Une dynamique qui se cultive sur anémones et renoncules

Publié le 25 juillet 2022

Sur la campagne 2021-2022, quelque 7,9 millions de tiges de renoncules ont été apportées sur la Sica Marché aux fleurs de Hyères. © G. Lantes

Si les anémones et renoncules du Var sont des productions incontournables, la filière reste mobilisée pour accompagner au mieux les producteurs et maintenir une offre de qualité, en quantité suffisante.

Voilà plusieurs années maintenant que la filière fleurs coupées déploie des moyens spécifiques pour accompagner la production d’anémones et de renoncules, fleurettes emblématiques du département. Et, chaque année, les éléments technico-économiques – présentés lors de la réunion de fin saison organisée par le groupement de producteurs Phila-Flor – viennent éclairer les enjeux à l’œuvre.

Une qualité reconnue, des volumes à maintenir

Après plusieurs années de baisse, les volumes sont en légère progression sur le Marché aux fleurs de Hyères par rapport à 2020-2021, avec 7,9 millions de tiges, malgré l’écrêtement du pic de printemps qui a suivi le coup de chaud de la Saint-Valentin. La production de clones PonPon continue toutefois de diminuer, alors que Success se maintient et qu’Hanoï reste la première variété représentée. Le rendement moyen s’élève à 6,5 tiges/bulbe et s’échelonne entre 7 et 9 fleurs/bulbe pour les clones.

En termes de prix, la saison s’avère plutôt bonne, bien que les cours de fin de saison aient été peu soutenus. Success connaît notamment une belle progression et atteint un prix moyen de 0,638 €/tige.

Du côté des anémones, la filière enregistre une baisse de surfaces et de volumes, avec 10,26 millions de tiges apportées à la Sica Maf, contre plus de 12 millions lors de la campagne précédente. Si la production de la variété Mistral reste relativement stable, Galilée continue de décocher, au profit de la Rainbow, dont la production augmente cette année, avec de nouvelles surfaces.

Si les prix moyens augmentent régulièrement depuis 2017, Christophe Massel, technicien de Phila-Flor, appelle à la vigilance quant aux volumes. “Aujourd’hui, l’anémone reste un produit demandé, dont la qualité et la rentabilité ne sont plus à démontrer. Pour l’heure, la baisse de volumes s’accompagne d’une hausse des prix, mais la tendance pourrait s’inverser si les quantités ne suffisent pas à satisfaire les clients du Marché aux fleurs”, alerte-t-il.

Il nous faut veiller à garder les volumes nécessaires pour intéresser notre clientèle, qui a elle aussi ses contraintes. Malheureusement, le micro BA (bénéfices agricoles, ndlr) – dont le plafond n’évolue pas, alors que les coûts de production grimpent – ne nous y aide pas”, insiste Jean-Claude Véga, président du groupement de producteurs de fleurs coupées.

Un accompagnement technique à la hauteur des enjeux

Pour accompagner au mieux ses adhérents, Phila-Flor – avec les différents acteurs de la filière (Sica Maf, Astredhor Méditerranée, Chambre d’agriculture) et grâce au soutien de partenaires publics – s’attache à toujours développer l’appui technique apporté aux producteurs.

C’est dans cette dynamique que différentes actions et essais sont menés, notamment dans le cadre d’un GIEE ‘Fleurs coupées hors-sol’, qui rassemble dix entreprises autour de thématiques telles que la désinfection, les systèmes de recyclage et le suivi des fertilisations. Des analyses foliaires – financées par l’agglomération Toulon Provence Méditerranée – permettent, par exemple, de suivre les besoins des plantes au cours de la saison.

Par ailleurs, des tests grandeur nature d’éclairage photopériodique ont été lancés chez quatre producteurs du groupement, afin d’optimiser la production hivernale, tout en facilitant la gestion de la main-d’œuvre. “Au-delà de l’intérêt économique, différentes variétés sont arrivées plus précocement, ce qui nous a permis de mieux gérer le travail qui suit sur pivoine et rose”, témoigne l’un des horticulteurs participants. Les premiers résultats montrent déjà l’intérêt de la pratique, et un nouvel outil de mesure des spectres lumineux sera utilisé lors de la prochaine campagne, pour approfondir la question.

Phila-Flor s’intéresse aussi à la gestion du climat en post-plantation des renoncules et étudie à ce chapitre un système de ‘fog’ (brouillard, ndlr). “Il s’agit d’un système assez léger, avec des tubes en PVC, qui réclame un investissement moindre que des systèmes plus traditionnels. L’idée est d’avoir des jets qui forment un brouillard très fin, de sorte que l’eau consomme des calories et rafraîchisse le climat. Cela permet de ne pas dépasser des températures trop élevées et d’accumuler moins de chaleur dans le substrat. L’objectif est de limiter les problèmes de mortalité, et d’obtenir une meilleure régularité de production”, présente Christophe Massel. Le projet est financé dans le cadre d’un Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles.

Enfin, l’irrigation reste une préoccupation majeure. En 2021, des travaux ont été engagés avec le Criiam Sud. Des sondes capacitives équipées de capteurs d’humidité et de température du sol permettent d’assurer un suivi dans des cultures hors-sol, dans le but d’optimiser les apports. La première année d’observation révèle une augmentation de l’humidité globale du substrat au cours de la saison, ainsi qu’une tendance de consommation accrue dans l’après-midi, lorsque la température augmente.

En parallèle, Phila-Flor– avec l’appui de Michel Mallait, technicien horticole de la Chambre d’agriculture et du Scradh Astredhor Méditerranée –
travaille à l’élaboration d’une stratégie de suivi pour mieux connaître les quantités d’eau apportées en fonction du type de matériel, des densités de plantation, de l’avancée de la saison et des pratiques. Sept exploitations productrices d’anémones et trois exploitations de renoncules sont observées, afin d’apporter des références concrètes aux producteurs. 

Gabrielle Lantes


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