“Positionner le bandol comme il le mérite”

Publié le 25 février 2020

Cédric Gravier, président de l’Association des vins de Bandol, a accueilli vignerons et partenaires chez lui, pour la présentation des vœux de l’AOC.

Début février, à La-Cadière-d’Azur, la cérémonie des vœux de l’ODG des Vins de Bandol est venue témoigner de la dynamique enclenchée pour fédérer et faire avancer l’appellation.

C'est chez leur président, Cédric Gravier, au Domaine ‘La Suffrène’, que les vignerons de l’AOC Bandol et leurs partenaires, fournisseurs, institutionnels et élus, étaient invités à se réunir, en ce début d’année. Un rendez-vous convivial qui a été l’occasion de rappeler les orientations de l’Association des vins de Bandol. “Toute l’équipe travaille à refédérer et redynamiser notre association, pour avancer tous ensemble dans le bon sens”, explique son président. Dans cette perspective, les Vins de Bandol ont décidé de mener un audit “qui servira à positionner le bandol comme il le mérite”, annonce-t-il, avant d’inviter l’assemblée à poursuivre la discussion autour du verre de l’amitié.

Le conseil d’admiration a validé, à l’unanimité, la conduite d’un audit interne et externe. Le but de la démarche est d’arriver à trouver une ligne directrice, notamment dans notre communication, pour avancer de manière collective”, développe Cédric Gravier. “Dans ce but, l’idée de l’audit externe est de déterminer comment les consommateurs et les prescripteurs perçoivent le bandol, afin de voir de quelle manière on souhaite se positionner et décider de la direction que l’on veut prendre”, poursuit-il.

Un audit pour redynamiser l’AOC Bandol

En interne, il s’agit de travailler sur notre organisation. Nous avons aujourd’hui deux salariés, et nous nous appuyons sur le bénévolat des vignerons au sein de nos différentes commissions. Ce n’est pas toujours simple, car notre activité professionnelle nous occupe déjà beaucoup d’une part ; et, d’autre part, prendre des décisions individuellement dans nos entreprises est très différent de prendre des décisions au sein de notre association. L’objectif est donc d’essayer d’optimiser notre fonctionnement”, détaille-t-il encore.

L’appellation n’ayant pas d’interprofession – et donc pas d’outils lui permettant d’avoir des données chiffrées précises sur le marché –, la question d’une éventuelle adhésion à une structure interprofessionnelle continue de se poser. “Le sujet fera partie de l’audit qui va s’adresser à la totalité des structures de l’AOC Bandol. On peut être pour, on peut être contre, je n’ai pas d’a priori sur la question ; c’est aux vignerons de décider. La démarche vise simplement à mettre les choses à plat, à amener sur la table des éléments objectifs sur lesquels appuyer notre réflexion”, précise Cédric Gravier.

L’audit devrait également s’intéresser aux liens entre l’ODG et l’œnothèque des Vins de Bandol. “Historiquement, notre ODG n’ayant pas de vocation commerciale, les deux structures sont gérées de façon totalement séparée,
même si l’association est l’unique actionnaire de l’œnothèque. Aujourd’hui, le lien se résume à cela, et les sites internet de l’association et de l’œnothèque n’ont, par exemple, rien à voir l’un avec l’autre. Au-delà des vocations bien distinctes de chacun, il me semble que l’on doit pouvoir définir et porter une identité commune
”, souligne le président des Vins de Bandol.

Quant à l’avenir de l’œnothèque – qui a suscité des tensions entre l’appellation et la municipalité de Bandol depuis l’été dernier –, la situation reste floue. “Suite à notre demande de renouvellement de bail, la maire nous a proposé une hausse de loyer, refusée par le conseil d’administration de notre association. Nous sommes, pour le moment, en stand-by”, indique Cédric Gravier.

Un très joli millésime

En attendant, les vignerons se concentrent sur la campagne commerciale, avec la sortie des rosés au premier mars. Et de l’avis général, le millésime 2019 est très prometteur. “Nous avons eu une année très sèche, malgré l’automne et l’hiver pluvieux précédents. Les pluies de fin août ont permis d’éviter les blocages de maturité, mais on reste sur de petits rendements. Les conditions ont, en revanche, participé à un état sanitaire exceptionnel. Au niveau des vins tout est très fin, on a aussi de belles acidités. C’est un millésime de rouges puissants, et de blancs et de rosés très aromatiques”, expose Cédric Gravier.

La récolte s’élève à 50 345 hectolitres au total, soit environ 2 000 hl de moins que l’année précédente. Le millésime s’y prêtant, la production de rouges est à la hausse (10 665 hl contre 9 383 hl en 2018). En conséquence, les volumes de rosé sont à la baisse, avec 37 184 hl contre plus de 40 000 hl en 2018 ; ils restent prédominants, et représentent près de 74 % de la production de l’appellation. Enfin, avec 2 495 hl, la production de blancs est stable.

Gabrielle Lantes


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