Un bilan technique positif, malgré un résultat financier déficitaire

Publié le 10 avril 2019

Lors de l’assemblée générale du Scradh, le 22 mars, dans les locaux de la station à Hyères.

Vitrine de l’innovation végétale et culturale en fleur coupée, le Scradh développe des outils et des techniques toujours plus pointus au service de la filière horticole, malgré des moyens financiers de plus en plus contraints.

Elargissement de la gamme et évaluation variétale, protection des cultures, itinéraires de culture économiquement et écologiquement performants... les champs d’expérimentations du Scradh sont vastes. Le rapport d’activité, présenté le 22 mars à Hyères, lors de l’assemblée générale de la structure, est venu rappeler l’importance des programmes développés, avec et pour la filière, pour répondre aux besoins technico-économiques des producteurs en conditions méditerranéennes, dans un contexte marqué par une forte concurrence internationale, mais aussi par des contraintes environnementales croissantes. “Avec les moyens dont elle dispose, la station innove toujours, afin de répondre aux problématiques centrales de la profession et de son environnement. L’adaptation de nos gammes aux changements climatiques, aux évolutions de la demande et de la concurrence reste une grande priorité. Les essais techniques innovants permettent de mieux maîtriser les productions phares de notre région, et notre action devient de plus en plus ciblée et pointue. Notre station est la seule à acquérir autant de références sur les techniques de production en fleur coupée”, rappelle Philippe Courbon, président du Sradh, en remerciant les personnels de la station pour le travail réalisé.

Diversification et optimisation de la gamme

La station hyéroise de l’institut Astre-dhor travaille notamment sur l’innovation végétale dans l’objectif de diversifier, et d’optimiser, la gamme commercialisée face à la concurrence internationale et aux besoins d’adaptation au changement climatique. Dans ce cadre, l’évaluation variétale reste une part importante de l’activité pour les espèces à cycle long, comme à cycle court. 76 variétés de roses, dont 32 plantées en 2017 ont, entre autres, été étudiées. Les essais variétaux se poursuivent aussi sur anthurium, pivoine, œillet de poète et œillet champêtre, lisianthus, muflier, anémone et renoncule… Les essais sur giroflée ont été importants, avec 22 variétés évaluées sur 4 séries. Une nouvelle variété de campanule a également été testée, et des innovations intéressantes ont pu être évaluées en choux d’ornement. Une des nouveautés de 2018 concerne le gerbera, avec Pomponi, qui présente des fleurs en pompon, et Piccolini, plus petit que le mini-gerbera. Une nouvelle évaluation a par ailleurs été mise en place sur dahlia. Peu produite dans le Var, cette fleur d’été bénéficie d’un intérêt particulier du marché.

Des essais innovants en techniques culturales et protection des plantes

En matière de techniques culturales, de nombreux programmes sont en cours, dont la maîtrise de la production hors-sol de lisianthus en climat méditerranéen, avec des essais en aéroponie et sur substrat renouvelable de faible épaisseur. “L’idée est de trouver les meilleures alternatives à la désinfection vapeur du sol, afin de consommer moins de fuel et de produire moins de CO2”, résume le directeur du Scradh, Laurent Ronco. Optimisation de la production de kalanchoé, et d’hibiscus, ou maîtrise de la production continue de zantedeschia blanc (arum), font aussi l’objet d’essais spécifiques. Les programmes se poursuivent aussi sur la maîtrise du froid et la gestion des adventices sur pivoine, comme sur l’amélioration de la performance économique et commerciale des cultures d’anémone et renoncule, avec des essais sur le rapport calibre/densité, le prétraitement des bulbes de renoncule ou l’optimisation de la fertilisation entre autres expérimentations.

Gabrielle Lantes


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