Rentrée scolaire 2020-2021 : une rentrée sous surveillance

Publié le 11 septembre 2020

Comme l’exige le protocole sanitaire, c’est masqués qu’élèves et enseignants ont fait leur rentrée (ici sur le site hyérois de l’Agricampus du Var). (© G. Lantes)

Contexte sanitaire oblige, ce n’est pas une rentrée tout à fait comme les autres pour les établissements d’enseignement agricole du Var, comme pour toutes les écoles du pays. Vigilantes, les équipes pédagogiques sont mobilisées pour accueillir au mieux les élèves et continuer à développer de beaux projets.

2020 est une rentrée particulière pour la communauté éducative. Dans les deux établissements agricoles varois, comme partout en France, il a fallu se conformer aux mesures sanitaires en vigueur. “On est sur la stricte application du protocole de l’Éducation nationale. C’est masque partout, tout le temps pour tout le monde, sauf en travaux pratiques en extérieur, quand on est sur un travail de force, à condition qu’une distanciation de plus de deux mètres soit possible. Les élèves ne peuvent enlever leur masque qu’une fois installés au restaurant pour manger, ou arrivés dans leur chambre pour les internes”, détaille Philippe Capillon, directeur de l’Agricampus du Var. Des distributeurs de gel hydro-alcoolique ont été installés un peu partout, et les équipes s’emploient à rappeler quotidiennement les règles, globalement bien respectées. L’établissement public équipe les personnels, et la Région a fourni du matériel pour élèves en cas de besoin. Pour les apprentis en entreprise, c’est le protocole du ministère de l’Économie qui s’applique. Les équipes restent évidemment mobilisées et vigilantes.

C’est extrêmement évolutif, ça bouge tous les trois jours. Il faut assurer une veille quasi permanente”, souligne Philippe Capillon. Sur les sites de Hyères et des Arcs de l’Agricampus, les équipes sont parées à toute éventualité, même celle d’une nouvelle fermeture. “Même si la continuité pédagogique a été assurée pendant le confinement, rien ne remplace le présentiel, et nous espérons ne pas avoir à fermer nos portes à nouveau. Mais si cela devait arriver, nous sommes prêts et nous continuons à nous équiper pour la visioconférence”, indique le chef d’établissement.

Après une fin d’année perturbée par le confinement, la priorité est, à ce jour, d’accueillir au mieux les élèves. Tout le monde a pu passer ses examens – aménagés en raison des circonstances – et il y a encore quelques sessions ce mois-ci, pour permettre à chacun de raccrocher les wagons.

 

Agricampus : une dynamique de projets intacte

L’Agricampus note toutefois un léger effet Covid sur le recrutement, notamment en seconde générale. “On est sur un effectif stable de 492 élèves en lycée, soit pas très loin de l’objectif des 500 que nous nous étions fixé. Mais, dans la mesure où l’on n’a pas pu tenir nos journées portes ouvertes pour accueillir les familles, ni aller à la rencontre des jeunes en collège, ce n’est globalement pas si mal”, commente Philippe Capillon. “Les secondes professionnelles sont complètes, comme les bacs G et STAV, et le CFA fait le plein, avec 350 apprentis répartis sur les deux sites de Hyères et des Arcs”, précise-t-il. La formation continue est aussi très dynamique sur le CFPPA, qui voit son activité boostée par la loi sur le choix d’orientation professionnelle.

De nombreux projets sont à l’œuvre, notamment sur l’exploitation pédagogique de Hyères, dont une partie est déjà entièrement certifiée bio et la seconde en cours de conversion. En plus de la partie pépinière bien étoffée, les cultures spécialisées montent en puissance ces dernières années. Figues, grenades et kiwis doivent enrichir le site prochainement en productions fruitières, et 2,5 hectares de vigne vont être replantés en janvier. À terme, l’Agricampus projette de créer un chai en son sein, mais commencera par nouer un partenariat avec une cave alentour pour les premières récoltes. “Cette réorientation et cette diversification permettent d’avoir un support d’apprentissage multisectoriel pour nos élèves, apprentis et stagiaires”, se félicite Philippe Capillon.

