsi être mises en place et étudiées dans cette perspective : de la filtration lente à la désinfection par H2O2, en passant par le recyclage avec désinfection au cuivre, le suivi de la fertilisation et de l’état nutritionnel des plantes, ou encore l’étude des températures de solarisation. "Nous allons travailler en tenant compte des conditions spécifiques en hors-sol sous serre, en essayant de décaler la solarisation autour du solstice d’été, pour bénéficier d’un meilleur rayonnement", indique Marie-Madeleine Bazzano sur ce dernier point.

L’équipe de Phila Flor réfléchit, en parallèle et en partenariat avec le Criiam Sud, à un projet sur l’amélioration du pilotage de l’irrigation à l’aide de sondes capacitives, sur les cultures d’anémones et de renoncules hors-sol, sur le modèle du travail déjà réalisé sur pivoine.

Gabrielle Lantes


L’équipe de Phila Flor, présidée par Jean-Claude Véga (à gauche), était aux côtés du président du Marché aux fleurs, Michel Gueirard (à droite), pour faire le bilan de la campagne 'anémones renoncules'. © G. Lantes

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