Safer Paca : à la rencontre des citoyens et des territoires

Publié le 27 juillet 2021

À Draguignan, une quinzaine de participants a réfléchi aux différents enjeux liés au foncier agricole. © G. Lantes

Jusqu’à l’automne, la Safer Paca mène une large concertation citoyenne, afin de définir les axes stratégiques de son prochain Programme pluriannuel d'activités. Retour sur la réunion qui s’est tenue début juillet, à Draguignan.

Créée en 1962, la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural de Paca assure l’observation et la régulation de l’usage des terres en zone rurale et périurbaine, dans le cadre de ses missions de services publics. Sous la double tutelle des ministères de l’Agriculture et de l’Économie, la Safer intervient sur la base d’un Programme pluriannuel d’activités (PPAS) qui définit ses principaux axes stratégiques pour six ans.

Alors que se prépare le PPAS 2022-2028, la Safer Paca a fait le choix d’associer largement la population de la région Provence-Alpes Côte d’Azur à l’élaboration de ce document d’orientation, en organisant une vaste concertation citoyenne sur son territoire. Provence-Alpes Côte d’Azur est ainsi la seule région à avoir élargi la concertation à la société civile.

Dynamique de “démocratie foncière

On travaille avec les organisations agricoles et les collectivités, mais il est aussi important pour nous de rencontrer les citoyens que l’on n’a pas l’habitude de croiser“, explique Max Lefèvre, directeur de la Safer Paca. “D’autant que l’on voit, en 2021, que le citoyen se reconnecte à l’agriculture. Il veut de la proximité, de la relocalisation. Et puis il y a, depuis 2020, une vraie nouveauté, avec des collectivités qui souhaitent investir dans le foncier pour installer de jeunes agriculteurs, et un monde agricole qui a du mal à comprendre pourquoi l’argent public servirait à l’acquisition de terres. Cela implique un questionnement important du portage du foncier. Sans compter la concurrence entre de jeunes porteurs de projet qui veulent faire une agriculture différente, en bio, en agroforesterie ou en permaculture, et des agriculteurs plus traditionnels qui les voient parfois comme des extraterrestres. Je crois que la pandémie de Covid a exacerbé tout ça, et il est important pour la Safer Paca d’être à l’écoute“, défend-il.

Pour ce faire, une première série de six réunions a été organisée à travers la région. Le 5 juillet, à Draguignan, une quinzaine de participants avait répondu à l’invitation de la Safer Paca. Parmi les présents, agriculteurs, représentants de Chambres consulaires, élus et agents de collectivités ou porteurs de projet ont notamment tenu à s’inscrire dans cette démarche de “démocratie foncière“ baptisée ‘Parlons de la terre, parlons de nous !’. “Même s’ils ne sont pas nombreux, les gens ont des choses à dire“, apprécie Max Lefèvre.

Des enjeux multiples

Les échanges étaient organisés en ateliers de travail autour de trois thématiques “sources de tensions positives et fertiles“ : alimentation et agriculture ; activité économique ; et cadre de vie. Enjeux environnementaux, relocalisation et diversification des productions, installation de jeunes, circuits courts, développement de l’agriculture biologique, préservation de l’eau et des espaces forestiers, pression foncière ou politique de remembrement sont, entre autres, apparus comme des sujets d’avenir. Sur le territoire de la Dracénie, les enjeux de la maîtrise et de la structuration du foncier sont, comme ailleurs, multiples, avec une problématique spécifique au risque inondation et aux projets d’aménagements hydrauliques liés. Un projet multi-partenarial est d’ores et déjà en cours, pour favoriser l’implantation de cultures vivrières, l’objectif étant d’assurer le renouvellement des agriculteurs, mais aussi de développer une agriculture à taille humaine et de garantir le développement durable du territoire et la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers.

C’est une belle initiative. Il est important d’écouter ce que les citoyens ont à dire. Il est aussi important de consulter les premiers concernés, à savoir les agriculteurs qui sont à l’origine de la création de la Safer. Il sera aussi intéressant de voir comment le prisme territorial sera pris en compte au niveau régional“, commente Max Doléatto, oléiculteur, moulinier et représentant de la Chambre d’agriculture, à l’issue de la rencontre. “Cela permet à tous ceux qui le souhaitent de s’exprimer, et pour la profession agricole, représentée au conseil d’administration de la Safer, d’avoir aussi une vision plus large des enjeux, dont nous sommes tous conscients“, souligne, pour sa part, Bruno Vieuville, directeur départemental de la Safer Paca dans le Var.

À l’issue du processus de concertation, qui doit s’achever à l’automne, une restitution des ateliers ira nourrir le projet régional de PPAS pour les six prochaines années, la Safer s’engageant à expliquer comment elle aura pris en compte les contributions citoyennes dans ses orientations stratégiques. D’ici là, une seconde série de réunions sera organisée à la rentrée. L’une d’elles est d’ores et déjà programmée à Brignoles le 30 septembre. Une plateforme internet (www.safer-paca.com/concertation) est aussi ouverte, pour permettre à celles et ceux qui ne peuvent pas se déplacer de participer. La Safer Paca y a déjà enregistré une centaine de contributions. 

Gabrielle Lantes


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