Pour la structuration et l’accompagnement de la filière fruits et légumes

Publié le 13 décembre 2018

De gauche à droite : Sylvain Apostolo, Véronique Albert et Isabelle Bouvier sont tous les trois engagés sur la liste de la Confédération paysanne du Var pour les prochaines élections à la Chambre d’agriculture.

Face aux distorsions de concurrence avec les pays étrangers, la Confédération paysanne du Var plaide notamment en faveur de la mise en place de prix plancher sur les fruits et légumes d’importation.

Afin de discuter des problématiques de la filière, la Confédération paysanne du Var organisait le 27 novembre une matinée ferme ouverte à Solliès Pont. Là, chez Véronique Albert, installée sur 1,5?ha en maraîchage diversifié, figues et poules pondeuses bio, les difficultés sont multiples. A la question de l’équilibre économique, s’ajoute la pression foncière et les inondations à répétition. “Avec tous les lotissements qui se sont construits autour de la ferme, on se retrouve régulièrement avec 10 à 20 cm d’eau. J’ai donc opté pour la culture sur butte pour limiter les dégâts. Pour les jeunes qui s’installent, c’est vraiment compliqué, car en plus d’être très chers, les terrains sont souvent isolés ou dans de mauvaises conditions”, explique l’agricultrice. Autre écueil : la difficulté à embaucher. La productrice, qui vend en direct à la ferme ainsi qu’en magasins spécialisés, ne rencontre pourtant pas de problème de commercialisation. “Je fais 70 heures par semaine et il y a bien assez de travail pour deux, mais je ne fais pas assez de marge. J’arrive à me dégager un revenu, mais je ne peux pas sortir un salaire supplémentaire, d’autant que j’ai aussi des investissements à prévoir pour installer un local de stockage pour mon matériel, et pour aménager un point de vente”, résume Véronique Albert.

Pour des mesures de protection

La question de la concurrence déloyale qui pèse sur les prix de vente est aussi prégnante pour la filière. “De façon globale en France, on constate une régression des terres, une régression de la production et une augmentation des importations. Dans ce contexte, nous sommes en faveur de l’établissement de prix minimum d’entrée sur les fruits et légumes d’importation. Car derrière les différences de prix, il y a les règlementations phyto qui diffèrent d’un pays à l’autre, mais aussi les conditions sociales, qui servent à produire à bas coût. En prenant en compte le revenu de l’agriculteur et ses charges de production, le prix minimum d’entrée permettrait de tirer tout le monde vers le haut au niveau économique, mais aussi environnemental et social”, défend Sylvain Apostolo, co porte-parole de la Confédération paysanne du Var.

Le syndicat dénonce également des politiques publiques porteuses de “non-sens économique et environnemental” : “D’un côté on fait des accords de libre échange qui font plonger les prix, et de l’autre, pour répondre à la chute des cours qui plombe la filière, on investit dans l’industrialisation de l’agriculture”. “En Paca, la Région a arrêté de financer l’aide au maintien en agriculture biologique, sauf dans certains secteurs à enjeux de captage d’eau. Par contre, 3,7 millions d’aides publiques en provenance de l’Europe, de l’Etat, des collectivités sont accordées à neuf exploitations de production sous serre, sensées s’aligner sur les prix espagnols. En plus de créer de la concurrence avec les productions locales en tirant les prix vers le bas, ces projets posent la question de la perennité, et de la stabilité d’un modèle qui ne peut pas se construire sans aide publique. Et puis ce sont des serres chauffées qui sont financées avec de l’argent public à l’heure de la sobriété énergétique. Ça n’a pas de sens. Pour nous, la réponse à la nécessité de production est dans le développement de la diversité et l’accompagnement des fermes à taille humaine”, plaide encore Sylvain Apostolo.

Besoin de structuration et d’accompagnement

Un des enjeux pour la Confédération paysanne est la structuration de la filière. “Aujourd’hui nous n’avons plus, dans le département, d’outils structurants en fruits et légumes et très peu de producteurs sont en mesure de fournir la filière longue qui peut pourtant être intéressante.

G. Lantes


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