L’Agricampus travaille, par ailleurs, avec l’Occitane en Provence sur un projet d’agroforesterie, qui comprendra des plantations de glycine pour la production de fleurs bio, mais aussi des arbres fruitiers et du maraîchage. La première récolte des fleurs destinées à la cosmétique est prévue dans trois ans. L’Occitane finance les plants de glycine et achètera la production de l’exploitation.


LEAP Provence Verte : acteur du développement territorial

À Saint-Maximin, toute l’équipe de l’établissement enseignement agricole privé de Provence Verte est également sur le pont pour cette nouvelle année. Le LEAP compte 650 élèves et apprentis en cette rentrée si particulière. “Le nombre de jeunes que nous accueillons a encore augmenté. Nous n’avons jamais eu autant d’élèves dès la quatrième, avec une demande importante sur l’internat puisque nous avons 200 internes. Nous avons beaucoup rassuré les familles, les mesures sanitaires sont bien appliquées. Tous les professeurs et tous les élèves sont là, si ce n’est trois démissions d’élèves qui ont préféré l’enseignement à distance. C’est peu sur l’effectif global, mais cela montre qu’il y a une crainte. Pour autant, c’est une rentrée paisible, malgré le contexte de crise que nous connaissons tous”, explique le directeur, Christian Brayer.

Les deux secondes générales ouvertes, dont une avec spécialité bio-écologie, font le plein, tous comme les bacs professionnels agricoles et les filières ‘services à la personne’. Le CAP ‘crémier fromager’ et le certificat de spécialisation ‘tourisme vert’ et ‘accueil en milieu rural’ – deux nouvelles formations qui ouvrent courant octobre – peuvent en revanche encore accueillir des candidats. “Ce sont des formations qu’on ne trouve pas ailleurs sur le secteur, pour lesquelles nous avons des entreprises prêtes à accueillir nos élèves et qui ouvrent rapidement sur l’emploi. À l’heure où l’on parle beaucoup de chômage, des jeunes en particulier, ce sont des voies très intéressantes”, défend Christian Brayer.

Le lycée, porteur et acteur de multiples projets, est notamment partie prenante du point de vente collectif1 : ce dernier a ouvert début juin à Saint-Maximin, et le lycée intervient au travers de la formation de jeunes à la vente de produits fermiers, qui peuvent faire un apprentissage pratique sur place. Porté par l’association ‘Graine de producteurs’, le point de vente rassemble aujourd’hui 65 agriculteurs. “En ces temps de crise, nous avons là un bel exemple de solidarité et de coopération. On peut remercier l’ensemble des producteurs, ainsi que les coopérateurs de la cave du Cellier de la Sainte-Baume qui ont accepté la création du magasin sur leur site. Il est bon de noter que la viticulture ne travaille pas uniquement pour la viticulture, mais pour le développement de l’agriculture locale dans son ensemble”, souligne Christian Brayer.

Le directeur du LEAP de la Provence Verte continue, par ailleurs, à travailler en lien avec la communauté d’agglomération et la mairie de Brignoles à la création d’un campus des métiers de l’agriculture, de l’alimentation et de la biodiversité. “Le lycée doit évoluer en campus à l’horizon 2022-2023, entre les deux pôles que sont Saint-Maximin – plutôt dédié à la formation initiale – et Brignoles, axé sur l’apprentissage. On sent aujourd’hui que nos élus, comme les consommateurs, appréhendent de façon très concrète les questions de souveraineté alimentaire, de circuits courts, d’installation agricole et d’environnement. Il faut donc former et installer des jeunes qui, de plus en plus, ne sont pas issus du milieu agricole. Et notre établissement participe pleinement à cette dynamique”, souligne Christian Brayer, qui espère que la crise aura des vertus facilitatrices. “C’est souvent dans les temps difficiles que l’on crée le plus, et l’on peut espérer que de beaux projets sortent de tout ça”, conclut-il, confiant pour l’avenir. 

Gabrielle Lantes

(1) Lire En pays varois du 19 juin 2020, page 5.


Christian Brayer, directeur du LEAP de Saint-Maximin, reste confiant pour l’avenir. (© DR)

Rentrée 2020 Agricampus