Phila-Flor mise sur l’accompagnement technique

Publié le 07 mars 2019

Le groupement Phila-Flor tenait, le 22 février, son assemblée générale au marché aux fleurs de Hyères, à quelques semaines du démarrage de la campagne de la pivoine, dans le Var. Parmi les sujets abordés figuraient les aides techniques apportées aux adhérents, notamment en matière d’utilisation de produits phytopharmaceutiques.

La semaine dernière, l’heure était aux bilans pour le groupement de producteurs varois de fleurs coupés Phila-Flor, à l’occasion de son assemblée générale 2018. Le premier d’entre eux concernait l’aide technique apportée aux 118 adhérents. Il est de ce point éloquent, avec 770 visites d’exploitations par les deux techniciens du groupement, suivies de près de 300 préconisations, 158 analyses de sol, et 39 analyses pathologiques.

L’association, qui dispose depuis 2017 d’un agrément pour le conseil indépendant à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques, propose, sur son site internet, des fiches conseils à destination des producteurs. Ces derniers peuvent y retrouver, via leur espace personnel, des recommandations sur les produits phytosanitaires utilisables, en fonction de l’espèce cultivée, un rappel des mélanges autorisés (ou au contraire interdits) et, depuis cette année, un cahier de traitement numérique destiné à remplacer les versions papier, que chaque producteur est tenu de conserver.

“Traiter moins, mais mieux”

Outre ce rôle de conseil en matière de traitements phytos, Phila-Flor a proposé, au cours de l’année écoulée, des formations dédiées à la pivoine, sur le modèle de ce qui existait pour les renoncules et les anémones. L’objectif est d’améliorer ses rendements, de mieux gérer les adventices, de la protéger des ravageurs... La pivoine, qui est désormais la fleur la plus produite parmi les adhérents, fait aussi l’objet d’un projet technique spécifique, afin de rassembler des données qui font encore défaut. Parmi les paramètres analysés figurent notamment les besoins nutritionnels et hydriques, mais aussi les conditions optimales de forçage, déterminées par un suivi des températures à l’intérieur et hors des tunnels de production... Le suivi de l’ensemble est réalisé par des capteurs, et s’appuie aussi sur les observations réalisées par et chez 11 producteurs de pivoines. L’opération, conduite dans le cadre du programme ‘IS@M’, vise à disposer, à terme, d’Outils d’aides à la décision (OAD) mis à disposition des producteurs de fleurs, pour notamment “traiter moins mais mieux”, comme l’ont précisé Marie-Madeleine Bazzano et Christophe Massel. Les données observées sont, enfin, destinées à alimenter le BSV (Bulletin de santé du végétal).

Un deuxième poste de technicien conforté

IS@M – comme le projet maritime Interreg Italie-France, dont il dépend – s’arrêtera toutefois en 2020. Marie-Madeleine Bazzano, conseillère du Syndicat du centre régional d'application et de démonstration horticole (Scradh) détachée auprès de Phila-Flor sur ce projet, poursuivra néanmoins sa mission de conseil au sein du groupement, comme l’a confirmé Jean-Claude Véga, son président.

Enfin, un GIEE ‘Pivoines’, porté par le Scradh et la Chambre d’agriculture du Var, a été labellisé l’an dernier. Il réunit cinq producteurs de pivoines autour des thématiques de la maîtrise de l’enherbement et la gestion des adventices ; de la gestion des sols et de la fertilisation azotée ; du pilotage de l’irrigation. L’enjeu principal du GIEE sera d’augmenter les rendements, pour répondre aux demandes en matière de volumes. Plus de 120 hectares sont en effet consacrés à la culture de la pivoine, dans le département du Var, soit 10 millions de tiges produites et vendues en 2017.

Julien Dukmedjian


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