Réflexions autour des outils de protection contre la grêle

Publié le 07 février 2019

La journée technique des Côtes de Provence a rassemblé les vignerons de l’appellation au Château Sainte Roseline, aux Arcs-sur-Argens, autour de thèmes d’actualité dont les moyens de lutte contre la grêle.

Le 14 janvier, au Château Sainte Roseline, la désormais traditionnelle journée technique des Côtes de Provence a permis aux viticulteurs de s’intéresser aux outils de protection contre la grêle, un thème d’actualité face au changement climatique.

“Nous avons choisi de nous pencher sur le thème de la grêle, car c’est un phénomène qui nous a encore durement touché l’an dernier, avec un effroyable orage, qui a fait beaucoup de dégâts, notamment sur le secteur de Carnoules. Nous sommes de plus en plus confrontés au changement climatique et aux aléas, qui ont d’importantes incidences sur les exploitations et sur le collectif”, a introduit Éric Pastorino, président du Syndicat des Côtes de Provence. L’ODG a donc souhaité apporter des éléments de réflexion à ses vignerons, en présentant différents outils et opérateurs en la matière.

Zoom sur l’ensemencement avec l’Anelfa

A commencer par l’Anelfa (Association nationale d’étude et de lutte contre les fléaux atmosphériques), fondée par un groupe d’agriculteurs, d’agronomes et de physiciens en 1951. Déployée en réseau dans près de 25 départements, l’association à but non lucratif poursuit deux grands objectifs : le développement des recherches dans le domaine de la physique des nuages et de la modification du temps ; et le perfectionnement du traitement des orages, afin de limiter les dégâts causés par la grêle. La méthode développée par l’Anelfa consiste, sur la base d’un système de prévision météorologique et d’alerte, à injecter dans les nuages des noyaux glaçogènes d’iodure d’argent, de sorte à contrarier la surfusion à l’origine de la grêle, en augmentant le nombre de cristaux de glace, et en réduisant, en conséquence, la dimension des grêlons. Ils tombent alors plus lentement, et fondent, au moins partiellement, avant de toucher le sol. L’ensemencement des orages à grêle, ainsi mis au point par l’association, repose sur des réseaux de générateurs à vortex, qui dispersent l’iodure d’argent depuis le sol. “Avec de petites quantités d’iodure d’argent, on peut fabriquer un grand nombre de noyaux. Les quantités diffusées sont donc très faibles. Les études montrent, par ailleurs, que l’iodure d’argent, qui n’est pas soluble dans l’eau, n’a pas d’effet nocif sur l’homme ou l’environnement, dans les conditions actuelles d’utilisation. L’opération d’ensemencement dépend ensuite de la vitesse et de la direction de déplacement des orages, de sorte à intervenir le plus tôt possible”, explique Claude Berthet, ingénieur agronome et directrice de l’Anelfa.

La méthode s’appuie sur un système de prévision et d’alerte essentiel. Dans ce cadre, l’Anelfa travaille, notamment avec Météo France, sur des modèles de prévision, qui permettent de lancer l’alerte par téléphone quatre heures avant l’orage à risque prévu, de sorte à intervenir trois heures avant. Chaque générateur est placé sous la responsabilité d’un bénévole et de suppléants, chargés de l’approvisionnement et du déclenchement de l’appareil. En 2018, le réseau de l’Anelfa comptait plus de 1 000 générateurs sur le terrain.

Des ballons connectés pour les vignerons coopérateurs du Plan de la Tour

Dans le Var, les vignerons de la cave coopérative du Plan de la Tour ont, pour leur part, fait le choix de l’ensemencement par ballons connectés depuis l’an dernier. “Notre vignoble est sur les contreforts des Maures, au pied du Golfe de Saint-Tropez, dans un secteur où on subit la grêle régulièrement. On lutte depuis 30 ans, d’abord avec des fusées, aujourd’hui avec les ballons”, explique le représentant de la cave, qui a fait appel aux services de la société Selerys, fournisseur de solutions spécialisées dans la gestion des risques orageux, basée à Rousset (13). “Notre système de détection du risque couvre 11 millions d’hectares, dans huit pays. Notre technologie permet de mesurer, à l’aide de capteurs, ce qu’il y a dans le nuage, et d’anticiper le risqu,e via un logiciel de monitoring en temps réel”, présente Fabrice Caquin, directeur général de l’entreprise.

Gabrielle Lantes


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