Solidarité et détermination chez les Jeunes agriculteurs

Publié le 27 mars 2019

Anthony Sénéquier (au centre) a conduit sa première assemblée générale en tant que président des JA.

Le 19 mars à Grimaud, l’assemblée générale des Jeunes agriculteurs du Var a été l’occasion, pour le syndicat, de réaffirmer ses valeurs et sa liberté de ton.

C’est en revenant sur une “année 2018 riche d’enseignements” qu’Arnaud Ferraro, secrétaire général des JA du Var, a ouvert cette assemblée générale. “Les jeunes agriculteurs savent toujours se mobiliser. Seuls ou accompagnés, nous avons su, à travers nos actions, montrer notre solidarité et notre détermination face aux éléments naturels ou contre les défenseurs de la tortue”, introduit-il.

“Libres et indépendants”

Avant de reprendre les mots d’un de ces prédécesseurs, énoncés il y a dix ans déjà, dans la même salle des Blaquières de Grimaud : “‘Le Varois est gras’. Ces mots, prononcés ici-même en 2009 par Sébastien Perrin, résonnent encore dix ans plus tard. Un hecto à plus de 300 € : fabuleux ! Mais ça ne doit pas occulter les difficultés de nos éleveurs face au loup, ou celles de nos horticulteurs sur ce marché mondialisé à forte concurrence. Le Varois est gras et qui s'en plaint ? Je me plains et je suis déçu, je l'avoue, quand il faut des dizaines de relances pour mobiliser sur un sujet aussi important que le Tode ; je me plains, quand à peine 45 % des électeurs votent pour les élections ; je me plains, quand certains jettent leurs matériels de vote sans même avoir ouvert l'enveloppe, je me plains... J’aurais pu vous parler des cumulards, des arrivistes, des écolos, des défenseurs du loup, des vegans, des politiques de l'administration, des vieux et des moins vieux, j’en passe et des meilleures. Mais être Jeune agriculteur en 2019, ce n'est pas se plaindre, c'est agir. Comme par le passé, les JA seront là, libres et indépendants, pour défendre le modèle d’une agriculture viable, vivable et transmissible”. Le secrétaire général des JA souligne aussi l’importance de la problématique foncière “qui va, sans nul doute, s’accentuer dans les années à venir, tant notre région est attractive sur tous les plans. Nous devons rester attentifs au futur de la Safer, dont les prérogatives restent très floues dans le projet de loi foncière. Son rôle reste très précieux dans notre département pour contenir l’appétit d’investisseurs, prêts à tout pour se faire une place sous le soleil rosé de notre Provence. En ce sens, nous attendons que le comité technique reste libre et indépendant dans ses choix”, défend Arnaud Ferraro.

Une année riche d’enseignements

Bien sûr, 2018 aura aussi été marquée par la campagne pour les élections à la Chambre d’agriculture, qui ont vu, dans le département, la FDSEA arrivér en tête. Sans JA 83, qui a mené sa propre liste. “L’opposition des genres, des méthodes et des réseaux a eu raison de l'alliance souveraine du passé. Et je dois féliciter Fabienne Joly et son équipe de l'avoir emporté en mobilisant 32 % des 45 % d’électeurs. Loin de moi l'intention de polémiquer mais simplement d'affirmer qu'avec 437 voix, soit 3 fois plus que le nombre d'adhérents Jeunes agriculteurs du Var, la liste portée par notre syndicat a réussi à convaincre par un projet clair, ambitieux, rassembleur et porteur d'une vision transversale de notre agriculture qui permettait de prendre en compte l'avenir de toutes les filières. Cette seconde place nous conforte, car elle valide des années de travail au quotidien. Mais surtout elle nous oblige. Ainsi, nous serons attentifs à la vie de la Chambre d'agriculture, aux orientations données, et nous saurons faire entendre la voix des Jeunes agriculteurs, dans une opposition courtoise, libre, et constructive”, déclare Arnaud Ferraro.

G. Lantes


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