Service de remplacement du Var : des nouveaux services bien utiles

Publié le 05 septembre 2022

Le Service de remplacement du Var s’appuie sur une équipe dynamique, parmi laquelle on retrouve, de g. à d. : le président, Shaun Prandini ; l’animatrice, Nathalie Scrivo ; et le trésorier, Éric Bessone. © G. Lantes

À l’écoute des besoins de la profession, le Service de remplacement du Var, soutenu par ses partenaires, met en place de nouveaux outils. Des possibilités de remplacement sont notamment désormais ouvertes pour garde d’enfant malade et prédation.

Congés, maladie, accident, vie de famille, formation, développement agricole... le Service de remplacement (SR) a vocation à pourvoir au remplacement des chefs d’exploitation – et des membres non salariés de leur famille qui participent aux travaux de l’exploitation – à moindre coût, et avec un souci constant de simplicité et d’efficacité. Dans cette optique, l’association travaille en étroite collaboration avec ses partenaires pour répondre aux besoins et évolutions sociales à l’œuvre sur le terrain, en proposant des dispositifs adaptés.

La nouveauté de cette rentrée pour le SR du Var, c’est le remplacement pour garde d’enfant malade. À compter de ce mois de septembre, les parents contraints de rester auprès de leur progéniture en cas de maladie, peuvent, sur justificatif médical, profiter de journées de remplacement partiellement prises en charge par la Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur, dans la limite de dix jours par bénéficiaire.

Enfant malade : une solution toute neuve pour les parents

Le Conseil régional octroie en effet une enveloppe annuelle de 100 jours de remplacement, financés à hauteur de 105 € par jour, pour chaque service de remplacement des départements de Paca. “Le reste à charge revient à 28 euros par jour pour l’agriculteur ou l’agricultrice, qui a le choix de la personne qui va le/la remplacer, et peut utiliser les heures de remplacement soit le jour J, soit plus tard, pour compenser son absence”, explique Nathalie Scrivo, animatrice du SR Var.

C’est un nouvel outil qui peut être bien utile aussi bien en période de Covid, lorsque les enfants doivent être isolés et gardés à la maison, que pour les différentes maladies saisonnières comme la grippe, que ce soit pour un nourrisson ou des enfants plus grands”, souligne Shaun Prandini, président de l’association. Le SR Var se charge, comme d’habitude, d’établir le contrat, la fiche de paie et de déclarer l’agent de remplacement auprès de la MSA.

Coup de boost sur la formation et le mandat professionnel

Partenaire incontournable du Service de remplacement, la Région Sud finance également cette année la mise en œuvre du dispositif ‘Boost’, qui vient renforcer les possibilités de remplacement pour mandat professionnel et formation. Déjà, le SR Var dispose d’une aide de la Région qui participe au financement de 800 jours de remplacement pour ces motifs, à raison de 35 €/j. Ce volume de temps de remplacement est toutefois dépassé tous les ans et approche les 900 jours.

Au 30 juin de cette année, 558 jours avaient déjà été consommés. Un soutien supplémentaire est donc désormais accordé aux jeunes agriculteurs de moins de 40 ans et aux agricultrices sans limite d’âge. “La Région nous accorde une enveloppe complémentaire annuelle de 20 jours. Au-delà de 30 jours de remplacement pour mandats professionnels et formation, les adhérents peuvent profiter de 5 jours en plus, avec un reste à charge de 0”, précise Nathalie Scrivo.

Un berger d’appui pour les éleveurs ovins du Verdon en proie à la prédation

Le Service de remplacement propose également, depuis peu, un dispositif de soutien aux éleveurs victimes de la prédation. Un nouveau motif de remplacement a été créé à cet effet. Dans le cadre d’une convention nouée fin 2021 entre le SR Var et le Parc naturel régional (PNR) du Verdon – et financée par une subvention européenne via la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) –, un berger d’appui peut ainsi être mis à disposition des éleveurs ovins en proie au loup sur le territoire du PNR.

Les professionnels pouvant prétendre à cette solution de remplacement pour congés doivent être installés sur l’une des communes suivantes : Aiguines, Artignosc, Aups, La Bastide, Bargème, Baudinard, Le Bourguet, Brenon, Chateauvieux, Comps, Ginnaservis, La Martre, Moissac, Montmeyan, Régusse, La Roque-Esclapon, Les Salles, Saint-Julien-le-Montagnier, Sillans-la-Cascade, Tourtour, Trigance, La Verdière, Vérignon, Villecroze, Vinon. Les éleveurs ayant leur exploitation et gérant leur troupeau sur ces communes peuvent prendre cinq jours de congé, et bénéficier de 35 heures de remplacement, totalement prises en charge.

Maternité et paternité : des dispositifs à promouvoir

Enfin, au-delà des nouveaux outils qu’il met en place, le SR Var s’attache à mieux faire connaître les différentes possibilités de remplacement. Et insiste tout particulièrement sur les remplacements pour congés maternité et paternité. “Seize semaines de remplacement sont prises en charge par la Mutualité sociale agricole pour la maternité”, rappelle Nathalie Scrivo.

La MSA intervient sur le congé paternité des agriculteurs, passé de 11 à 25 jours (32 en cas de naissance multiple) en juillet 2021. Depuis, le SR Var ne compte malheureusement que quatre utilisateurs. “C’est un dispositif sous exploité qui est pourtant avantageux”, regrette l’équipe du SR Var. Pour mémoire, sept jours doivent obligatoirement être pris à la naissance ; le reste peut suivre dans la foulée, ou être pris plus tard et de manière fractionnée (en deux périodes d’une durée minimale de cinq jours chacune), dans les six mois qui suivent la naissance. Hors prélèvements sociaux, le remplacement est entièrement financé par une allocation versée par la MSA.

Les agriculteurs ne font pas moins d’enfants que d’autres professions et, pourtant, le remplacement pour congés paternité est peu utilisé. Il faut que les jeunes parents soient informés. C’est un service qu’il faut encore mieux faire connaître, et c’est ce que l’on essaye de faire, avec le conseil d’administration, auprès des structures professionnelles et des confrères que nous rencontrons”, défend Shaun Prandini pour finir. 

Gabrielle Lantes


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