Plan de relance : des opportunités pour l’agriculture varoise

Publié le 02 février 2021

Depuis 2018, la Chambre d’agriculture, en lien avec la filière, travaille sur la création d’un projet d’abattoir basé sur le système d’éleveurs tâcherons, avec une chaîne d’abattage mixte pour les petits ruminants et les porcins (@ G. Lantes).

Dans le cadre du Plan de relance, la Chambre d’agriculture travaille sur plusieurs projets qui viendraient répondre aux objectifs fixés par l’État en matière de souveraineté alimentaire, de transition agro-écologique et d’accompagnement de l’adaptation au changement climatique.

Au-delà de l’accompagnement des agriculteurs dans leurs demandes d’aides individuelles, la Chambre d’agriculture du Var travaille sur plusieurs dossiers qui pourraient répondre aux objectifs du volet agricole du Plan national de relance.

Parmi eux, celui de la création d’un abattoir de proximité en Provence Verte. Porté par une association d’éleveurs, en partenariat avec la Chambre d’agriculture, l’agglomération et le LEAP de Saint-Maximin, il vise à créer une structure à taille humaine, gérée par les professionnels, qui répondrait à la fois à la demande de produits carnés locaux et de qualité en circuit court d’une part ; et au besoin des éleveurs de limiter les transports qui stressent les animaux, d’autre part. Ne disposant d’aucune structure d’abattage dans le Var, ils sont, depuis une trentaine d’années, contraints d’aller dans les départements voisins, les déplacements en-
gendrant aussi des contraintes en matière de temps et de coûts.

Voilà de longues années que la filière cherche une solution viable de proximité. Depuis 2018, des études ont été relancées par la Chambre d’agriculture, en lien avec la filière, jusqu’à la constitution, en 2019, d’une association pour un abattoir en Provence Verte. Celle-ci porte, depuis l’an dernier, un projet basé sur le système d’éleveurs tâcherons, avec une chaîne d’abattage mixte pour les petits ruminants et les porcins. Une ligne des financements du Plan de relance est consacrée aux abattoirs, mais orientée vers la modernisation des installations existantes. Toutefois, l’accompagnement des Projets alimentaires territoriaux (PAT), notamment en faveur du développement des circuits courts, pourrait être une autre porte d’entrée. Le projet devant s’inscrire en cohérence avec la politique agricole régionale, la question de la concurrence avec les structures existantes dans la région se pose de façon récurrente. Mais les acteurs varois restent déterminés à défendre une solution de proximité.

Soutenir le développement des produits locaux en circuit court

Toujours pour répondre aux besoins en produits locaux en circuits courts, la Chambre d’agriculture étudie, par ailleurs, la possibilité de structurer la filière maraîchage et arboriculture à l’échelle départementale. “Malgré la dynamique des syndicats locaux et des points de vente collectifs, il est compliqué de fédérer dans le Var, où la production est diversifiée et orientée sur la vente directe. Il n’existe donc pas d’instance représentative sur le département“, explique François Drouzy, directeur adjoint de la Chambre. L’objectif serait donc de créer un groupement où tous les producteurs concernés seraient invités à adhérer, pour réfléchir à une stratégie et des outils communs. “La structuration de la filière permettrait de répondre de façon globale aux besoins du territoire, notamment aux appels d’offres des collectivités. Aujourd’hui, la demande est supérieure à l’offre, mais plus la filière sera structurée, plus elle sera en mesure d’y répondre“, soutient François Drouzy. Dans ce but, le projet se construit de façon globale, dans la perspective d’actionner, de former, d’installer et d’accompagner. 60 millions d’euros doivent être consacrés à la structuration des filières et au renforcement du fond Avenir Bio, dans le cadre du Plan de relance. “Des mesures spécifiques aux PAT pourraient aussi venir fiancer des projets se mettant en place localement“, indique François Drouzy.

La crise sanitaire ayant par ailleurs mis en lumière l’importance du numérique en matière de commercialisation, la Chambre souhaite également développer un plan de formation visant à accompagner les exploitations agricoles au commerce numérique.

Transition agroécologique et résilience au changement climatique

Une des priorités du Plan de relance étant d’“accélérer la transition agroécologique au service d’une alimentation saine, durable et locale pour tous les Français“, la Chambre – qui souligne les bonnes performances de l’agriculture départementale en matière environnementale – entend promouvoir les mesures d’accompagnement à la conversion à l’Agriculture biologique (AB) ou à la certification à la Haute valeur environnementale (HVE), mais aussi travailler sur le diagnostic et pouvoir notamment proposer des ‘bilans carbone’. “Le programme ‘Plantons des haies’, intégré au Plan de relance, peut aussi être intéressant, en permettant aux agriculteurs d’être soutenus pour l’achat de plants d’une part, et en ouvrant des débouchés aux pépiniéristes d’autre part“, ajoute François Drouzy.

Enfin, en lien avec les mesures ouvertes par le Plan de relance pour accompagner l’agriculture dans l’adaptation au changement climatique, la Chambre, au-delà des mesures individuelles, défend, entre autres, l’élaboration d’un plan départemental. L’objectif serait de proposer des outils de protection adaptés pour développer la résilience de l’agriculture aux inondations, problématique récurrente du département.

Et pour répondre aux multiples enjeux climatiques et environnementaux, les projets de rénovation du Scradh, en horticulture, et de la nouvelle construction du Centre du rosé, en viticulture, apparaissent incontournables. “Ces deux projets, déjà en cours, pourraient s’inscrire dans la stratégie de relance de la recherche“, estime François Drouzy. 

Gabrielle Lantes


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