Syndicat de défense de la Figue de Solliès : à l'avant-garde pour assurer l’avenir

Publié le 27 juillet 2021

À la tribune, le président de l’organisme de gestion, Frédéric Gandin, a fait le point sur les réussites et les défis à relever pour la filière. © G. Lantes

Forte de l’extension de l’appellation à la figue de transformation, l’AOP Figue de Solliès poursuit son développement, malgré les aléas climatiques et autres problématiques phytosanitaires.

"Forts d’une filière structurée et dynamique, tout est possible", se réjouit le président du Syndicat de défense de la Figue de Solliès face aux adhérents réunis en assemblée générale, le 9 juillet, dans les locaux de la Copsolfruit de Solliès-Pont. Malgré le contexte sanitaire compliqué, 2020 a, en effet, apporté son lot de satisfactions, "récompensant l’ensemble des efforts de la filière", souligne Frédéric Gandin.

2020, année de satisfactions

Première bonne nouvelle, la belle récolte de l’an dernier : en effet, après deux campagnes difficiles impactées par la grêle en 2018 et la sécheresse en 2019, 2020 s’est avérée très satisfaisante. Les volumes en appellation sont en hausse de 40 % par rapport aux deux années précédentes, et 376 tonnes de figues AOP de Solliès ont ainsi pu être récoltées, contre moins de 300 t en 2018 et 2019. "La pluviométrie a été déficitaire, mais les pluies ont été bien réparties et très bénéfiques au printemps, et les températures estivales sont restées raisonnables. On a donc eu de belles quantités, une belle qualité et de beaux calibres", commente Cyril Kointz, animateur et technicien qualité du syndicat. Le seul bémol aura été l’épisode de gel tardif de la fin du mois de mars 2020, qui a de nouveau frappé les mêmes secteurs en avril de cette année. Si l’impact du gel de 2021 reste à déterminer, les producteurs les plus touchés ont pu bénéficier de l’aide d’urgence débloquée par l’État. Par ailleurs, le syndicat reste attentif, à quelques semaines de la récolte 2021, afin d’accompagner les exploitations qui pourraient se retrouver en difficulté. "Ça a l’air de repartir, mais on observe un certain retard. C’est à suivre", indique Cyril Kointz.

L'année 2020 aura aussi été marquée par la validation de l’AOP à la figue destinée à la transformation. Annoncée un peu avant Noël, la nouvelle a été un beau cadeau pour l’appellation. "Grâce au travail du syndicat et des différents acteurs de la filière, dès 2021 notre appellation pourra rayonner bien au-delà de nos frontières, et ainsi donner envie à chacun de découvrir notre figue fraîche en saison. C’est également la reconnaissance du savoir-faire de la Copsolfruit et de la famille Fabre dans le processus de congélation. Aujourd’hui, on congèle des figues que l’on jetait il y a 20 ans, et on les valorise entre 1 et 1,50 euro le kilo", se félicite le président de l’ODG de la Figue de Solliès. "C’est une première en Europe d’avoir une AOP à la fois sur le fruit de bouche et le fruit d’industrie", relève Cyril Kointz. Déjà, la figue d’industrie bénéficie de l’image de l’AOP, avec un prix qui a doublé avant même l’obtention du label. Avec l’aboutissement de ce laborieux dossier initié dès 2011, quelque 800 t de figues pourront désormais être valorisées sous AOP.

Sur tous les fronts

La récolte 2021 va ainsi marquer le départ d’une ère nouvelle, avec la valorisation d’un débouché de plus en plus important, et l’augmentation des volumes en appellation. Mieux, l’extension vient aussi renforcer l’autonomie financière du syndicat, une partie de la cotisation des adhérents de l’ODG s’établissant au volume. Le syndicat peut également continuer à compter sur le soutien de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, de la communauté de communes de la Vallée du Gapeau et de la métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), pour mener à bien les nombreux projets en cours.

Avec l’extension de l’appellation, l’ODG s’engage déjà plus avant dans la protection de l’AOP Figue de Solliès. Le syndicat a ainsi alerté les autorités sur l’utilisation abusive de la mention 'Figue de Solliès'. "Cela a permis de déclencher des contrôles, notamment sur Rungis, et de freiner les ardeurs de personnes mal intentionnées. C’est le revers de la médaille, et il faut être vigilant", explique Cyril Kointz. Pour éviter que certains profitent de l’AOP sans y adhérer, le conseil d’administration prévoit, par ailleurs, de demander une modification du cahier des charges de l’appellation, de sorte que chaque producteur déclare sa surface totale de verger.

Et pour accroître le potentiel de production face à une demande toujours plus soutenue, le syndicat poursuit une politique dynamique de reconquête, en partenariat avec la commune de Solliès-Pont, TPM et la Chambre d’agriculture. Actuellement, l’AOP compte 120 hectares en production, et les surfaces devraient sensiblement augmenter dans les années à venir.

Objectif HVE

L’ODG reste tout particulièrement impliquée dans le volet phytosanitaire et environnemental. Avec l’émergence du charançon noir du figuier dans la vallée de Sauvebonne, à Hyères, nouveau fléau pour la filière, l’heure est à la mobilisation générale. Dans ce cadre, le syndicat a obtenu le renouvellement de l’Autorisation de mise en marché dérogatoire pour l’utilisation d’une spécialité homologuée en agriculture biologique. "Malheureusement, les dégâts s’accentuent et la surveillance demeure essentielle sur la totalité du bassin de production", rappelle Cyril Kointz. "La première parcelle impactée a été totalement arrachée, soit 3 hectares de verger en pleine production anéantis. Les parcelles voisines sont atteintes à différents stades ; 20 % des arbres d’une jeune exploitation sont déjà morts et de nombreux figuiers sont touchés chez des particuliers du côté de Six-Fours et de La Seyne. Hélas, le protocole préventif de badigeon n’est pas encore systématiquement mis en œuvre dans les vergers et, si l’efficacité du Beauveria est avérée, l’attractif de la solution n’est pas complètement satisfaisant. Le syndicat a de nouveau interpellé l’administration pour obtenir des solutions et de la recherche contre ce maudit ravageur, et la lutte nécessite la mobilisation de chacun, dans ses vergers et au-delà", insiste Frédéric Gandin.

Malgré tout, pour le président du Syndicat de défense de la Figue de Solliès, anticipation et adaptabilité doivent permettre de se projeter vers l’avenir. Dans cet esprit, huit producteurs de l’appellation sont engagés dans un groupe de progrès et accompagnés par la Chambre d’agriculture. Ils travaillent notamment sur la vie du sol, la réduction des intrants et l’économie d’eau.

Le syndicat s’engage désormais dans une démarche de certification collective en Haute valeur environnementale (HVE). "Il apparaît plus judicieux et plus porteur de piloter cette démarche à l’échelle de la filière. L’objectif est que tous nos adhérents soient certifiés au 1er janvier 2025, à raison d’une trentaine d’exploitations par an à partir de 2022", présente Cyril Kointz. Avant de préciser : "HVE et Agriculture biologique sont compatibles et cumulables. Il ne faut pas nous endormir sur nos lauriers, et le syndicat accompagne ses adhérents sur la bonne voie". 

Gabrielle Lantes


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